Les maudits vents

Les maudits vents

2013-02-11 --- À Baños

https://static.blog4ever.com/2016/03/816195/--quateur---jour-17a.jpg

 

De : Yvan Yvan – Baños

Date : lundi, 11 février 2013

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Houla ! Un nouveau monde vient de me tomber dessus… Pour commencer, je vous décris tout de suite mon contexte du moment, OK ? Riez si vous voulez. Mais rira bien qui rira le dernier….

 

Aujourd’hui et demain, c’est jours de carnaval pour tous les Équatoriens. Jours fériés, donc. Quatre jours de congé en ligne, en comptant le week-end. Et laissez-moi vous dire qu’ils en profitent…

 

Avant de m’en venir ici – ah oui, en passant, je suis dans le petit village de Baños –, Laly m’avait dit que je ferais mieux de réserver, car je risquais de ne pas avoir de place nulle part. Ce que j’avais fait. Je suis actuellement à l’hôtel Plantas y Blanco, en plein cœur de là où les choses se passent dans la ville. Et laissez-moi vous dire que des choses, eh bien il s’en passe, justement. C’est le carnaval, je vous le répète. L’heure est à la fête. Et ça s’entend !

 

Pour tout vous dire, c’est l’enfer. Je suis tellement crevé que ça ne me tente pas d’aller voir ce qui se passe dans les rues. J’aimerais plutôt prendre ça chévere, et me reposer avant d’entreprendre ma journée de demain. Ma chambre, c’est OK. Pour 18 $, je ne m’en plaindrais pas une miette. Mais elle a le malheur d’être située au rez-de-chaussée, et directement sur le trottoir.

 

Pendant que je vous écrits, je suis étendu sur mon lit, dos à la fenêtre. Si je prenais la peine de mesurer, je suis certain que la distance qui me sépare des gens qui déambulent dans mon dos serait de moins d’un mètre. J’entends donc TOUT : les gens qui parlent, qui crient, qui rient ; les autos ; les MOTOS (le bruit que je déteste le plus au monde) ; un spectacle en plein air qui se passe à quelques coins de rues d’ici ; et de jeunes touristes européens qui font la fête dans le petit carré-bistro de l’hôtel qui se trouve, lui, juste devant ma porte…

 

Vous voyez le topo ?

 

Demain, je verrai ce que je peux faire pour améliorer ma situation. Mais peut-être que ça va s’arranger tout seul, car ce carnaval se termine justement demain. La plupart des Équatoriens vont sûrement retourner dans leurs pénates. Souhaitons-le… En attendant, il n’est que 19h00. Je n’ai pas hâte d’entendre ce qui se passera à côté de moi à 1h00-2h00 du matin… Aïe !

 

Et voilà ! Maintenant, on rewind jusqu’à ce matin, OK ?

 

La route a été longue : 1¼ heure rien que pour me rendre au terminal des autobus inter-cités, dans le très très sud de Quito. Quant au voyage Quito-Baños : 4¼ heures…

 

Ça a été un peu monotone pendant les trois premières heures. C’est sur cette route-là, la Transaméricaine, si vous vous souvenez, que j’avais roulé la veille pour aller au Cotopaxi. Et un moment donné, je me suis mis à trouver le paysage un peu trop ordinaire pour le milieu des Andes : une vallée verdoyante, et qui allait tellement en élargissant que je ne voyais plus les montagnes de chaque côté.

 

C’est durant la dernière heure que ça a prit une tangente vraiment intéressante. C’est-à-dire lorsqu’on a laissé l’autoroute pour prendre le chemin de Baños.

 

Ah ben là, tu parles !

 

Les montagnes, les falaises, les précipices, olé !

 

Mais pas des montagnes à tout casser, quand même : pas aussi hautes, ni arides, ni désertiques que celles que j’avais traversées pendant un bout, au nord de Quito, en allant à Otavalo. Des montagnes « vertes », habitées et cultivées sur des pentes impossibles… Mais quand même : des paysages à couper le souffle. Et comme l’autre fois sur le chemin d’Otavalo : des petites routes pas larges, zigzagantes, sans garde-fous…

 

Le summum a été vers la fin, lorsque « l’aide-chauffeur » nous a dit que la route habituelle de Baños étant bouchonnée, nous devions prendre un autre chemin pour nous y rendre. Il nous a chargé 50 cennes de plus pour ce contretemps. Je n’en ai jamais compris la raison, mais j’ai payé comme tout le monde, that’s it. Et au lieu de me coûter 3,50 $, le voyage m’a coûté 4,00 $... Ha !

 

J’ai dit que ça avait été le summum, car à partir de là, ça a été heavy en titi. La route était devenue à une seule voie ! Je vous le jure. Imaginez un autobus qui avance sur une route large comme une piste cyclable et qui monte, et qui descend, et qui dessine d’incessants lacets dans le flanc de montagnes aux parois abruptes. Un peu épeurant par bouts, j’avoue…

 

Et chaque fois qu’on rencontrait un véhicule à contresens – ce qui n’est pas arrivé souvent, heureusement – ce véhicule devait s’arrêter et reculer jusqu’à ce qu’il trouve un endroit sur le bord de la route suffisamment large pour s’y garer afin de nous laisser passer. La cerise sur le sundae a été lorsque nous avons rencontré un camion ! J’étais assis à l’avant, de sorte que j’ai pu voir toutes les manœuvres. De toute beauté !

 

Et nous sommes enfin arrivés à Baños…

 

Au fait, peut-être vous demandez-vous pourquoi je suis venu à Baños ?

 

Pour son volcan, tiens ! Le volcan Tungurahua.

 

Baños est en effet une petite ville construite au pied du volcan Tungurahua, considéré comme hyper dangereux. Sa dernière irruption s’est produite en 1999 – ça fait pas longtemps, ça. Le village avait alors dû être évacué. Les autorités sont constamment en alerte le concernant. Il peut remontrer des signes d’agressivité n’importe quand et sans crier gare.

 

En tout cas, ça n’a pas l’air d’énerver personne, ici. Baños est en fait l’une des villes les plus touristiques de l’Équateur. Les gens y viennent pour faire toutes sortes de sports de plein air, (dont certains dits « extrêmes ») : trekking, vélo, rafting, escalade, bunjee, et nommez-les tous. Elle est de ce fait remplie de restos, de bars, de cafés et de boutiques de souvenirs, comme c’est le cas de toutes les villes touristiques du monde. Alors, imaginez ce qui se passe ici, ce soir, en cette soirée spéciale de carnaval.

 

Bref, le temps que j’arrive, que je trouve l’hôtel et que je m’y installe, il était déjà 15h00. Pas le temps de faire grand-chose, donc… J’ai commencé par aller souper, car j'avais une faim de loup. Et puis j’ai décidé de me taper une petite promenade (en hauteur !) sur le flanc de la montagne qui domine la ville. Une marche de 45 minutes, seulement, dans un sentier qui s'appelait Bellavista)… Mais une marche qui m’a quand même pas mal rentré dans le corps (peut-être parce que c’était la fin de journée…). Ça montait pis pas à peu près – et sans arrêt. Le coup d’œil sur la ville en a valu la peine – comme toujours – mais je l’ai payé par une fatigue généralisée.

 

Et je n’ai même pas encore vu le volcan… Il se trouve juste de l’autre côté de la falaise qui domine la ville. Si mes photos se rendent jusqu’à vous, il y en a une qui montre une falaise ; le volcan se trouve derrière elle, à gauche.

 

Au bout du village, il y a une énorme échancrure dans cette falaise (vers la gauche) qui la coupe en deux. Si le volcan entrait en irruption, je vois très bien une coulée de lave dévaler dans cette échancrure tourner naturellement à droite et s’engouffrer dans le goulot que forme le village.

 

Scénario catastrophe que je n’ose pas imaginer pour le moment, car je vais justement passer la nuit dans le goulot en question…

 

Demain, je verrai ce que je ferai pour le voir, ce fameux volcan. Je ne suis venu ici que dans ce but, à vrai dire. Ou bien, je me taperai moi-même un sentier qui permet de l’admirer. Il y en a quelques-unes et ça exige une escalade en pente raide (comme celle que j’ai faite tout à l’heure) de 4 à 6 heures, environ. Pas sûr d’être capable de faire ça sans y laisser toute mon énergie. Ou bien je paierai pour qu’on m’y emmène de façon plus facile. J’ai même cru voir qu’il y avait une excursion d’une heure, de soir, pour admirer son cratère qui rougeoie à partir d’un spot stratégique… M’enfin… Les agences d’excursions sont légions dans le village. Je verrai ce qu’ils offrent.

 

En attendant, il faut que je dorme… Ce sera mission impossible, je crois…

 

Profitez-en pour moi !

 

Yvan Yvan

 

PS) Comme je le craignais, je vais peut être maintenant avoir de la misère à vous envoyer mes messages de façon régulière – et répondre aux vôtres. Pas d’Internet dans la chambre, ce soir, par exemple (j’avais été gâté jusqu’à maintenant). 

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du voyage d'Yvan Yvan en Équateur, cliquez ici.

 



20/03/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi