Les maudits vents

Les maudits vents

De Terre-Neuve à la Terre de Feu --- par Jadrino Huot

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DE TERRE-NEUVE À LA TERRE DE FEU

Les aventures d’un globe-trotter dans les trois Amériques

Par Jadrino Huot

Aux Éditions Bertrand Dumont

Les calepins des aventuriers – Récit de voyage

2010

159 pages

 

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SYNOPSIS (4e de couverture)

 

Depuis dix ans, Jadrino Huot, un globe-trotter téméraire surnommé Indiana Jad par ses amis, parcourt les quatre coins des Amériques du Nord, centrale et du Sud. De la pointe nord de Terre-Neuve à l’extrême sud de la Terre de Feu, en passant par les déserts de sel et de sable à la frontière de la Bolivie et du Chili aux fameuses îles Galapagos, il vous en fera voir de toutes les couleurs. Dans De Terre-Neuve à la Terre de Feu, Jadrino vous fait découvrir quelques-unes de ses aventures vécues pour assouvir sa passion des grands espaces, de plein air, d’histoire et de culture.

 

Ses récits fabuleux, parfois enjolivés par son imagination débordante, ainsi que ses photos à couper le souffle, vous feront assurément rire, réfléchir et rêver.

 

À la fois drôle, captivantes et touchantes, les anecdotes rocambolesques de ce boute-en-train sont toujours saupoudrées d’un soupçon de caricature, d’un zeste d’exagération et d’une flopée de fiction.

 

N’hésitez plus, mordez à plein dents dans cette recette spéciale et unique concoctée par cet acrobate du langage. Vous ne serez pas déçu.

 

L’AUTEUR (4e de couverture)

 

Jadrino Huot est un passionné de voyages d’aventure axés sur la nature et le plein air hors des sentiers battus. Jusqu’à maintenant, il a foulé le sol de 38 pays.

 

Il parcourt le monde à la recherche de ses petits trésors cachés, des montagnes des Andes à celles de l’Himalaya, des glaciers du Groenland à ceux de la Patagonie, en passant par l’Inde et la Syrie.

 

Fort d’une vaste expérience en journalisme et en communications orales et écrites, notamment comme chroniqueur voyage, il manie le verbe et les calembours afin de capter l’attention du public et faire rigoler ses lecteurs et auditeurs.

 

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photo : site infosuroit.com 

 

MES COMMENTAIRES

 

Avez-vous pris le temps de lire ce qui est écrit en 4e de couverture, en haut ? Je vous en cite juste un court extrait : « (…) les anecdotes rocambolesques de ce boute-en-train sont toujours saupoudrées d’un soupçon de caricature, d’un zeste d’exagération et d’une flopée de fiction. »

 

Comme si ce n’était pas suffisant, ou comme s’il voulait que ce soit bien clair avec ses lecteurs, l’auteur, Jadrino Huot, un Québécois, en remet lui-même dans son avant-propos : « Les récits racontés dans ce livre sont tous basés sur des faits vécus… bien que caricaturaux, un "tantinet" exagérés, et mêlés à une "touche" de fiction. »

 

Ces avertissements sont superflus, dans le sens que dès les premières pages (et pas plus loin que la première, en fait), on se rend tout de suite compte de l’ambiance de ce livre qui apparait d’emblée comme un party de racontages d’anecdotes à tout crin.

 

Un party bien arrosé, par surcroit…

 

Je ne sais pas quelle sorte de bonhomme il est dans la vraie vie, cet Indiana Jad, mais sur papier, il me semble d’un joyeux luron qui ne doit pas être dépressif très souvent – ni très longtemps. Un type qui n’a pas l’air de se prendre du tout au sérieux, en tout cas. Et un comique, aussi : une blague n’attend pas l’autre.

 

Pour en revenir à son bouquin, et comme il le dit lui-même, la fiction prend rapidement le pas sur la vérité dans les anecdotes qu’il rapporte. Ça bascule en effet très vite à la façon de nos légendaires histoires de pêche. Genre que t’écoutes la description du poisson, et vers la fin de la soirée – après plusieurs bières –, le même poisson est devenu dix fois plus gros qu’au début ; et sa prise a équivalu à revivre l’aventure de Moby Dick au grand complet. C’est un peu pareil ici. J’y reviens tout de suite.

 

Juste préciser, avant, que le recueil couvre 12 pays. Un par chapitre. Comme le titre l’indique, ça part d’en haut de la carte des Amériques, au Canada, et ça va jusqu’en bas, à l’extrême sud du Chili.

 

Tous ces voyages n’ont pas été accomplis d’une seule traite, par contre. À Terre-Neuve, Jadrino Huot conduit un véhicule. Est-ce que c’est le fameux Westfalia dont il fait référence au chapitre suivant ? C’est pas clair. Pour son escapade aux États-Unis, en tout cas (chapitre 2), il le spécifie franchement : il roule bel et bien en Westfalia… Imaginez… Le pied, non ? Un Westfalia trentenaire, orange… Le rêve, oui… Il l’a baptisé Oranjad – vous voyez le genre ?

 

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photo : site indianajad.com

 

Ensuite, pour l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, il se déplace en avion et en bus, et en utilisant divers autres moyens de transport au gré de ses déplacements locaux. Ces périples-là ont été réalisés avant 2010, année de la parution du livre.

 

Cela dit, mettons maintenant les choses au clair : si vous désirez en apprendre sur les pays et les cultures abordés, ou encore sur la façon de vivre l’expérience routard, vous serez déçus, car le voyageur passe très sommairement sur tous ces aspects de ces questions. Il a plutôt mis l’accent sur les anecdotes qui ont parsemé sa route : anecdotes concernant les gens qu’il a rencontrés ; et anecdotes concernant les difficultés qu’il a dû quelquefois surmonter. Anecdotes qui n’ont sans doute pas toujours été jojo sur le coup, mais qui deviennent ici carrément loufoques tant l’auteur s’en moque d’une manière farfelue.

 

Et tant il les banalise, aussi, par le fait même…

 

Ce qui me ramène à parler de son style d’écriture qui pourrait peut-être en agacer certains.

 

En fait, Jadrino Huot s’empare de ces anecdotes, qui sont petites comme des sardines au départ, et il les gonfle très rapidement avec des injections de stéroïdes, en les étirant, en les triturant, en les enrobant et en les déformant au max. De sorte qu’au fur et à mesure qu’il avance dans le récit – ou qu’il stagne –, les événements et les personnages en question prennent de plus en plus de démesure – un peu, oui, comme les poissons de nos histoires de pêche. Conséquence : les sardines initiales se transforment finalement en baleines ; je dirais même plutôt en OGM – en organismes grotesquement modifiés. Et de sorte aussi qu’à la fin, on finit par se demander ce qu’il en est des faits réellement vécus, et on cherche la quintessence de ces récits qui s’est diluée dans une mer de scènes vaudevillesques.

 

Me fiant au titre du livre, je ne m’attendais pas du tout à ça. J’ai fait le saut dès les premières pages en me disant qu’il était en train d’en fumer du bon – et en souhaitant qu’il me refile éventuellement l’adresse de son fournisseur ! J’espérais toutefois en même temps que ça se calmerait éventuellement une fois les effets du narcotique estompés. Mais au bout d’une vingtaine de pages, je me suis fait à l’idée que ça demeurerait vraisemblablement comme ça jusqu’à la fin.

 

Une fois ce constat établi, j’avoue que j’ai hésité entre l’option de m’arrêter drette là, ou bien celle de me rendre jusqu’au bout des 159 pages en faisant l’effort de m’adapter à ce style très particulier et pas trop reposant. Ayant une chronique à écrire, j’ai fait preuve de professionnalisme et j’ai continué, et ce, malgré de nombreux étourdissements qui sont survenus en cours de route.

 

L’auteur est doté d’un grand sens de l’humour et d’une imagination débordante, c’est indéniable. Nonobstant ces qualités (ou à cause d’elles, plutôt), et comme je le mentionnais précédemment, on n’apprend pas grand-chose sur les endroits qu’il a visités ni sur les cultures locales qu’il a côtoyées ni sur les personnages qu’il a fréquentés.

 

J’en prends pour exemple son tout premier récit qui se déroule à Terre-Neuve, cette province d'où tout le monde revient enchanté…

 

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Moi qui ne me suis jamais rendu dans cette province, je me faisais une joie qu’un routard m’en parle à travers son expérience personnelle. Mais ce sera pour une prochaine fois. En fait, les anecdotes qui y sont relatées – une panne d’essence et une nuit passée sous la tente – auraient pu se dérouler juste à côté de chez moi, sur la route de La Tuque, mettons, tout bêtement. M’enfin, je sais au moins maintenant qu’on peut emprunter un traversier à partir de la Nouvelle-Écosse pour se rendre là-bas. Et, ah oui : j’ai aussi appris qu’il s’y trouve une usine de transformation de poissons. À Terre-Neuve, province de pêcheurs, ça doit être très rare, ça, j’imagine.

 

Autres exemples (et je termine là-dessus) : ses aventures au Guatemala et au Nicaragua, disons, qui sont des pays plutôt sensibles touristiquement parlant, et qui sont, de ce fait, traditionnellement très peu visités. Voilà enfin un témoin qui aurait pu nous produire un compte-rendu personnel intéressant sur ces destinations énigmatiques. Mais une fois les récits dépouillés de leur science-fiction et de tout leur aspect burlesque, il n’en reste à peu près rien de significatif – et de compréhensible.

 

Une trentaine de photos rassemblées au milieu du recueil nous donnent un aperçu davantage concret de ce qu’il a vu.

 

Un coup d’œil sur Internet confirme que l’auteur voyage différemment de la masse, qu’il sort des sentiers battus, qu’il fait montre de beaucoup de débrouillardise et qu’il va facilement à la rencontre des gens. Ça aurait été le fun, dans ce cas, qu’il nous fasse bénéficier de ses expériences autrement qu’en caricaturant et en dénaturant à outrance les personnages et les événements plus ou moins banaux qui ont jalonné sa route.

 

À défaut de se documenter ou de rêver, on s’amuse – en autant qu’on apprécie ce genre d’humour, bien sûr. Mais peut-être était-ce le but de ce livre en fin de compte : faire bidonner la galerie. Il ne s’agit pas, dans ce cas, de carnets de voyage, mais plutôt d’un recueil de calembredaines.

 

Je n’ai rien contre, mais il faudrait alors que les libraires et les bibliothécaires le classent dans la section appropriée de leurs rayons.

                                                                                

MON APPRÉCIATION

(pour bien comprendre l’attribution de cette cote, lire rapidement ceci)

 

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SITE INTERNET DE L’AUTEUR

 

indianajad.com

 

AUTRES OUVRAGES DE L’AUTEUR

 

Globe-trotter perdu sur Terre

Douze destinations inusitées hors des sentiers battus

Éditions Bertrand Dumont

Collection Les calepins des aventuriers

2011

 

Un couple, une Amérique, un Westfalia

Traversées pittoresques du Canada et des États-Unis

Éditions Bertrand Dumont

Collection Les calepins des aventuriers

2012

 

Je ne les ai pas lus, mais je retiens au moins le deuxième qui relate apparemment son périple au Canada et aux États-Unis dans son Westfalia. Il serait tentant d’y jeter un œil, à première vue, celui-là… éventuellement.



25/10/2017
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