Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-23 --- Un oasis de silence et de paix

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De : Yvan Yvan – Nawalgarh

Date : lundi, 23 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,


Avons quitté Jaipur ce matin vers 8h30, en auto, avec notre super cool driver, Krish. Heureusement, celui-ci ne s’est pas montré aussi exubérant que la veille. À part, quelques envolées, il s’est tenu plutôt tranquille. Et c’est comme ça que nous nous sommes enfoncés dans la campagne du Rajasthan.


La circulation ? Toujours autant… anarchique. Je me demandais comment je réagirais une fois engagé sur la « grand-route », avec les vitesses que cela suppose. Ça ne m’a rien fait. Premièrement, à cause de l’état des routes, les autos ne roulaient pas plus de 70 km/hre, la plupart du temps. Ensuite, j’ai appris à leur faire confiance. Même lorsque, en pleine courbe, un camion apparaît soudain en fonçant droit sur nous dans un face-à-face quasi inévitable. Et même lorsque des autos s’en viennent subitement vers nous, à contre-courant de la circulation à sens unique. Faut juste rester cool dans sa tête. Et cool dans ma tête, je le suis devenu – pour ça, du moins…


D’autre part, je croyais que j’aurais affaire à un paysage plus aride, plus désertique. Mais j’ai été surpris de me rendre compte que les terres sont finalement assez fertiles, jusqu’ici. Et la population des campagnes ne semblent pas aussi pauvres que celles du Bengale – tout cela demeurant relatif, par ailleurs. Marguerite a avancé l’hypothèse que c’était peut-être parce que nous ne roulions pas dans de petites routes secondaires, comme là-bas. Il se peut. Une chose est sûre, toutefois : la densité de la population est beaucoup moindre que tout ce que j’ai vu jusqu’à présent. Ça s’est remarqué tout de suite : les traversées de villages n’ont – absolument – rien eu à voir avec celles du Bengale.


Arrivée à Nawalgarh, dans la région du Shekawati, vers midi. Ramesh Jangid nous attendait dans son petit royaume : le Apani Dhani, un guest house, sortant de l’ordinaire.


Le Apani Dhani est en effet un guest house créé voilà plusieurs années selon une vision très écologique de la vie. Parallèlement, Ramesh a aussi tenté de faire du développement touristique durable dans la région. Il y est plus ou moins parvenu, semble-t-il – sa vision (originale) allant trop à l’encontre de la « norme ». Mais quand même : il a réussi à faire quelque chose de bien. Le gîte en lui-même est un véritable petit paradis…


Premièrement, pour s’y rendre, il faut marcher sur quelques mètres. On entre par un portail. Une cour intérieure apparaît aussitôt, au milieu de laquelle est érigée une pergola indienne, avec chaises en rotin et table. Tout autour, se trouvent les chambres (individuelles) en forme de « huttes » - très mignonnes. L’intérieur des chambres offrent tout le confort moderne, mais de façon très simple. C’est hyper sympathique. Là,  je ne crois pas me tromper en affirmant que vous trouveriez tous cela très charmant et que vous rêveriez d’être à ma place. Et c’est sans compter que tout, ici, est écologique : l’électricité à l’énergie solaire, l’eau filtrée selon un procédé non chimique, la nourriture végétarienne, etc…


Pendant l’heure qui a suivi notre arrivée, nous nous sommes assis à l’ombre et avons placoté avec Ramesh (qui parle français !). Un moment donné, je me suis fermé les yeux pour savourer le silence – j’avais en effet pratiquement oublié ce qu’était le silence… Pas de cris, pas de pétarades de moteur, pas de klaxons, personne pour me solliciter à toutes les deux minutes…Seulement que le son des oiseaux… La grosse paix…


Bon, après cette petite parenthèse de plénitude, allez hop ! on est reparti pour la ville ! Le guest house de Ramesh est situé à une dizaine de minutes de marche de Nawalgarh, une ville de quelques milliers d’habitants. Comme dans toute la région du Shekawati, elle est remplie de havelis. Havelis que nous voulions évidemment voir.

 

Les havelis sont les maisons des riches commerçants des 18e et 19e siècles. Elles étaient construites selon un modèle architectural typique, mais ce qui faisait leur beauté était le fait qu’elles étaient entièrement recouvertes de dessins peints à la main. Des dessins représentant toutes sortes de scènes : scènes de la vie quotidienne, religion, moyens de transport… tout cela ayant été laissé au gré de l’imagination des peintres. Malheureusement, comme bien d’autres choses en Inde, les peintures de la plupart des havelis sont extrêmement défraichies ; et beaucoup de havelis tombent littéralement en ruine. D’autres – trop rares – font l’objet de travaux de restauration. J’ai ai visité un. Marguerite et Daniel deux.


Pour se faire, nous nous sommes promenés dans la ville. Comme d’habitude, nous avons marché au milieu de la pauvreté, des petites échoppes, de la saleté,  des détritus, des vaches sacrées et des chameaux… Mais au moins, ici, la densité de la population faisait en sorte que c’était un peu plus supportable. Nous avons aussi croisé un grand nombre de femmes en niqab (environ 25 % de la population est musulmane, ici). Ça m’impressionne toujours, ces costumes-là. Mais ici, c’est la norme. J’essayais au moins de ne pas trop les fixer. Nous avons aussi été interpelés par une centaine de « hello ! » lancés par des enfants et des jeunes adultes partout sur notre passage. Hello ! Hello ! Hello !


Sur le chemin du retour, nous nous sommes un peu perdus. Et comme le soleil déclinait rapidement, je n’aimais pas trop penser que je pourrais me retrouver dans ce dédale de rues tortueuses dans l’obscurité. J’ai donc proposé de prendre un rickshah drette là. Ce que mes compagnons ont accepté – je crois en fait qu’ils avaient la même idée que moi en tête….


Le souper a été excellent. Un couple de Français du 3e âge dort ici, dans ce guest house, ce soir. Nous avons donc soupé avec eux et avec notre hôte. Ils font le Rajasthan en moto – moto qu’ils ont louée à Delhi.


— Tabarnouche ! Ça doit stressant en ta de conduire sur ces routes, non ?

— Faut être prudent, c’est certain, mais dans l’ensemble, non, ça va. C’est bien, quoi…


Dans l’ensemble, non, ça va. C’est bien quoi… Ah bon, d’accord, je vais vous croire sur parole. Vous en avez vu d’autres, ça se voit…


Après le souper, je me suis retiré. Je ne connais pas encore vraiment le programme de demain. Chaque jour suffit sa peine. Et aujourd’hui, ma peine, c’est d’être encore une fois un peu fatigué… Heureusement que je pète la forme, le matin.


Bilan santé : Daniel est dans la phase finale de son petit rhume. Marguerite en est dans la phase initiale du même rhume que Daniel lui a refilé. Ramesh lui a donné un remède miracle. Apparemment que demain, il n’y paraîtra plus rien.


Ici, Yvan-Yvan, en direct d’une petite ville perdue du Rajasthan, avec, au loin, le son de drôles de lamentations (des chants ?) et de bongos…

 

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18/03/2017
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