Les maudits vents

Les maudits vents

2015-11-23 --- La guerre des touques

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De : Yvan Yvan – Nouméa

Date : lundi, 23 novembre 2015

À : parents et amis

 

Bonjour à touk... heu... bonjour à tous,

 

Hier, dimanche, le 22 novembre, se tenait la régate des touques, édition 2015, ici à Nouméa, Nouvelle-Calédonie.

 

Qu’est-ce que ça mange en hiver, ça, des touques, premièrement ? Je vous explique…

 

En Nouvelle-Calédonie, les touques sont des embarcations de type « radeau », montées sur des fûts – huit maximum –, et équipées de tout type de propulseurs à l’exception de moteurs. Elles sont en outre maniées par une équipe de douze personnes maximum.

 

Voilà. C’est ça, une touque.

 

Mais si vous cherchez le mot « touque » dans le dictionnaire, vous trouverez plutôt cette définition-ci : « Récipient métallique servant au transport de certaines substances ».

 

C’est tout.

 

En bon chroniqueur que je suis, je me suis alors bien sûr demandé comment des bidons de la sorte en sont venus ici à se transformer en des moyens de transport. Mystère et boule de chewing-gum.

 

L'explication que j’avancerais – mais elle est de mon cru personnel –, c’est que les touques (radeaux) flottent à l’aide de fûts qui sont vraisemblablement des touques en métal. Alors, si les flotteurs sont effectivement des touques, par extension, ces flotteurs ont sans doute donné leur nom à l’ensemble de l’embarcation. Pas pire, hein, comme explication ? Et je ne dois pas être si loin que ça de la vérité, car – sur Internet, toujours – j’ai trouvé que le mot « touque » n’était pas beaucoup utilisé dans la langue française sauf ici, dans le pays où je me trouve en ce moment : « Le mot [touque] n’est cependant de quelque usage qu’à l’écrit dans l’Hexagone, alors qu’il est très courant en Nouvelle-Calédonie. »

 

Ma foi, avouez que je suis un vrai petit Sherlock Holmes…

 

Cela dit, chaque année, à Nouméa, se tient la régate des touques qui est une course rocambolesque à laquelle prennent part toutes les personnes qui veulent en fabriquer une – une touque – afin de tenter de remporter la coupe de la touque la plus rapide de la Nouvelle-Calédonie. Rien là-dedans n’est toutefois sérieux. La journée se veut plutôt une grande fête où la gaieté et la rigolade sont les maîtres mots.

 

Je vous raconte rapidement comment s’est déroulée l’édition 2015 – hier –, OK ?

 

Le matin très tôt, vers 8h30, plus de 15 000 spectateurs – un record, apparemment – étaient déjà rassemblés sur la plage de l’Anse Vata, là où se déroulait l’événement. Leur but : rire et s’amuser.

 

La journée a commencé par une longue parade sur le sable de la plage. Parade composée de toutes les équipes qui prenaient part à l’événement et qui – pour la plupart – s’étaient composé un costume pour la circonstance. Certains de ces costumes étaient réduits à leur plus strict minimum ; tandis que d’autres valaient le détour en termes d’originalité. Vous jugerez en regardant les photos jointes.

 

Les équipes s’étaient en outre donné un nom d’équipe. Ou du moins, elles « pouvaient » se donner un nom d’équipe. Je spécifie « pouvaient », car quelques-unes – comme pour l’originalité des costumes – ne s’en sont même pas prévalus, alors que d’autres sont demeurés très straigts de ce côté-là ; genre, par exemple : le nom de « Aircal » que se sont donnés les employés d’Air Calédonie ; ou encore celui de « Sport Action » pour les employés du Service des sports de Nouméa. Ouf… on ne peut pas dire qu’ils se sont creusé les méninges, ceux-là, on s’entend ?

 

Parmi les vingt-huit équipes inscrites, certains noms méritent par contre d’être relevés. J’en ai fait une courte liste. Et je dis bien « courte », car elle n’est pas longue, en effet… Question imagination, on repassera, encore une fois.

 

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Les touques elles-mêmes avaient été fabriquées au gré de l’imagination de leurs concepteurs. Et ici aussi, comme pour les costumes et les noms d’équipe, il y en avait une palette allant des plus banales jusqu’aux plus excentriques. Elles étaient toutes maniées à la rame, mais certaines étaient munies d’une voile, tandis que d’autres l’étaient de pédaliers à traction humaine. Le but était bien sûr qu’elles avancent le plus rapidement possible. Ce qui cependant ne s’est pas avéré évident pour aucune d’entre elles une fois engagés dans la course…

 

L’épreuve a duré environ une heure. Elle a débuté dans un indescriptible fouillis. Surtout autour de la première bouée, pas très loin, où les touques devaient prendre un virage. En fait, il y a eu une sorte d’embouteillage à cet endroit stratégique, et plusieurs se sont rentrées dedans dans une atmosphère de foire.

 

Ça n’a pas été trop long, ensuite, que la file s’est étirée. On a vu rapidement qui avait réellement le vent en touk... heu, en poupe... et qui avait fait des erreurs lors de la conception des systèmes hydroglisseurs.

 

La deuxième partie s’est déroulée à quelques mètres du rivage, alors que les touques filaient vers le fil d’arrivée, et devant la foule qui les encourageait. Les plus puissants ramaient toujours. Les plus lents – et les plus exténués – étaient debout dans l’eau, et poussaient carrément leurs embarcations à bout de bras. Le commentateur s’est réjoui un moment donné du fait qu’aucune touque n’avait coulé durant la course. J’ai donc cru comprendre que ce genre d’accident était déjà survenu par les années passées.

 

L’équipe gagnante – avec une bonne longueur d’avance – a été celle du lycée Petro Attiti. Ils s’étaient donné le nom hyper original de « Petro Touque ». La voici :

 

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À 12h00, tout était fini. À propos, vous avais-je déjà dit que les activités se font habituellement le matin, ici – et non l’après-midi ? Probablement à cause de la chaleur. Et peut-être aussi du fait que les Nouméens en général sont des lève-très-tôt.

 

Je laisse maintenant la place aux photos. Elles décriront beaucoup mieux que mes petits mots l’atmosphère festive qui régnait ici, à Nouméa, hier matin.

 

Et je vous dis à la prochaine !

 

Yvan Yvan

 

 



25/03/2017
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