Les maudits vents

Les maudits vents

2014-01-29 --- Le plus grand lagon du monde

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De : Yvan Yvan – Nouméa

Date : mercredi, 29 janvier 2014

À : parents et amis

 

Bonjour à tous

 

Premièrement, une précision...

 

J’ai déjà fait mention de la fameuse « Pacific attitude » ; c’est-à-dire de cette attitude plutôt cool que je disais faire partie intégrante des gens de la place, et qui impose un rythme passablement mollo à toutes choses. Faut pas être pressé, ici, que j’avais remarqué assez rapidement, peu après mon arrivée. « Casse pas la tête... », vous vous souvenez ?

 

Il me faut aujourd’hui apporter quelques nuances à ces propos...

 

Premièrement, la chaleur est en partie responsable de ce rythme, bien sûr. Une canicule, ça te ramollit nécessairement les muscles et le cerveau, et te force – veut, veut pas – à te calmer le pompon quand tu veux trop t’énerver.

 

Ensuite, il y a évidemment cette atmosphère décontractée de vacances perpétuelles qui règne ici, ces plages partout, le soleil, les activités nautiques, etc., accessibles presque partout, et qui incitent fréquemment à la détente sur le bord de l’eau.

 

Et finalement, il y a aussi ce comportement cool décrit plus haut qui est celui adopté naturellement par une portion de la population. Je précise « une portion de la population », car il n’est pas généralisé. Il est surtout le lot du peuple Kanak – les autochtones du pays – très présent sur le Caillou, et en ville également.

 

J’aborderai ce thème un peu plus tard. Mais sachez pour le moment que la population calédonienne se divise principalement en deux ethnies : les Kanaks – l’équivalent de nos Amérindiens, au Canada – et les Blancs – Européens français pour la plupart.

 

Cela dit, le rythme des Blancs est beaucoup plus énergique que mes descriptions le laissaient entendre. Du coup, il n’est pas vraiment différent de celui que l’on rencontre dans tous les pays occidentalisés du monde. Celui des Kanaks, par contre... ben c’est autre chose – un peu plus mollo, oui... Et on dirait que je tends à le trouver plutôt sympathique.

 

Bon, cela dit, revenons à aujourd’hui !

 

Et aujourd’hui, je vais vous parler du lagon. Mais pas de n’importe quel lagon. Ah ça, non ! Je fais ici référence « au » lagon... THE lagon ! Celui de la Nouvelle-Calédonie. LE PLUS GRAND LAGON DU MONDE, qu’ils disent.... hou-hou...

 

Mais avant de vous sortir plein de chiffres en rapport avec ce lieu paradisiaque, laissez-moi tout d’abord vous apprendre ce qu’est, exactement, un lagon. Car possiblement êtes-vous comme moi avant que je m’en vienne ici ? Pour ma part, ce mot n’évoquait auparavant en moi que des plages de sable blanc et une mer émeraude... Y’a un peu de ça, quand même, dans un lagon – c’est-à-dire une part de rêve exotique. Mais un lagon, c’est surtout un phénomène naturel, qui peut s’expliquer sci-en-ti-fi-que-ment (ayoye !).

 

Non, non, ne vous sauvez pas ! Continuez la lecture. C’est très intéressant.

 

Imaginez une île, n‘importe laquelle, ça n’a pas d’importance – tiens, la Nouvelle-Calédonie, par exemple (hi hi). Les bords de cette île (le littoral) plongent nécessairement dans la mer un moment donné. Normal jusque là. Ben il existe des îles – comme la Nouvelle-Calédonie –, dont les bords ne s’enfoncent pas très creux dans l’eau – à peine quelques dizaines de mètres – et ce, sur des distances variables, vers le large. Et un peu plus loin, le fond remonte pour effleurer la surface de la mer (c’est le récif corallien), avant de replonger dans les fosses abyssales de l’océan – définitivement, cette fois.

 

C’est cette partie, comprise entre le littoral et le récif corallien (inclus), qui s’appelle le lagon. En d’autres mots, il s’agit d’une sorte de mer intérieure constamment alimentée en eau par l’océan qui s’y engouffre et dans laquelle prolifère une faune aquatique particulière et des coraux.

 

J’ai essayé de vous dessiner ça sous forme de coupe schématique en faisant attention de rendre le tout réaliste...

 

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Pis ? Je sais, je sais, mon dessin est très minimaliste. Mais avouez qu’il a l’avantage d’être compréhensif.

 

Ce qui fait la beauté d’un lagon, à part son eau peu profonde, claire et souvent turquoise, et à part ses plages fréquentes de sable à l’infini, eh bien, c’est le récif corallien. Il porte bien son nom, celui-là, car c’est autour de lui que s’accrochent les fameux coraux qui font la joie des plongeurs sous-marins du monde entier, comme le montre le dessin suivant – beaucoup plus réussi et explicatif que le mien, je sais...

 

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Mais heureusement, des coraux, il n’y en a pas seulement qu’autour des barrières de corail. Ils peuvent également être visibles un peu partout dans les lagons comme tels – autour des îlots, notamment.

 

Je dis heureusement, car la barrière de corail devant Nouméa, par exemple, se trouve à quelques cinquante km au large. C’est une bonne trotte... heu... une bonne nage pour s’y rendre. Il faut donc penser à y aller en bateau. Ce qui n’est jamais très évident – et toujours un peu cher...

 

Mais il y a moyen d’en voir – je parle toujours des coraux – sans se taper une expédition de ce genre. Par exemple, il existe un îlot (l’îlot Canard), pas loin en face, dans la Baie de l’Anse-Vata, où on peut en admirer le long d’un petit circuit sous-marin, et où l’on peut facilement se rendre en kayak. Ce que je me propose justement de faire d’ici les prochains jours – en apportant palmes et tuba. Je vous en redonnerai des nouvelles.

 

Comme je le disais au début de cette chronique, le lagon de la Nouvelle-Calédonie est considéré par d’aucuns comme étant le « plus grand du monde ». Yes ! Tant qu’à vivre sur les bords d’un lagon, que je m’étais dit, autant qu’il ait du panache ! En fait, comme dans toutes choses, il faut par contre – et encore une fois – relativiser, nuancer, remettre les pendules un peu à l’heure...

 

Pour mettre les points sur les i, le lagon de la Nouvelle-Calédonie est le plus long ensemble corallien continu du monde. Mais en superficie, il arrive en deuxième place ; battu en brèche par la Grande barrière de corail de l’Australie. Ben oui, on peut pas tout avoir... 

 

Mais who cares, finalement, hein ? Rendu à ce stade-ci de démesure et de beauté, on envoie les chiffres se promener, et on s’extasie devant les formidables spectacles que la nature nous offre, point barre, non ?

 

Cela dit, la barrière corallienne du lagon de la Nouvelle-Calédonie ne mesure pas moins que 1 600 km de long – en continu. C’est la distance approximative qu’il y a entre Montréal et Thunder Bay (Ontario) ! Capotant. Et ça, c’est sans compter les barrières des autres îles qui font partie de l’archipel. Sa superficie est de 24 000 km2.

 

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La barrière de corail, en moyenne, se trouve à 30 km des côtes de l’île (elle va jusqu’à 200 km au niveau des récifs d’Entrecastaux, au nord). Le lagon lui-même est profond de 25 mètres en moyenne, et son eau se tient pas mal toujours entre 21º et 28º dépendamment des saisons (27º, ces jours-ci). Dans le lagon batifolent plus de 2000 espèces de poissons, dont de très gentilles bestioles, genre des requins mangeurs d’hommes, des raies au dard vénéneux, des serpents de mer vénéneux et des poissons-pierres, vénéneux également – eh oui, c’est l’aventure, ici ; je le spécifie pour ceux qui croyaient que je me la coulais douce, ah ben tiens !

 

Le lagon de la Nouvelle Calédonie a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. En fait, ce n’est pas tout le lagon qui est concerné, mais six zones bien délimitées (couvrant quand même une superficie totale de 15 743 km2), et dont la portion devant la capitale, Nouméa, ne fait pas partie.

 

Comme de raison, le lagon est menacé par l’activité humaine. Ça vous étonne ? Les mines de nickel, surtout, sont une source absolument réelle de danger pour la dégradation de ce patrimoine unique. Évidemment, les dirigeants des multinationales qui les exploitent assurent qu’ils font tout pour préserver l’écologie des lieux, mais vous savez ce que c’est. De leur bla-bla, il faut évidemment en prendre et en laisser (et souvent plus en laisser qu’en prendre). C’est pour ça qu’il existe des organismes de protection qui veillent au grain. Et qu’on espère que tout se passe bien en fin de compte.

 

Voilà, j’ai pas mal fait le tour de ce que j’avais à dire sur ce sujet-là. Il ne me reste plus qu’à vous laisser, car il faut que j’aille en profiter – profiter du lagon, je veux dire – en allant me tremper dedans pendant une couple d’heures. Ben quoi ? Il fait chaud sans bon sens, ici. Vous n’avez aucune idée de ce que j’endure...

 

Serez-vous au rendez-vous pour le prochain sujet ? Je ne vous dis pas c’est quoi, par contre, car je ne le sais pas encore moi-même.

 

À plus tard les amis, et portez-vous bien

 

Yvan-Yvan

 

PS) Les photos jointes sont encore tirées d'Internet. Mea culpa, mais je n'en ai pas d'home maid disponibles sur ce sujet précis... Mais ça achève : les miennes seront disponibles très bientôt.

 



23/03/2017
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