Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-31 --- Une dernière et longue promenade en Inde

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De : Yvan Yvan – Mumbaï

Date : mardi, 31 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Holà…. Et bien voilà… C’est ça qui est ça, comme on dit. C’est demain que ça se termine – du moins, la partie le fun… Ne reste que cet affreux voyage de retour dont je vous épargne les détails. Pour leur part, Marguerite et Daniel seront « débarrassés » de moi. Et ils continueront eux-mêmes leur périple vers le sud de l’Inde, pour trois autres belles semaines…. Ceux qui voudront avoir de leurs nouvelles, vous devrez donc leur écrire personnellement.

 

Mais quelle belle (dernière) journée nous avons passée – malgré quelques difficultés à trouver ce que nous cherchions… Cette fois, nous nous sommes promenés dans la partie ouest de la pince de homard ouverte. – vous vous souvenez de cette image, j’espère ? Pas de vestiges de l’empire britannique, de ce côté-là. Seulement que de « l’Indien » – du riche (surtout) et du pauvre aussi (bien sûr).

 

La première attraction que nous avons visitée s’appelle « les jardins suspendus ». Depuis le temps que j’en entendais parler, j’avais hâte de voir ça. Mais une fois sur place, j’ai été un peu (pas mal) déçu. Je m’attendais à… je ne sais trop… l’expression « jardins suspendus » évoquait quelque chose de fabuleux dans ma tête (comme les Jardins suspendus de Babylone, peut-être…). Mais ça s’est avéré un jardin/parc tout ce qu’il y a de plus ordinaire – le parc Marie-Victorin de Kingsey-Falls, divisé par dix, genre… Vous voyez ?

 

Ensuite on a voulu voir les « tours du silence »… Savez-vous ce que c’est que ça ? Ça a rapport avec la religion parsie. Vous savez peut-être déjà que les Hindous brûlent leurs morts ? Les Parsis, eux, se débarrassent des corps d’une manière plus… curieuse. Ils les déposent en haut de tours (appelées « tours du silence ») et ils les laissent se faire dévorer par les vautours. La raison est que les Parsis considèrent que le corps humain est trop impur et ne peut souiller la terre, l’eau et l’air. Toujours est-il qu’on voulait voir ça. Marguerite les a entraperçues, à travers la végétation – luxuriante à cet endroit. Mais on n’a pas pu franchir la grille, qui était réservée uniquement aux Parsis… Nous étions bien déçus, vous pensez bien… Pas que nous tenions à voir des cadavres se faire dévorer par des vautours, mais nous aurions bien aimé admirer ces tours de plus près…

 

Ensuite, on s’est rendu à un endroit appelé les Dhobi Ghat. Ça c’est impressionnant en ta… Il s’agit d’un endroit clos, dans lequel sont construits de petits bassins carrés de ciment (les ghat). Chacun de ces bassins est rempli d’une eau de couleur douteuse. Et c’est dans cet endroit que s’activent (apparemment) près de 10 000 employés qui lavent  et sèchent le linge de milliers de familles et d’hôtels de Mumbaï. Certains se lavent eux-mêmes dans la même eau que les vêtements. C’est fou l’activité qu’il y a là-dedans – voir photos. Nous sommes descendus pour voir ça de près, mais nous n’avons pas pu y pénétrer (ni prendre de photos – défendu). Et c’est tant mieux, dans un sens. De voir ça, ça m’a ramené à nous, occidentaux, qui n’avons qu’à peser sur un bouton pour que notre lavage s’accomplisse tout seul, pendant que nous nous adonnons à autre chose… regarder la télé, par exemple… ou lire…

 

En tout cas… Marguerite et Daniel avait donné une brassée de vêtements, hier, à la réception de l’hôtel, pour les faire laver. Ils ont pu voir où ça a été fait…. Hi hi…

 

Nous avons ensuite suivi une route – à pied – dans l’espoir d’avoir directement accès à la mer d’Arabie, mais ça n’a pratiquement pas été possible : le bord de la mer étant occupé – comme à bien des endroits de par le monde – par des propriétés privées. Nous n’avons pu l’apercevoir que grâce à un petit parc qui la longeait sur quelques mètres. Voyant cela, nous nous sommes rendus directement à la beach de Mumbaï en taxi. La plage de Mumbaï se trouve dans le fond de la baie (le milieu de la fameuse pince de homard).

 

Ça aussi, c’est spécial. Premièrement, il s’agit d’une immense plage de sable fin. Et une plage de cette dimension, en plein cœur de la ville, faut le faire… Elle est malheureusement jonchée de détritus – les Indiens sont incorrigibles, de ce côté. Et puis, moi qui espérais apercevoir de belles Indiennes en bikini, j’ai plutôt vu des femmes en niqab se faire tremper le bout des orteils dans l’eau. Mais je n’y ai rien perdu au change, car ce n’est pas un spectacle qu’on verrait à Old Orchard, par exemple, avouez… Sans trop pouvoir l’expliquer, cette promenade sur cette plage a été mon plus beau moment de la journée…

 

Et pour finir le tout : longue marche sur Marine Drive afin de revenir chez-nous, dans le coin de notre hôtel, pour un dernier souper tous les trois ensemble.

 

Parlant de bouffe… Je vous envoie une photo – en espérant, comme d’habitude, que vous la recevrez… Il s’agit d’une partie du menu du petit resto où nous avons déjeuné, ce matin. Lisez attentivement ce qui est écrit. Qu’en dites-vous ? Nous, ici, nous n’en sommes tout simplement pas revenus. Notre plat national québécois – la poutine ! – qui se retrouve dans un resto d’une petite rue anonyme de Mumbaï, Inde ! C’est incroyable, non ?

 

Et c’est là-dessus que je vous quitte, les amis, ceci étant ma dernière « chronique ». J’espère que vous vous êtes amusés en nous suivant ainsi, quotidiennement ? Sans doute pas autant que nous, qui avons vécu de visu toutes ces choses extraordinaires, mais quand même ?

 

Pour ma part, ça a été très très agréable de m’adonner à cet exercice. Je vais me relire à partir du début, une fois revenu à la maison – et revenu de mes émotions. Tout s’est enchaîné tellement rapidement et de façon si intense qu’on dirait que j’en ai perdu des gros bouts… Mes écrits – et vos messages – seront sûrement mes plus beaux souvenirs de cette petite aventure.

 

Alors, au plaisir de vous revoir en personne très bientôt.

 

Ici, Yvan Yvan, en direct de Mumbaï, Inde, et sur le point d’entreprendre le long et fastidieux voyage de retour vers mon confort occidental et ma petite routine quotidienne…

 

 



19/03/2017
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