Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-20 --- Changement de plan

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De : Yvan Yvan – Delhi

Date : vendredi, 20 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Introduction (tirée du Lonely Planet) : « L’Inde est une région où il faut s’attendre à l’inattendu. Laissez-vous porter par son courant. »

 

Pourquoi cette introduction ? Retenez-la simplement, pour l’instant…

 

Ce matin, comme il a été mentionné hier, nous nous sommes préparés à prendre l’avion à destination de Jodhpur. Comme nous voulions quitter l’hôtel vers 11h00, nous avions du temps devant nous. Daniel, un peu enrhumé, voulait faire la grasse matinée. Mais il en a été empêché par une souris – ou était-ce un rat ? – qui a commencé à faire du grabuge dans leur chambre. Ce qui l’a forcé à ne dormir que d’un œil et à se lever tôt.

 

À part ce petit désagrément, ce matin, donc, rien de spécial : Internet, dernière promenade dans le quartier (pour ma part), check out, taxi, aéroport. Tout allait bien.

 

À l’aéroport, billet d’embarquement, attente, passage au poste de contrôle. Tout allait toujours bien.

 

En marchant vers le quai d’embarquement, moins d’une demi-heure avant le décollage, j’ai dit à Marguerite : « Ma chronique va être plate à soir. Il ne se sera rien passé de la journée. » Une minute plus tard, Daniel s’exclame : « Est-ce que j’ai bien entendu ? Le vol pour Jodhpur est annulé ? »

 

Hein ?

 

On ne le croyait évidemment pas. Mais il a bien fallu admettre l’évidence, car ils l’ont répété dans les haut-parleurs. Annulé à cause d’un épais brouillard à Jodhpur, apprendrons-nous plus tard. Plus abasourdi que ça, tu fais une crise d’apoplexie. Faut le faire…

 

Et c’est à partir de cet instant que tout a chiré...

 

Que fais-tu dans un aéroport, quand ton vol est annulé comme ça à la toute dernière minute ? Facile. Tu vas récupérer tes bagages. Tu vas au comptoir de la compagnie qui te propose un nouvel avion pour te rendre plus tard à ta destination. Sinon, tu demandes qu’on te rembourse ton billet. Et tu prends le dédommagement causé par le désagrément dont la compagnie aérienne est responsable. Mais tout d’abord, tu cherches à savoir où te diriger. Tu cherches les personnes qui sont sûrement en train de venir à ta rescousse. Mais ça, c’est une réaction d’occidental dans un aéroport occidental. Et ici, t’es toujours un occidental, mais un occidental en Inde… Pis en Inde, ben… c’est ça…

 

Cette affaire-là est survenue vers 14h30. Et on a quitté l’aéroport à 17h00. Entre les deux, je ne peux pas vraiment décrire ce qui s’est passé. J’en ferais un film d’un genre qui mélangerait la comédie loufoque et le drame qui vous tient en haleine sur le bout de votre chaise.

 

On en a marché une claque (en rond) en tout cas, pour obtenir des réponses à nos questions. On s’est fait référer à l’un pis à l’autre, et à un autre encore, pis un autre… pour aboutir au premier. Le monde se défilait allègrement et se renvoyait la balle. Une organisation du tonnerre, comme vous voyez. On a tant bien que mal réussi à obtenir les réponses à nos questions, mais après une course à obstacles digne des douze travaux d’Astérix.

 

Ici, je tiens à remercier Daniel qui, malgré sa fatigue et malgré sa propre exaspération, a fait le gros du travail, fonçant ici, jouant du coude là, posant des questions, tentant de comprendre comme il le pouvait les explications des Indiens – en anglais et avec de terribles accents –, respirant par le nez et se contenant lui aussi – comme tout le monde – pour ne pas prononcer de gros mots à tous ces gens qui n’en avaient rien à cirer de nos problèmes.

 

Priez pour moi, chers parents et amis pour qu’une chose semblable ne survienne pas lorsque je prendrai, seul, mes avions de retour. Si ça arrive, vous enverrez une équipe de soldats d’élite m’évacuer d’urgence de l’asile où ils m’auront enfermé.

 

Ça s’est finalement terminé dans un hôtel à Delhi, à quelques minutes de rickshaw de l’hôtel où nous avons passé les derniers jours. Nous sommes dans Connaught Place, dans la rue de cette place célèbre qui fait un cercle et dont les côtés sont bordés de magasins de toutes sortes. L’endroit fait un peu moins « populaire » qu’à l’autre hôtel, mais quand même… Entre le resto où nous avons soupé et ici (environ 300 mètres), des pauvres s’apprêtaient à passer la nuit à la belle étoile, comme ils le pouvaient. Et sans doute nous sommes-nous fait un peu arnaquer sur le prix de la chambre d’hôtel.

 

Le bilan de cette aventure… Une journée de voyage complètement perdue et une nouvelle destination pour demain. Eh oui… nous n’allons plus à Jodhpur (plus pour le moment, du moins), car il n’y avait plus de vol disponible rapidement. Nous prendrons de nouveau l’avion en PM, mais pour Jaipur, cette fois. C’est à mi-chemin entre Delhi et Jodhpur, en faisant un détour. La compagnie aérienne ne nous a pas remboursé la différence. Et en passant, elle n’a pas dédommagé qui que se soit qui réclamait un remboursement pour une chambre d’hôtel qu’ils allaient payer à cause d’eux.

 

La compagnie en question est Jet Airways. Dites-le à tous vos amis.

 

Bon, je m’en vais me coucher. Cette (demi)journée m’a complètement épuisé. Mais je n’ai rien à me plaindre. Je voulais un sujet de chronique. Il m’est tombé du ciel comme un miracle. Si cette mésaventure n’était pas survenue, j’aurais été bien en peine de vous décrire quoi que ce soit aujourd’hui, tellement ça s’annonçait ordinaire…

 

Portez-vous bien, tous. Et prenez soin de vous.

 

À plus tard !

 

Ici, Yvan-Yvan, ayant peut-être pris racine pour de bon à Delhi – qui sait ?

 

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18/03/2017
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