Les maudits vents

Les maudits vents

2014-04-18 --- Fort Téremba

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De : Yvan Yvan – Nouméa

Date : vendredi, 18 avril 2014

À : parents et amis

 

Le voyage se termine. Avant le retour à Nouméa, Yvan Yvan fait un dernier arrêt afin de connaître une tranche importante de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie…

 

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Bonjour à tous,

 

Il fallait s’y arrêter. En tout cas, pour ma part, car j’aime bien les forts. Et celui-ci, le fort Téremba, est le seul qui est encore entretenu sur l’île. Quoiqu’il a peut-être été le seul, tout court de toute l’histoire de la colonisation. Nous nous y sommes donc arrêtés. Il n’est situé qu’à 125 km du cœur de Nouméa (environ une heure et demie).

 

Il est bien entretenu, oui. Une préposée nous accueille en nous faisant payer le prix d’entrée (800 francs / 6,5 € / 9,50 $). Pour avoir une visite guidée, il aurait fallu réserver d’avance. On s’est contenté de visiter les lieux et de lire nous autres même les pancartes.

 

L’intérieur des bâtiments, en fait, c’est un musée. Il y a des pancartes partout qu’il faut lire et qui nous apprennent l’histoire de la place, mais surtout l’histoire de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie au grand complet.

 

Je vous en fais un petit résumé. Non, non, ne levez pas les yeux au ciel ! C’est très intéressant.

 

La Nouvelle-Calédonie, jadis, était peuplée uniquement par les autochtones de la place : des peuplades de Mélanésiens (ils se désignent aujourd’hui eux-mêmes en tant que Kanaks). Puis les Blancs (des Français, ceux-là) sont arrivés et se sont installés – of course – en tassant les Kanaks et en les exploitant – comme dans toutes les contrées du monde.

 

Mais ils n’ont pas seulement qu’exploité les autochtones.

 

Je ne savais pas ça lorsque j’ai mis le pied sur cette île pour la première fois, mais j’ai appris que les débuts de la Nouvelle-Calédonie en tant que colonie française, avaient été presque exclusivement un bagne. Ben oui : comme en Guyane française (le film Papillon, ça vous dit quelque chose ?). Ça a duré de 1864 à 1924, pis y’a eu environ 21 000 prisonniers français qui ont été déportés ici : une main-d’œuvre à très bon marché qui a servi, entre autres, à construire les infrastructures de l’île.

 

Les Caldoches (Calédoniens blancs de souche) ont donc – pour beaucoup d’entre eux – des bagnards comme ancêtres. Ce qui a été un peu la honte de ces gens pendant une longue période. Ils commencent tout juste à en parler

 

Téremba était un des nombreux centres pénitentiaires qui étaient dispersés un peu partout dans cette colonie. L’établissement a été fondé en 1871. Mais il a été rapidement remplacé par un fort militaire en bonne et due forme (tel qu’on le voit actuellement) pour mater les Kanaks qui s’étaient révoltés (pour la première fois) en 1878.

 

Ah oui, en passant : voulez-vous savoir pourquoi les Kanaks s’étaient révoltés ? Parce que le gouvernement donnait des terres aux prisonniers qui avaient fini de purger leur peine. Et les terres qu’il leur concédait, eh bien, elles appartenaient aux Kanaks, et ceux-ci étaient alors refoulés à l’intérieur de l’île, dans les montagnes. On se demande pourquoi ils se sont vexés pour si peu. Pff…

 

Le fort est entré dans une phase de déclin à partir de 1891. En fait, il est tombé complètement en ruines, jusqu’à ce qu’il soit racheté cent ans plus tard (en 1989) et reconstruit.

 

Paraît qu’ils font même un son et lumière en octobre de chaque année, avec 160 figurants qui le font revivre comme dans le temps.

 

Voilà ce qui fait rapidement le tour de la situation.

 

Quant à nous deux, nous avons fait le tour du fort…

 

Les cellules des bagnards sont encore là, retapées : petites pièces en ciment d’à peine six mètres carrées. Puis imaginez-vous donc que dans le milieu de la place, à l’extérieur, il y a une authentique guillotine, grandeur nature !

 

C’était la première fois de ma vie que j’en voyais une en vrai. Mazette, ça donne la chair de poule… J’aurais aimé savoir si elle était fonctionnelle, mais y’avait personne pour me le dire. La seule façon de le savoir aurait été de l’essayer. Ce que j’ai proposé à ma blonde, mais elle a refusé tout net. Pff…

 

Nous avons également fait le tour des ruines qui étaient dispersés un peu partout à l’extérieur des murs. Car il y avait aussi une petite communauté de personnes qui habitaient autour du fort à cette époque – qui en vivait, en fait.

 

Après cette visite, nous sommes retournés dans nos pénates, à Nouméa, endroit que je commence maintenant à connaître comme le fond de ma poche.

 

J’espère que cette petite virée autour du Caillou vous a plus. Je vous reviendrai pour une autre petite chronique – je vous tiendrai au courant en temps et lieu.

 

Yvan Yvan

 



22/03/2017
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