Les maudits vents

Les maudits vents

Mauricie --- Parc national de la Mauricie --- Sentier Deux-Criques

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Mercredi, le 11 octobre 2017

 

La pluie s’est enfin calmé le pompon. Et la chaleur itou. J’étais justement à l’affut d’un répit de la part de mère Nature pour repartir dans les sentiers – l’automne est tellement court.

 

Ce matin, j’ai pris l’auto à 7h00 pour être dans le Parc (de la Mauricie, toujours) à 8h00. Pourquoi si tôt ? Parce que – c’est bien connu – l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Ben non, c’est pas pantoute pour ça.

 

Pour deux raisons, en fait. La première, c’est parce que je souhaitais profiter le plus longtemps possible de la fraicheur matinale. La deuxième, c’est parce qu’une longue promenade m’attendait. Le sentier Deux-Criques est long de 17 km, et il serpente à travers (et sur) les montagnes. C’est apparemment le plus difficile du Parc. Alors, comme je ne suis pas vite vite (à cause de mes fréquentes pauses kodak et à cause aussi, disons-le, de mon âge – misère…), je voulais être sûr de revenir avant le crépuscule sans me stresser avec ça.

 

J’ai calculé que généralement, en tenant compte de tous mes arrêts – incluant ceux pour casser la croûte –, je parcourais une moyenne de 2,75 km à l’heure, bon an mal an, au finish de mes randos. À ce rythme-là, je devais normalement être de retour à l’auto, en principe, dans les alentours de14h15. Ce qui me laissait une bonne marge de manœuvre avant d’être obligé de dormir à la belle étoile avec les ours.

 

Le sentier Deux-Criques, donc :

 

Longueur : 17 km

Niveau de difficulté : difficile.

 

Réglons ça tout de suite : j’ignore pourquoi il s’appelle comme ça. Une crique, c’est une petite baie permettant aux navires de s’ancrer à l’abri. Et d’après ce que je voyais sur la carte, on était à plus de 500 km de la mer la plus près à vol d’oiseau. Mais le mot désigne aussi une sorte d’anse au creux d’une falaise. Déjà qu’une seule, ça laisse perplexe. Alors deux ? Ça a peut-être un rapport avec le lac de la Dame (la seule étendue d’eau qu’on approche un moment donné)… Mais bref, est-ce que c’est important ? Pas pantoute. C’est pour ça que je n’insisterai pas davantage, d’accord ?

 

Une certaine partie du sentier Deux-Criques se trouve être une partie du sentier Mékinac, qui est un peu moins long et que j’ai déjà parcouru. Si ça vous intéresse, vous irez en lire le compte-rendu, mais pas tu-suite, OK ? Pour l’instant, si vous n’avez pas saisi ce que j’ai dit, et pour vous aider, jetez un coup d’œil sur le schéma ci-dessous que j’ai pris un temps fou à dessiner.

 

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C’est plus clair, n’est-ce pas ? Sinon, je vous ai mis la vraie carte à la fin de cet article.

 

Il était 8h00, donc, lorsque je suis passé sous le porche en bois à l’entrée du sentier. Il faisait environ 4o. Un peu froid, je vous l’accorde. J’ai commencé avec un pas accéléré, histoire de me réchauffer en faisant circuler le sang.

 

De toute façon, au début, c’est pas du tout difficile : c’est plat et c’est dégagé. À partir du parking jusqu’au point HH, ça se fait véritablement comme une petite promenade pout-pout. En fait, ce bout de sentier-là, c’est la fin du sentier Lac-du-Pimbina que j’ai fait la semaine passée. Rien de bien trippant. Et du point HH au point B, on se trouve cette fois dans une partie du sentier Mékinac. En réalité, ça prend 2,3 km avant de se retrouver dans le sentier Deux-Criques comme tel.

 

À partir de cet endroit, par contre, ça commence à devenir sérieux… Si on tient compte de la suggestion de la carte et qu’on fait le sentier dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est drette là qu’on monte notre première vraie côte. Et elle est pas mal raide (avis à tous les Speedy Gonsalez). Elle dure 1,2 km, mais un superbe panorama – une vue imprenable, hi-hi – se dresse tout en haut (point D). J’y suis parvenu après une demi-heure d’ascension lente, mais soutenue, et j’ai contemplé le monde à mes pieds…

 

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Le filet argenté de la rivière St-Maurice

Serpentait au loin, là bas

Entre les arbres multicolores

De l’été des Indiens

Et sous le ciel azuré

 

Comme on peut le constater, j’étais encore dans le mood du Festival de la poésie qui venait à peine de se terminer… L’affaire, c’est que le filet argenté de la rivière St-Maurice n’existait pas. Je l’ai inventé. Mais pour le reste, tout y était. Et c’était de toute beauté.

 

Un autre belvédère m’attendait juste un peu plus loin (point E), qui m’a permis, lui, d’admirer le lac Noir en contrebas. Les choses commençaient à être pas mal plus intéressantes qu’au début.

 

Un coup d’œil sur la carte m’a obligé à faire une petite pause avant de me remettre à marcher. La prochaine étape (le point F) se trouvait en effet au bout de 2,5 km de marche dans le bois. Avant de m’y mettre, j’ai croqué une pomme et une barre tendre, et j’ai fait ma provision interne d’eau (comme un chameau). Mais comme le temps ne s’était pas vraiment réchauffé depuis mon départ, je ne me suis pas trop attardé. Disons que j’avais un tit peu frette en haut de mon promontoire, fouetté par un vent du nord. Alors, go.

 

J’avais prévu de me rendre à ce fameux point F en une heure. Ça m’a pris 50 minutes d’une balade sans histoire à travers la forêt et sur un terrain plutôt plat. Et j’étais toujours en forme. « Pas pire, le vieux », que je me suis complimenté.

 

À cet endroit, il y a une toilette en plein milieu de nulle part. Ben oui. Une bécosse. Ou plutôt une « toilette sèche » qu’il faut appeler ça aujourd’hui pour être politiquement correct. C’est un peu dégueu, évidemment, mais c’est quand même gentil d’y avoir pensé, non ? Des fois, après deux-trois heures de marche, ça peut être pratique.

 

J’avais déjà lu une chronique d’un gars sur Internet qui avait fait cette piste très tôt, au printemps. Il y avait encore de la neige. Mais surtout, il avait affronté des torrents qui dévalaient les pentes (à cause de la fonte), Torrents qu’il avait dû traverser pour pouvoir continuer. Étant donné que les conditions l’avaient considérablement ralenti, la noirceur l’avait surpris juste ici, et il ne trouvait plus les balises sur les arbres pour s’orienter. Craignant de se perdre, et plutôt mal fichu avec ses pieds tout mouillés – et glacés –, il s’était réfugié dans cette toilette pendant toute la nuit pour se protéger du froid. Cette histoire aurait pu très mal tourner, mais elle ne semblait quand même pas l’avoir traumatisé outre mesure.

 

Pour ma part, j’essayais de m’imaginer moi-même en train de passer une nuit entière à grelotter, assis sur le bol, dans cet espace exigu, et je me suis senti un peu mal… Je vous mettrai le récit de son aventure en lien à la fin de ma chronique, si ça vous tente de le lire. Mais n’y allez pas tout de suite, hein ? Pour le moment, concentrez-vous sur mon aventure à moi. Merci.

 

Entre les points F et G, c’est encore une fois de toute beauté. J’ai suivi un ruisseau qui est le déversoir du lac de la Dame. Il descendait en cascades à travers les rochers sur plusieurs mètres et à travers le feuillage coloré des arbres. Dommage que ce n’ait pas été très long. Mais j’ai trippé ben raide pendant le temps que ça a duré.

 

Au point G (excusez, mais c’est réellement le nom de cet intersection !), une autre montée abrupte s’offre à nous afin de nous mener vers de nouveaux sommets où trois belvédères nous attendent. Je suis arrivé à celui du point J à 11h30, et c’est là que j’ai lunché. Vous dire comment j’étais ben, ça s’dit pas. Un moment donné, je me suis exclamé, tout seul : « Si c’est pas ça le bonheur, je me demande ben ce que c’est ! » Je sais que ça fait cliché au cube de prononcer cette phrase-là, mais je m’en foutais. J’ai inséré cet instant de plénitude dans la galerie-photos, en bas.

 

Toute bonne chose ayant une fin, une demi-heure plus tard, j’ai repris mes cliques pis mes claques, et je suis reparti.

 

Au point K, on peut faire un détour en faisant une boucle ascendante pour aller admirer le lac Rosoy et la forêt mauricienne. C’est là qu’il y a un belvédère que j’ai jadis baptisé « le belvédère Club Med ». Mais comme je le connaissais pour y avoir été deux-trois fois, et comme je venais de faire 11,5 km, et comme il m’en restait encore pas mal à me taper, j’ai décidé de laisser faire le belvédère Club Med, et j’ai poursuivi ma route vers l’avant.

 

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Et en continuant tout droit, on tombe de pleins pieds dans le sentier Mékinac. Et on emprunte celui-là pendant 5,5 km jusqu’au stationnement. Je vous en épargne la description, car je l’ai déjà fait dans ma chronique qui parle de ce sentier-là, et ce serait du radotage. D’autant plus que je n’ai rien vécu de particulier dans cette section-là. Sauf, peut-être, que vers la fin, j’avais plutôt hâte d’arriver. Mine de rien, 17 km dans les montagnes, dans la pierraille et dans les racines, ça finit par rentrer un peu dans le corps des soixantenaires dont je suis un digne représentant. Dans cette optique, je me serais bien passé des 400 mètres entre B et HH qui représentent une montée à angle extrêmement aigu. Mais je suis quand même parvenu à surmonter cette dernière épreuve. On surmonte toujours tout…

 

Et voilà. J’étais de retour à 13h45. J’avais dit quoi, au début ? Que je pensais être revenu à 14h15. J’étais pas loin, hein ? Question planning, avouez que je suis un peu là.

 

Avant de vous quitter, comme promis, je vous mets deux liens :

 

- le premier, celui-ci, mène vers la chronique qui relate ma rando du sentier Mékinac

- le deuxième, celui-ci, mène quant à lui vers le récit du gars qui a dû passer une nuit entière dans la minuscule bécosse du point F

 

J’espère que je vous ai donné le goût de vous essayer vous autres aussi. Et au plaisir de vous retrouver lors de ma prochaine sortie quelque part.

 

Yvan Yvan

 

1er PS) N’oubliez pas d’aller voir les photos que j’ai jointes – descendez en bas tout à fait

 

2e PS) Pour ceux qui aimeraient tenter cette expérience, voici les trois endroits où il faut se préparer psychologiquement à « pomper » :

 

- de B à D

- de G à H

- de B à HH

 

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12/10/2017
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