Les maudits vents

Les maudits vents

2011-08-06 --- Garde à vous !

https://static.blog4ever.com/2016/03/816195/Road-trip---tat-de-NY---jour-no-07a.jpg

 

De : Yvan Yvan - Dans les environs de Bloomingburg

Date : samedi, 6 août 2011

À : parents et amis

 

Bonjour à tous

 

Ste-Anne n’est plus là pour me protéger, ça paraît… Je suis en train de vivre ma première épreuve… En fait, j’expérimente le scénario-catastrophe que je m’étais imaginé avant de partir. Il pleut à verses depuis 17h00. Ça tombe, ça tombe, ça n’arrête pas de tomber, Je suis dans un coin où il n’y a pas de motel disponible… Le seul endroit que j’ai trouvé – et encore, j’ai été chanceux –, c’est un terrain de camping.

 

Mais à vrai dire,  je me demande encore ce que je fais ici. Il pleut tellement que je ne peux même pas sortir de mon char. Si je monte ma tente dans ces conditions, autant dire que je vais coucher dans l’eau. Ça fait que je resterai assis dans mon Johnny Boy tant que ça ne se calmera pas. Et de la manière que c’est parti là, j’ai bien l’impression que je vais dormir dedans. J’aurais pu faire la même chose dans un cimetière, finalement. M’enfin… le terrain de camping, ce sera pour une « vraie » douche et des « vraies » toilettes.

 

Je vous avoue que là, en ce moment, je me sens pas mal loin de tout et de tout le monde…

 

(Je me secoue) Bon, ma journée…

 

Un moment donné, j’avais l’air d’un vrai fou.  Je vous raconte…

 

Je suis arrivé au Collège militaire de West Point, pile, sans anicroches, sans rien à dire. Et c’est là qu’il est arrivé quelque chose… T’sé, quand les choses simples deviennent compliquées…

 

Premièrement, pour entrer sur le site, le gardien m’a demandé mes papiers et a exigé que j’ouvre le coffre. Il a donc fallu que je décroche Bruno et La Bête. Juste ça, ça n’a pas été évident.

 

Pour visiter l’académie, il m’a donné les indications pour me rendre au Visitors Center. Les indications étaient très simples, mais je me suis quand même perdu ben raide dans la place… C’est que finalement, ce n’était pas évident du tout. Ce collège, c’est… c’est cent fois gros comme celui de Saint-Jean. C’est énorme et c’est tortueux. Et je m’y suis perdu, oui. J’ai tourné en rond pendant presque une heure de temps. Chaque fois que je demandais des indications, je me reperdais. Un vrai fou que je vous dis ! Mais j’ai tout visité… sans savoir ce que je visitais !

 

Je suis finalement parvenu à ce fichu Visitors Center qui – cherchez l’erreur – était à l’extérieur du campus ! – je pouvais bien ne pas le trouver… Rendu là, on m’a demandé si je voulais le grand tour (2 heures) ou le petit tour (1 heure). J’ai répondu : « Amène le grand tour, pis ça presse ! » – pas comme ça, bien sûr : plus poliment…

 

Je ne l’ai pas regretté. Il faut dire que les Américains, ils l’ont l’affaire, des fois, pour faire des choses grandioses. Je me sentais cheap avec mon petit Collège militaire de Saint-Jean… Non mais si c’est beau, cette place-là, sur le bord de la rivière Hudson ! Les élèves-officiers vivent exactement la même chose que j’ai vécue à l’époque, à Saint-Jean – discipline, vie militaire, entraînement, sports et tout le reste. Mais ils le font dans un fabuleux décor – peut-être que ça aide davantage à passer à travers…

 

Ah oui ! Devinez la première place où l’autobus a arrêté ? Je vous le dis en mille : dans un cimetière ! Ben oui ! Je trippais ben raide, là… C’était le cimetière du Collège, là où sont enterrés une flopée d’officiers qui ont fait leurs études à cet endroit. Ils nous ont montré la sépulture de quelques généraux célèbres – Mongomery, par exemple, Patton, MacArthur… Je faisais semblant de rien, mais en même temps que la guide parlait, j’essayais de spoter un endroit tranquille pour planter ma tente, le soir… Ben non, c’est une farce !

 

Une fois la visite terminée, j’ai repris la route. Cinq minutes après, c’est là qu’il a commencé à pleuvoir. Des vrais clous. Ça n’a pas arrêté depuis ce temps. Pis la suite, ben vous la connaissez…

 

Là, je vous écris, pis je suis un peu découragé. Il fait noir ; il pleut sans bon sens ; je ne sais pas trop dans quelle campagne je suis. Tellement que j’ai des idées noires. Ce qui veut dire que je me demande ce que je vais faire de la suite de ce voyage. Ils annoncent la même température pour demain et après-demain. Qu’est-ce que tu veux faire, dans ces conditions-là, sauf de la route, le jour, et du motel, le soir ? C’est pas des vacances, ça… C’est plate parce que j’étais sur le point d’entrer en Pennsylvanie…

 

Bon, je vous laisse…Demain matin, ça ira sans doute mieux. Je suis toujours plus d’attaque et plus optimiste, le matin…

 

Bonne nuit !

 

Yvan Yvan

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du road trip d'Yvan Yvan dans l'état de New York, cliquez ici.

 

 



15/03/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi