Les maudits vents

Les maudits vents

2013-02-18 --- Promenade de réconciliation

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De : Yvan Yvan – Cuenca

Date : lundi, 18 février 2013

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Voulez-vous savoir ce qui s’est passé, hier matin, à propos de ce chauffeur qui n’est pas venu me chercher ?

 

Eh bien, paraît que c’est ma faute. Je n’aurais juste pas été assez patient. On m’avait dit 9h00, mais j’aurais dû comprendre que « 9h00 » voulait dire « entre 9h00 et 10h00 » (ou avais-je donc la tête ?). J’avais attendu comme un plouc jusqu’à 9h45 avant d’abandonner. Paraît qu’il s’est finalement présenté vers 9h50… Et paraît aussi que ce « léger » retard était dû aux élections qui se tenaient, hier. Les élections… tu parles, oui…

 

À propos, j’ai lu dans le journal que le président sortant, Correa (et non pas Corey Hart) a été réélu. Ce n’est pas de mes affaires, mais je suis quand même content pour l’Équateur. Rafael Correa est un socialiste qui a pris les moyens, semble-t-il pour redresser la situation de son pays et aider à améliorer le sort des pauvres. Il est un peu de la même lignée de pensée politique que Hugo Chavez, au Venezuela, et de Evo Morales, en Bolivie. Juste le fait que le milieu des affaires équatorien « s’inquiète » de cette réélection me laisse supposer que c’est une bonne affaire – ha ! Par contre, je n’étirerai pas la pipe à Gustavo avec ça, à mon retour à Quito. Je sais qu’il n’aime pas vraiment cet homme…

 

Bon, pour en revenir à ma fameuse excursion, l’agence s’est excusée et m’a remboursé, mais ça n’a pas remplacé cette belle journée que j’ai manquée. Il s’agissait de la visite guidée d’Ingapirka, un des rares sites de ruines incas du pays – à deux heures de route de Cuenca. Moi qui adore les vieilles pierres, ben je viens de passer à côté de celles-là, pis pas à peu près. Je ne sais pas trop si je les verrai pour vrai, un jour… Peut-être pas celles-là, car ça m’étonnerait que je revienne en Équateur. Mais au Pérou, peut-être ? Qui sait ? Ça tenterait à quelqu’un de m’accompagner au Pérou un de ces quatre ?

 

Il a donc fallu que je me réajuste encore une fois pour passer la journée. Mais là, je commençais à être à court d’idées. Rien ne m’intéressait vraiment dans les alentours de la ville. Routard suggérait la visite de petits villages (ordinaires), réputés pour leur marché et certaines techniques artisanales. Ça ne me tentait pas de me taper des heures de bus pour ça.

 

Ça fait que j’ai décidé de refaire le tour de Cuenca à pied – pas très original, je sais, mais tant qu’à être pogné ici pour la journée, alors autant se mettre en branle en « faisant quelque chose », non ? Grand bien m’en prit, finalement, car alors que je pensais de m’ennuyer, eh bien j’ai passé une très agréable journée ! Et cette nouvelle balade m’a même permis de me réconcilier avec cette ville qui avait eu quelque peu tendance à me décevoir depuis mon arrivée.

 

Que s’est-il donc passé ? J’sais pas trop…

 

Peut-être parce que nous étions lundi, aujourd’hui, et que la ville s’est mise à revivre après un week-end endormi ? C’est peut-être ça. Et c’est peut-être aussi dû au fait que je me suis rendu pas mal plus au nord de la ville que d’habitude…

 

À cet endroit, on dirait que le vieux Cuenca chromé du sud perd un peu de son éclat. Il ne s’agit peut-être même plus du vieux Cuenca, justement (je ne connais pas trop les limites). Dans le nord, en tout cas, ça ressemble en effet davantage au vieux Quito. Les maisons sont moins bien entretenues, et ça grouille davantage de gens « ordinaires ». Et il s’y trouve beaucoup plus d’Indiens (moi qui pensaient qu’ils étaient rares, ici) qui étalent leurs maigres marchandises sur les coins de rues...

 

Ça sent le quotidien, quoi. On ressent l’effervescence de la vie qui s’anime. Et c’est pittoresque.

 

J’ai traversé des marchés qui auraient fait envie à quelques-uns d’entre vous – je m’adresse ici à celles et à ceux qui trippent sur les marchés genre Jean-Talon ou Atwater (je vous connais !)… Pour ma part, la vue des concombres et des brocolis étalés sur des comptoirs ne m’a jamais fait capoter, mais j’ai adoré me promener parmi la foule qui y déambulait. Que de couleurs ! Et que d’animation, aussi ! C’était le fun à voir.

 

Mais ça ne veut pas dire que j’irai prendre un bain de foule semblable à Jean-Talon, on s’entend ? Ici, c’est juste parce que ça se passe dans un pays exotique et que le monde est différent…

 

Un peu plus tard, je suis redescendu dans le sud – vers le connu. Il y avait là, de chaque côté du Parque Abdón Calderón, deux cathédrales que je voulais voir et que j’avais mises de côté en les oubliant : une récente (et immense) et une vielle (et plus petite). Deux belles visites…

 

La plus grosse (la Catedral de la Immaculada) est réellement impressionnante. Immense, oui, c’est le cas de le dire. Ils ont mis apparemment près de cent ans à la terminer (1967).

 

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je suis toujours tiraillé dans ma tête et dans mon cœur, lorsque je m’émerveille devant des églises. D’un côté, je ne peux m’empêcher de penser que ces chefs-d’œuvre architecturaux vont complètement à l’encontre de la pensée chrétienne (l’enseignement de Jésus), qui serait supposée être contre une telle prolifération de luxe. D’un autre côté… non mais quelles merveilles nous est-il possible d’admirer lorsque nous nous trouvons en présence de tels temples ! Et puis, qu’on soit contre ou non, ces endroits sont vraiment propices au sacré et au recueillement. On s’y sent tellement bien, non ?

 

Bref, je suis demeuré quasiment une demi-heure, assis au milieu de cette splendeur, à méditer sur mes vieux péchés. Et puis ensuite, j’ai traversé la place Calderón pour me rendre à l’autre église, la Catedral Vieja (la vielle cathédrale), qui ne reçoit plus maintenant personne d’autres que des touristes. Elle a cessé ses messes. Il n’y a même plus de bancs à l’intérieur. C’est rendu uniquement un musée.

 

Si vous recevez mes photos, vous jetterez un coup d’œil sur le gros plan de la statue de Jésus à sa descente de sa croix (après sa mort). Ça donne le frisson, non ? J’étais seul dans la salle, en face de cette statue, et je me disais que j’aurais bien du mal à y passer une nuit, dans la noirceur. Ce n’est pas la première fois que je vois de telles œuvres dans les représentations divines, ici. On se croirait presque dans un musée de cire des horreurs...

 

C’est sur cette image macabre que je vous laisse pour ce soir. Demain, ma chronique risque d’être très courte (sinon inexistante). Je prends en effet l’avion en début d’après-midi pour retourner à Quito. Ce qui veut dire aussi que ma petite aventure achève !

 

Belle soirée à tous, et à demain (peut-être)

 

Yvan Yvan

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du voyage d'Yvan Yvan en Équateur, cliquez ici.

 



21/03/2017
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