Les maudits vents

Les maudits vents

2011-08-03 --- Histoire et préhistoire

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De: Yvan Yvan - Victory

Date : mercredi, 3 août 2011

À : parents et amis

 

Bonjour à tous

  

Quelle bonne nuit j’ai passée avec mes trépassés du passé ! Ce matin, au lever, c’était la température idéale : un peu nuageux, un peu frisquet – juste assez –, et tranquille. J’ai empaqueté lentement mes affaires tout en sirotant un café.

 

Et ce soir, pour faire changement, me voici dans un autre cimetière. Mais qu’est-ce que j’ai donc avec les morts, moi ? Voilà peut-être un bon sujet de psychanalyse pour toi, S(R) ! Il y a beaucoup plus d’I.V.T.I. que d’habitude, ici, ce soir. J’écris donc en étant enduit de produits anti-moustiques. Et deux chauves-souris me survolent… Faites-vous la même relation que je fais ? Cimetière, chauve-souris… Dracula, peut-être ? Une chance que ce n’est pas la pleine lune !

 

Après un « vrai » petit-déjeuner dans un restaurant typique de la place, je me suis retrouvé ce matin, à l’heure pile de l’ouverture, dans la cabane de réception d’Ausable Chasm. J’ai participé à ma première visite guidée du voyage : une petite trotte sur les roches, juste au pied des rapides. Visite guidée « privée », si je puis dire. Nous n’étions qu’un petit groupe de trois personnes qui suivait le guide : moi, un V.I.B. (very important businessman) anglophone de Montréal et son jeune fils.

 

L’endroit était magnifique : une sorte de canyon, avec des falaises stratifiées au cube. J’ai pris des dizaines de photos, mais je ne vous en envoie que quelques-unes, pour ne pas vous ennuyer. Et puis, tabarnouche, je me suis surpris moi-même : j’ai à peu près compris toutes les explications en anglais. Je crois que je suis en train de m’assimiler. Mais ne vous inquiétez pas : j’essaierai de retrouver mon vocabulaire français et mon accent, une fois revenu.

 

Une fois cela fait, j’ai pris la route du sud pour aller visiter… visiter quoi ? Hein ? Hein ? Je vous donne un indice : ça a un rapport avec mes études en histoire… Pis ?

 

Vous souvenez-vous de votre petite histoire du Québec, du primaire ? Les forts Carillon et Ticonderoga, ça vous rappelle quelque chose ?

 

Carillon et Ticonderoga, c’est la même chose, en fait. Les Français avaient construit un fort à l’extrémité sud du parc Champlain. Ils lui avaient donné le nom de Carillon. Quand les (maudits) Anglais l’ont pris, ils ont changé le nom pour Ticonderoga.

 

J’ai lu ça sur des affiches parce que je ne me souvenais plus moi-même de cette histoire. Quand je suis arrivé pour la visite guidée, il ne restait que 5 minutes (sur 20). Et le gars, qui était déguisé en soldat de l’ancien temps, parlait plus vite qu’un TGV emballé. De sorte que je n’ai rien compris.

 

Le fort est dans la même veine que celui de Chambly, pour ceux qui l’ont vu ; ou celui de St-Paul-de-l’Île-aux-Noix. C’est une sorte de musée, en fait. Il y a des dizaines – une centaine, sûrement, d’artéfacts de l’époque. Faut aimer ce genre-là. Mais ils font aussi de l’animation. J’ai assisté à une leçon de tir au mousquet.

 

Ensuite ? Ben ensuite, j’ai fait de la route. Beaucoup de route. J’ai arrêté de rouler à 19h00, vis-à-vis Saratoga Spring, dans une petite ville du nom de Victory – je ne sais pas trop où est la démarcation entre Victory et Schuylerville, c’est collé.

 

On a le temps d’en faire des choses, quand on se lève à 5h30, et qu’on arrête à 19h00…Mais il était temps que j’arrête, justement, car je commençais à être fatigué…

 

L’affaire, c’est que demain, je ne sais pas trop ce que je vais faire. Je vais sans doute me rendre à Albany, et je m’informerai là-bas. Je ne suis plus tellement loin de Woodstock. Sans doute que je m’y rendrai aussi. C’est peut-être fou, mais j’aimerais voir où s’est tenu le fameux Festival de Woodstock, en 1969. Mais je sais que l’emplacement n’est pas à Woodstock comme tel. C’est à une soixantaine de kilomètres de là… En fait, si j’y vais, je visiterai un « champ ». À moins qu’il y ait eu un développement immobilier, depuis.

 

Extra…

 

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Pour terminer, comme promis, je vous présente mes quatre compagnons de route – si on peut les appeler ainsi. Référez-vous à la « photo de groupe » ci-jointe, pendant mes explications

 

Celui qui est photographié de dos (pour ne pas dire « de derrière »), c’est Johnny Boy. Avec plus de 174 000 km au compteur, Johnny Boy est sans conteste celui qui travaille le plus pendant notre voyage. C’est sur lui – sur sa mécanique, en fait – que repose toute cette aventure. Il a une couleur et un profil très banals, j’en conviens, mais ce n’est pas son look qui est important ; c’est son rendement. Et du rendement, il en a encore à revendre, malgré son âge, n’est-ce pas, Johnny Boy ? Faut dire que j’ai toujours pris soin de lui régulièrement, au cours des années, via des visites chez le garagiste du coin. Petit mot juste à lui : « Je compte sur toi pour nous mener à bon port, mon bon Johnny Boy. Be strong and be cool. »

 

Celui qui est étendu de tout son long sur l’aileron arrière de Johnny Boy, c’est Grosse-Tête. J’avais hésité avant de l’amener avec nous, celui-là. À cause de son caractère… Grosse-tête est fainéant. Tous les chats sont fainéants, vous direz. Mais sachez que Grosse-Tête l’est davantage que tous les autres. Et il est également un peu bougon – contrairement au Chico de D(Bl), qui demeure apparemment silencieux et zen en toutes occasions. Mais comme j’avais le goût d’avoir une mascotte et comme il a une bouille sympathique malgré tout – non ? –, Grosse-Tête fait donc partie du voyage. Il demeure assis (couché) sur le siège du passager, lorsque nous roulons ; ou ligoté à mon sac à dos, lorsque nous marchons ; ou encore à moitié sorti d’une de mes sacoches de vélo, lorsque nous pédalons. Et je supporte vaillamment ses lamentations – faut bien que j’assume ma décision de l’avoir amené.

 

Celui qui pose fièrement sur ses deux roues, derrière Johnny Boy (mais que l’on ne voit qu’à moitié), c’est Bruno. Bruno, c’est mon fidèle compagnon depuis… depuis quoi ? Depuis une bonne vingtaine d’années, au moins ? Depuis 1989, très exactement. Dire que j’ai failli m’en débarrasser, l’an dernier, en le remplaçant par un plus jeune. Je me demande encore ce qui m’a pris… Je devais sûrement vivre une sorte de crise de mitan ou je ne sais quoi, à ce moment-là. Heureusement que je me suis ravisé à la toute dernière minute. Comme vous l’avez constaté, nous partons de temps à autres, juste lui et moi, sans Johnny Boy, sur des circuits improvisés. Entre deux balades, il se repose en toute quiétude entre les mâchoires de La Bête.

 

Celui qui est harnaché au coffre de Johnny Boy, c’est La Bête. Pas très joli pour un support à vélo, mais tellement bien songé. Son nom m’est venu spontanément dès que je l’ai sorti de sa boîte, le soir de son achat. La Bête est une armature de 36,5 livres (16,6 kilos), avec un look de… d’Hydre à deux têtes tout droit sorti des forges de Vulcain… Voyez vous-même, sur la photo. J’ignore s’il est conscient de lui-même, car il est muet comme une carpe. Et c’est sans doute une bonne chose qu’il ne parle pas. S’il pouvait émettre des sons, je suis certain que ce serait d’épouvantables borborygmes. Petit mot juste à lui : « On t’aime quand même, La Bête, même si tu n’es pas très esthétique à regarder et que tu es extrêmement encombrant. Et on apprécie que tu ne craches pas de feu… »

 

Celui qui ressemble vaguement à un être humain, debout sur ses deux jambes, c’est moi. Aucun commentaire, ici, on s’entend ? Merci de votre compréhension.

 

Voilà, vous connaissez toute mon équipe, maintenant…

 

S’cusez la longueur de ce message, mais c’est votre faute : c’est vous-autres qui vouliez savoir qui étaient mes compagnons. Les prochains mails seront plus courts.

 

À plus tard !

 

Yvan Yvan

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du road trip d'Yvan Yvan dans l'état de New York, cliquez ici.

 



15/03/2017
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