Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-27 --- Vers l'avant-dernière étape du voyage : Ahmenabad

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De : Yvan Yvan – Ahmedabad

Date : vendredi, 27 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Je commence par le commencement, d’accord ? Et le commencement, c’était ce matin, à Udaipur (250 km plus au nord)…. Alors, je rewind…. zzziiippp…

 

Après le petit-déj sur la terrasse de l’hôtel – avec une magnifique vue sur le lac –, nous nous sommes de nouveau divisés en deux, mais selon un nouvel arrangement, cette fois : Daniel sur un bord ; Marguerite et moi sur l’autre bord.

 

Daniel avait un colis à envoyer au Québec. Comme ce n’était pas la première fois qu’il envoyait un colis à partir de l’Inde, il savait que ça ne se ferait pas en criant ciseaux. Il m’a expliqué la procédure – et j’ai même eu le temps d’assister à une petite partie… Je vous raconte l’événement comme ça s’est passé…

 

Premièrement, il lui a fallu trouver un « emballeur de colis » - obligatoire dans le processus. Mais ça, ça n’a pas été un problème. Il en a trouvé un près de l’hôtel. En fait, l’emballeur s’est avéré une emballeuse: une belle jeune fille, toute menue, et gentille comme tout.

 

Elle a commencé par dégoter une boîte assez grande pour contenir les objets. Ensuite, elle a sorti du coton à fromage de ses armoires, qu’elle a coupé juste de la bonne grandeur pour la boîte (le coton à fromage sert de papier d’emballage)… Elle l’a cousu en plusieurs endroits – à la machine pour commencer ; et à la main pour la finition – de façon à ce que le paquet soit hermétiquement fermé. Puis, elle a versé de la cire chaude à quelques endroits stratégiques, sur laquelle elle a apposé un sceau. Voilà pour la partie emballage… Particulier, hein ?

 

Ensuite, ça a été un peu plus banal, mais davantage pénible. Daniel a dû se rendre à un bureau de poste qui était ouvert, trouver le bon guichet, remplir des formulaires à n’en plus finir, et payer la note, bien sûr…. Ça lui a pris environ 2,5 heures pour passer à travers toute l’affaire…

 

Pendant ce temps-là, Marguerite et moi, on a été visité le City Palace. Le City Palace est un ancien palais de maharadjah reconverti en partie en musée, et en partie en hôtel de luxe. Comme d’habitude, lorsqu’il s’agit de ces grandioses demeures de l’Inde, ça a été pas mal impressionnant. On a fait le tour en un peu plus d’une heure. Et ce fut la seule attraction d’Udaipur qu’on a visitée. Pourquoi ? Parce qu’il fallait reprendre la route go to Ahmedabad… Quand je vous disais que le rythme de croisière du voyage était devenu intensif depuis quelques jours, eh bien voilà. Trois semaines de vacances imposent une cadence qui frustre un peu…

 

Nous avons fait le trajet Udaipur-Ahmedabad sur une autoroute. Là, je sais ce que vous vous dites : « Une autoroute… ouach… ça a dû être plate… » Eh bien, non ! Si vous pensez ça, c’est parce que vous vous imaginez une autoroute comme la 20, mettons, c’est ça ?

 

Ça n’a rien à voir… La notion d’autoroute, ici, est quelque peu différente. Voilà quelques exemples de dissemblances… Sur les autoroutes de l’Inde, il y a des piétons qui y circulent aussi ; ainsi que des vélos. Des enfants jouent le long du trafic. Des mulets et des chameaux (eh oui, les chameaux sont revenus dans le décor) tirent des charrettes. Des autos et des camions roulent quelquefois à contre-sens. Des autos sont stationnés n’importe comment sur le bas-côté, Des chèvres et des vaches traversent comme bon leur semble ou marchent carrément le long de la route, sans trop savoir où elles s’en vont exactement… Comme vous voyez, ce n’est pas l’activité qui manque. Les chauffeurs ne peuvent donc pas rester très longtemps dans la lune – même s’ils roulent beaucoup moins vite que chez nous (bien obligés)…Et moi, en tant que touriste occidental habitué à mes autoroutes occidentales, j’avais les yeux partout, me laissant remplir par tout ce qui m’entourait…

 

Un moment donné, Krish a dû se stationner sur le côté pour aller payer une « taxe » (de transport, sans doute). Par le fait-même, il nous a laissés cuire au soleil pendant au moins une demi-heure. En plus, vous savez maintenant que cesser de bouger pendant une seconde, en Inde, signifie afflux immédiat d’Indiens vers soi (appât de $$) – un réflexe inné, chez eux. Et c’est évidemment ce qui s’est produit. Deux zozos se sont pointés à côté de l’auto, se disant des sadhus en quête d’une aumône. Nous savions que cela existait en Inde. Il y a effectivement des sadhus (ascètes considérés comme sacrés) qui se promènent sans aucune possession personnelle et qui vivent d’aumônes.  Leur donner une obole fait partie de la game – ne pas le faire porte malheur.

 

Mais nous avions un doute sur le réel état de sadhu de ces deux hommes – Marguerite le sentait rien qu’à voir leur regard. Nous n’avons rien donné, attendant le retour de Krish pour avoir son avis. Ils sont restés plantés là, à côté de nous, patients comme la mort – ce qui ajoutait à la chaleur cuisante dont nous étions victimes depuis notre arrêt. . Mais comme ça trainait en longueur, ils ont fini par ficher le camp. Tant mieux… Krish nous a d’ailleurs confirmé qu’il ne s’agissait pas de vrais sadhus. Marguerite avait misé juste…

 

Et c’est ainsi que, petit train va loin, on est sorti de l’état du Rajasthan pour entrer dans celui du Gujarat. La différence s’est vue. Le paysage est demeuré montagneux, mais la verdure est apparue rapidement. À partir de là, je me serais cru dans les Cantons de l’Est, par moments.

 

Entrée à Ahmedabad vers 17h15… Je ne m’étais pas trop renseigné sur cette ville avant d’y pénétrer. Je m’attendais – allez donc savoir pourquoi – à un bled plutôt tranquille. Mais le trafic, de plus en plus lourd au fur et à mesure que nous avancions, m’a incité à jeter un coup d’œil dans le Lonely Planet. Et c’est là que j’ai vu qu’Ahmenabad contenait quand même plus de 4 millions d’habitants…Le guide rajoutait : on aime ou on n’aime pas (à cause de sa frénétique activité).

 

Et nous n’avons pas été longs, justement, à plonger dans la « frénétique activité ». C’est devenu rapidement infernal. Tellement que j’ai  pogné un petit down. Un moment donné, dans le centre-ville, le trafic est devenu tellement intense, tellement lourd, tellement chaotique, tellement bruyant et cacophonique que j’ai tenté de rentrer dans une bulle pour oublier que j’étais là. Ça n’a pas fonctionné. Ajouté aussi au fait que l’agence avec qui nous faisons affaire, n’avait pas réservé notre hôtel. Et celui-ci s’est avéré complet le moment venu. Krish, une main sur le volant et manipulant deux cellulaires en même temps (dans ce chaos, fallait le faire), a tenté de nous en trouver un autre. Il a réussi, mais non sans peine, et non sans l’insistance de Marguerite qui tenait mordicus à en avoir un  potable – comme c’était inscrit au contrat.

 

Là, je suis fatigué pis pas à peu près : la longue route, la chaleur, la circulation apocalyptique d’Ahmenabad et cette histoire d’hôtel ont eu un effet sur ma capacité de résistance… J’aurais voulu une bonne bière pour tenter de me calmer le cerveau, mais malheureusement, ce petit plaisir m’a été refusé…

 

Dans le Gujarat, la boisson n’est pas tolérée dans les places publiques (incluant les restos). Pour en prendre chez soi, il faut aller en acheter dans un magasin spécial. Une fois là, il faut obtenir un permis. Une fois le permis en main, on se retourne de bord et on achète ce que l’on veut. Mais ça ferme à 19h30. Et nous sommes justement arrivés là à 19h30. Le gars qui vendait les bouteilles était encore sur place. Mais pas celui qui délivrait les permis… Ça fait qu’on s’est contenté d’une bonne bouteille d’eau minérale pour souper – souper qui était excellent, au moins.

 

Parlant de souper : parait que j'ai tilté un peu... Mes deux compagnons de voyage m'ont dit que j'étais complètement out, regardant dans le vague, pas pantoute avec eux-autres. Pis ils n'ont pas pu s'empêcher d'éclater de rire lorsque j'ai posé une question - je ne me souviens plus laquelle -, car je venais tout juste de poser exactement la même question à peine une minute plus tôt. J'aurais peut-être dû me rendre à l'hôpital avant de poursuivre ce périple plus avant...

 

Je vous laisse pour aller au pieu…. Portez-vous bien, tous,

 

Ici, Yvan-Yvan, à Ahmedabad, dans un cocon de calme (ma chambre d’hôtel), et à la veille de partir pour la dernière étape du voyage (du mien, à tout le moins), et non la moindre…

 

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18/03/2017
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