Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-19 --- Tourisme à Delhi

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De : Yvan Yvan – Delhi

Date : jeudi, 19 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Aujourd’hui : voyage pas mal plus touristiquement traditionnel… Premièrement, nous avons décidé de louer les services de notre chauffeur de rickshaw d’hier (m’enfin, celui de Marguerite et de Daniel) pour toute la journée. Il s’appelait Bunty. Il était jeune, très bon chauffeur, très débrouillard, et il avait des connaissances inégalées sur tout. On ne pouvait tout simplement pas le laisser aller, celui-là…

 

La journée a commencé par un petit-déj sur le toit d’un hôtel (Shelton). En déjeunant : élaboration d’un programme rudimentaire pour la journée. Et vers 10h00, un coup de cellulaire a fait rappliquer Bunty en deux temps trois mouvements.

 

Le premier arrêt a été la gare centrale pour faire annuler deux billets de train (sur trois). Il avait en effet été décidé de prendre le train à trois reprises d’ici mon étape finale, à Mumbaï. Il n’en restera qu’une (balade en train). Pour remplacer le train que nous étions sensés prendre demain, ce sera (encore) l’avion. Nous avons pris cette décision à cause de plusieurs bonnes raisons trop longues à énumérer ici.

 

Si vous avez remarqué, c’était notre troisième visite dans une gare pour acheter et annuler des billets. Il semble que nous aimons beaucoup aller dans les gares, mais pas prendre le train !

 

À propos, savez-vous comment on fait la file d’attente à la gare centrale de Delhi pour acheter des tickets ? Dans la salle, il y a des chaises, fauteuils et canapés, qui sont tous alignés. On s’assoit sur le dernier siège occupé, au bout de la ligne. Lorsque le premier client se lève pour aller rejoindre le comptoir, tous les autres se lèvent également et se rassoient à la place d’à côté. Et ça avance de même… On se lève, on se tasse un peu et on se rassoit ; on se lève, on se tasse un peu et on se rassoit ; etc.; jusqu’à ce qu’on se retrouve assis sur la chaise la plus près du comptoir. J’ai trouvé ça rigolo.

 

Ensuite, petite ride en tuk tuk vers le premier site que nous voulions voir : un musée d’objets antiques fabriqués par des artisans indiens de tous les temps, le Crafts Museum. Les pièces étaient intéressantes – beaucoup de tissus.

 

Nous étions pratiquement seuls dans la place lorsque sont débarquées des autobus de jeunes filles (de 10 à 15 ans, je dirais) toutes vêtues de leur costume d’écolière. Il devait y en avoir une couple de cents. Nous étions dans une salle en train d’admirer les artéfacts, lorsqu’elles ont fait leur apparition et qu’elles se sont mises à faire le tour en file indienne – des Indiennes qui font la file indienne hi hi –, sans s’arrêter une seconde, et en piaillant. Aucune d’entre elles ne regardait les pièces autour d’elles. Il devait y en avoir une cinquantaine dans ce groupe-là. Le tour de la salle n’a pas pris plus d’une minute et hop, les voilà reparties dans une autre salle. À ce rythme-là, la visite de tout le musée n’a sûrement pas duré quinze minutes. Et l’école pourra s’enorgueillir d’avoir contribué à cultiver ses enfants !

 

Derrière le musée, se tenait une exposition d’artisans actuels. La plupart des pièces étaient très belles. Des souvenirs ont été achetés, bien sûr… Juste cette visite-là a duré très longtemps.

 

Ensuite, go to Purana Qila, le plus vieux fort de Delhi dont les remparts s’érigent juste en face du musée, de l’autre côté de la rue. Encore là, je vous éviterai l’historique (vous pouvez consulter Internet). La chose qui m’a émue le plus a été de me rappeler – je l’avais lu dans Cette nuit la liberté – que cet endroit avait été le lieu de rassemblement des Musulmans en 1947 qui étaient complètement terrorisés à l’idée de se faire massacrer par les Hindous qui sillonnaient la ville lors de la partition. Ils avaient apparemment été plus de 150 000 à s’entasser là-dedans, un moment donné.

 

Les hautes palissades de pierres s’étendaient sur une longueur considérable. Nous les avons suivies jusqu’à ce que… jusqu’à ce que ça devienne un petit peu moins beau… Et tout à coup, paf ! on est tombé sur des familles de pauvres qui habitaient là. Et quand je dis là, c’est là : ils se servaient de la structure même des remparts (qui étaient creux à cet endroit) comme de leurs maisons.  On a reviré de bord, c’est ben certain, pour revenir dans la première partie.

 

Ensuite… Ensuite, ça a été mon coup de cœur. Je tenais absolument à voir l’endroit où le mahatma Gandhi a été assassiné. J’étais certain qu’il devait y avoir au moins un mémorial – comme celui de John Lennon, à New York, genre. Eh bien, oui, cette place existait.. Elle s’appelle Gandhi Smriti. Et il ne s’agit pas juste d’une plaque commémorative sur le sol. Ils ont fait de l’endroit une sorte de parc, un endroit de recueillement. On peut même y voir la maison où il a couché pour la dernière fois, dans un lit très simple, bien sûr.

 

Le jour de sa mort, Gandhi était sorti de la maison pour faire ses prières habituelles. Il avait fait quelques pas au milieu de ses fidèles lorsqu’un homme s’était planté juste en face de lui et l’avait tiré à bout portant. Eh bien, les Indiens ont sculpté des traces de pas qui partent de la maison et qui se dirigent vers l’endroit de sa mort. Et là, à cet endroit précis, il y a un petit monument tout simple. C’est extrêmement émouvant. Lorsque je me suis retrouvé juste devant le monument (j’étais donc à la place de l’assassin), j’ai eu quelques mottons dans la gorge, je vous avoue.

 

Bon, OK, ça va faire les sentiments. On a ensuite dû quitter, car on était rendu à l’heure de fermeture. On s’est ensuite dirigé vers Lodi Gardens. Lodi Gardens est un immense et splendide parc où viennent jogger et pique-niquer un grand nombre d’Indiens. Il paraît que les riches (dont les politiciens), accompagnés de leurs gardes du corps, ont l’habitude de s’y rendre aussi. Nous en avons fait le tour rapidement, car le crépuscule était presque tombé quand nous y sommes arrivés.

 

Nous avons quand même eu le temps de voir les quatre grands tombeaux où reposent des souverains de cette terre millénaire. Nous avons fait une partie du Garden – et non un garden party, re-hi hi – dans l’obscurité. Mais même si des lampadaires étaient allumés un peu partout, nous nous sentions peut-être plus ou moins rassurés… Un parc, ça reste un parc – ici comme ailleurs. Était-il dangereux, le soir venu – comme bien des parcs de notre monde à nous ? Une fois à l’extérieur, Bunty nous a confirmé que ce parc était 100 % safe, Étant donné qu’un nombre considérable de riches viennent y faire de l’exercice le soir, semble-t-il qu’il y a beaucoup de policiers en civil de faction à l’intérieur – nous en avions peut-être même croisés sans le savoir.

 

Fin de soirée dans un resto de notre propre quartier. Retour dans le « vrai monde », en d’autres mots. Aujourd’hui, j’ai vu que Delhi n’est pas que ça. Il y a aussi une Delhi de la richesse : une Delhi moderne, donc, avec de l’espace moins surpeuplé, de la propreté, de la beauté aussi – de la beauté esthétique…

 

Comme je viens de le dire, la réalité de l’Inde, dont je suis maintenant habitué, m’a rattrapé au souper. Un moment donné, à la table à côté de la nôtre, s’est installée une famille d’Indiens. C’était une table pour quatre. Ils étaient cinq, plus deux enfants en bas-âge. Ça parlait fort. Le plus jeune des marmots s’est mis à brailler. L’autre avait tendance à se coller à moi en mettant ses mains sur mes cuisses et en me fixant. Ma bulle venait d’être envahie pis pas à peu près. J’ai fait savoir à mes compagnons qu’il était peut-être temps de sortir de là.

 

Demain : départ pour Jodhpur, avec Air India. J’espère que l’envoi des photos fonctionnera. On dirait que les ordinateurs des cafés Internet de la place – toujours très rudimentaires – ne sont pas équipés du petit logiciel nécessaire à cet envoi…

 

Portez-vous bien, tous, et à la prochaine !

 

Ici, Yvan-Yvan, à la veille de partir vers de nouvelles aventures dans une autre région de l’Inde

 

PS) Nos petits problèmes digestifs, à Marguerite et à moi, sont revenus au beau fixe. Daniel par contre, file un petit rhume.

 

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18/03/2017
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