Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-26 --- Sur la route d'Udaipur

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De : Yvan Yvan – Udaipur

Date : jeudi, 26 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Aujourd’hui, 26 janvier, c’était l’une des trois fêtes nationales des Indiens – le « jour de la république », qui célèbre l’entrée en vigueur de la Constitution de l’Inde avec la fin du Dominion britannique. Pour le moment, nous ne nous sommes rendus compte de rien : pas de fanfare, pas de pétards… Il paraît que la fête se déroule surtout à Delhi, et dans les écoles…

 

Avons quitté Jodhpur vers 9h00, pour une autre longue route via la campagne et les villages indiens du Rajasthan, vers le sud. Krish nous a conduits d’une main de maître à travers les nombreux changements de paysages.

 

Peu de temps après le départ, toutefois, nous avons été arrêtés par la police, pour un contrôle. Krish a dû montrer sa licence de chauffeur. Mais voilà-tu pas qu’il s’est fait passer la remarque qu’il ne portait pas son uniforme de chauffeur – obligatoire. Conséquence : confiscation immédiate du permis. Aïe ! Il nous a fallu faire le reste du trajet en autobus...

 

Mais non, je vous niaise encore, ne vous en faites pas : le tout est rapidement rentré dans l’ordre avec un petit billet de 100 roupies discrètement glissé dans la poche du policier. Ça, mes amis, ça s’appelle un bakchich (pot-de-vin). Et ça démontre concrètement où en est l’Inde depuis des années : corrompue jusqu’à l’os.

 

La première partie du voyage s’est passée comme hier. Rien de bien original : les mêmes paysages, les mêmes vaches, le même monde. Sauf, peut-être, que les chameaux étaient à peu près disparus de la carte, cette fois. Pourquoi ? Fouillez-moi…

 

Et puis, un moment donné, j’ai fait une gaffe sans le savoir. Nous avons vu un éléphant qui venait à notre rencontre, sur la route. Un éléphant conduit par un bonhomme que j’ai à peine regardé. En parfait touriste occidental que je suis, j’ai demandé à Krish de s’arrêter pour le photographier. Ce que j’ai fait en quelques secondes à peine avant de remonter dans l’auto. Krish m’a alors demandé si j’avais donné quelques roupies au bonhomme…

 

Oups ! Fallait-tu ?

 

C’est là que j’ai appris que l’éléphant était monté par un homme de Dieu, et que l’éléphant lui-même était sacré. Il aurait fallu lui donner une offrande, pour la chance, et pour toutes sortes d’autres raisons que je n’ai pas très bien comprises. Je suis devenu très mal. Je voulais retourner, mais Krish m’a plutôt demandé de faire une offrande quelque part, au cours de la journée, pour compenser.

 

OK man. Ce sera fait, tu peux être sûr

 

Krish nous avait suggéré de passer par Ranakpur et de nous y arrêter pour faire la visite d’un des plus beaux temples jains du pays - le temple d'Adinatha. Suggestion que nous avions acceptée, of course. Juste avant d’arriver, nous avons été victime d’une sorte de « téléportation ». Je m’explique.

 

Nous roulions donc dans un paysage de plaine sèche, champs arides à perte de vue, arbres rabougris – vous vous souvenez ? Et tout à coup, paf ! nous nous sommes retrouvés dans les montagnes et dans une forêt luxuriante. La transition s’est faite tellement vite que je ne me souviens pas très bien comment on en est arrivé là. Mais je n’ai pas cherché à comprendre très longtemps. J’ai plutôt profité du spectacle.

 

Le temple se trouvait au cœur d’une vallée. La forêt autour était peuplée de singes – les « gardiens du temple » que Krish m’a dit. Il y en avait partout, et ils se promenaient en toute liberté. C’était mignon.

 

La visite du temple s’est effectuée nu-pied. Ça nous a pris quoi ? Quelque chose comme trois-quarts d’heure à faire le tour. C’était très beau. Plus de 1000 colonnes dans le bâtiment ; chacune finement sculptée – des heures de plaisir pour les sculpteurs…Le jaïnisme est une religion vieille comme le monde. Les jains sont pour l’ascétisme, l’abolition des castes et la non-violence. J’ai comme l’impression que Gandhi était jaïniste… En tout cas, ça collerait avec sa philosophie ; sauf pour le sexe... Gandhi faisait en effet son possible pour être abstinent ; alors qu'une multitude de sculptures de ce temple semblent faire l'éloge de la bagatelle. M'enfin, je vérifierai sur Internet à mon retour.

 

En cours de visite, j’ai fait une offrande de quelques roupies pour réparer ma gaffe du matin – avec l’éléphant. C’est à partir de ce moment-là que j’ai recommencé à respirer un peu plus normalement…

 

Après ça, go to Udaipur. Pour s’y rendre, nous sommes passés par des chemins escarpés, creusés à flanc de falaise, le long d’une magnifique vallée. C’était vraiment de toute beauté. Mais il ne fallait pas trop que je pense au fait qu’il s’agissait d’une piste cyclable, genre – eh oui, encore une fois –, et que deux autos passaient très juste, lors de rencontres, et pas très loin du vide.

 

Une fois sortie de cette vallée, le paysage s’est encore une fois transformé. L’aridité des sols est revenue, mais l’environnement s’est maintenu très montagneux. Comme d’habitude, plusieurs femmes marchaient sur le bord de la route avec toutes sortes de marchandises sur leur tête. La plus grave que j’ai vue est sûrement cette femme qui transportait, en équilibre sur sa tête, deux immenses branches (des billots) qui devaient mesurer quelque chose comme six mètres de long. Je n’ai pas osé avancer un chiffre sur le poids. « Des bêtes de somme » que Marguerite a dit – avec raison.

 

Arrivée à l’hôtel d’Udaipur au soleil couchant, vers 17h30. Nous sommes juste au bord du lac Pichola qui se trouve lui-même dans le cœur de la ville. La vue est magnifique. Mais nous ne resterons pas longtemps, ici non plus. Nous repartons demain matin, après une visite de l’attraction de la place : le City Palace.

 

Fin de soirée sur la terrasse de l’hôtel en prenant une petite bière en compagnie de notre chauffeur, Krish, qui nous quittera demain, aussitôt qu’il nous aura déposés à Ahmedabad, fin du contrat.

 

Mon périple achève. Après Ahmenabad, ce sera… Ah et puis non, je ne vous le dis pas tout de suite. Faut bien garder un petit suspense d’ici la fin…

 

À très bientôt, tous

 

Ici, Yvan-Yvan, en direct d’Udaipur, une ville romantique – selon les dires de Krish.

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du voyage d'Yvan Yvan en Inde, cliquez ici.

 



18/03/2017
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