Les maudits vents

Les maudits vents

2012-01-09 --- En transit à Francfort

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De : Yvan Yvan – Francfort, Allemagne

Date : lundi, 9 janvier 2012

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

C’est moi, Yvan-Yvan… Vous me reconnaissez ? 

 

Alors, bon, voilà, ça y est…

 

Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis parti du Québec. Mais attention ! Pas pour n’importe où. Oh que non ! Là, on ne rit plus ! Cette fois, c’est la totale : la grande aventure, le dépaysement assuré, le plongeon dans le vide… Je capote.

 

Mais je parle pour moi, bien sûr. Car en ce qui concerne Marguerite et Daniel, mes deux compagnons de voyages – et grands voyageurs devant l‘éternel –, cette (nouvelle) envolée représente évidemment pour eux un peu la routine.

 

Nous sommes lundi, le 9 janvier 2012, Il est 9h00, ici, dans cette partie du monde, en Europe (3h00 du matin au Québec). Dehors, il pleut, mais je m’en fous complètement. Présentement en transit à l’aéroport de Francfort (Allemagne), pour une attente de près de cinq heures, je tue le temps comme je peux. J’aimerais dormir, mais c’est impossible à cause du bruit, de la lumière et du manque de confort ;  mais surtout à cause de l’énervement. Car ça ne paraît peut-être pas, comme ça, étant donné la distance qui nous sépare, mais je suis effectivement excité – le sentez-vous quand même un peu à travers la fibre optique ? On pourrait même dire que je suis « stressé ». Ne riez pas ! Vous le seriez peut-être plus que moi si vous étiez à ma place…Car nous attendons en fait de prendre le vol 750 pour Calcutta, prévu à 11h45 (heure locale).

 

Ben oui : Calcutta – en Inde ! Rien de moins… C’est cool, hein ?

 

Une parenthèse, ici, juste avant de continuer… Vous savez peut-être que le nouveau nom (en bengali) de Calcutta est Kolkata. Mais je préfère quand même dire Calcutta, à cause de La Cité de la Joie et de Cette nuit, la liberté (écrits tous les deux par Dominique Lapierre) – mes deux livres culte sur l’Inde – et sur Calcutta. Alors, si vous me permettez ce caprice, je continuerai d’utiliser cette appellation.

 

Calcutta, c’est la 4e ville la plus peuplée de l’Inde (environ 4 ½ millions d’habitants) ; mais si on tient compte des agglomérations, elle vient au 3e rang – avec 16 millions d’habitants ! C’est du monde, ça, mes amis… 16 millions de personnes qui s’empilent les unes par-dessus les autres (c’est le cas de le dire), dans une épouvantable promiscuité ; dont une grande proportion vit – et dort – directement dans les rues, sans aucun toit sur la tête – on imagine le confort et tout ce qui vient avec.

 

C’est donc dans ce petit hameau de province que nous atterrirons, la nuit prochaine, mardi, à 1h00 du matin. Oui, je sais, vous avez raison : ce n’est pas une heure très évidente pour débarquer dans une ville exotique comme celle-là… Heureusement, nous serons attendus – cette pensée me réconforte un peu. Quelqu’un est en effet supposé nous accueillir à la sortie de l’avion, avec nos noms écrits sur une pancarte. Et c’est là que ça va commencer pour vrai : un périple de 23 jours en sol indien – 40 jours pour Marguerite et Daniel.

 

Cette personne, qui nous accueillera directement à l’aéroport, travaille pour Mass Education, un organisme humanitaire local qui aide les populations de Calcutta et des villages de la région à contrer la pauvreté et l’analphabétisme – ils ne chôment apparemment pas. Et ils ont aussi développé une infrastructure de tourisme solidaire dans le but de sensibiliser les voyageurs à une autre vision de l’Inde, tout en profitant d’une entrée de fonds supplémentaires. Pour ceux que ça intéressait, voici leur site : http://mass-education.com/

 

Nous nous sommes donc arrangés pour passer les six premiers jours de notre voyage en leur compagnie. Ils nous trimballeront en auto d’un endroit à l’autre – à Calcutta et dans les villages du delta du Gange –, pour nous montrer ce qu’ils font concrètement.

 

Si je peux bénéficier de tout ça – de cette expérience de Mass Education tout autant que de ce voyage en Inde pris dans son ensemble –, c’est évidemment grâce à Marguerite et à Daniel qui sont déjà passés par là, voilà cinq ou six ans. Amoureux du pays, ils désiraient y retourner. Curieux-fou (mais quand même un peu craintif de voyager seul dans ces régions-là), j’ai manifesté le désir de les y accompagner. Ils ont eu l’amabilité de m’intégrer dans leur projet. Je les remercie évidemment mille fois de me permettre de vivre cette expérience. J’espère que je ne serai pas un fardeau pour eux ! Et j’espère aussi qu’ils n’auront pas honte de ma naïveté et de mes possibles indignations…

 

Après ce séjour chez Mass Education, nous volerons de nos propres ailes en prenant le train vers l’ouest, selon un itinéraire touristique très souple que nous adapterons nécessairement aux circonstances. C’est à Mumbaï (nouveau nom de Bombay), la plus grande ville du pays, que nous nous séparerons (snif…)… Mes deux compagnons continueront vers le sud, tandis que je m’envolerai, seul, pour Delhi, la capitale, juste avant mon retour au pays.

 

Mais une chose à la fois, boudiou ! Ne mettons pas la charrue avant les vaches sacrées. Premièrement, il s’agit de quitter Francfort et d’atterrir à Calcutta en tentant de dormir un peu. Et une fois là, de vivre l’instant présent et de profiter de tout, au jour le jour, tout en gardant le contrôle de mes gros nerfs ; ce qui ne sera pas facile – je parle pour moi, bien sûr…

 

Je tenterai de vous faire parvenir un compte-rendu quotidien de mes impressions. Mais je n’ai pas la moindre idée si je serai en mesure de m’en tenir fidèlement à ce plan. Pas sûr, par exemple, d’avoir facilement accès à Internet – ni même à l’électricité ! – dans les villages profonds du delta du Gange…  Masi je ferai mon gros possible. S’cusez d’avance si vous demeurez quelques jours sans messages. Et s’cusez également si, un moment donné, bang ! vous en recevez plusieurs en rafales, d’un même coup.

 

J’espère que j’aurai aussi le plaisir de vous lire ! Tous vos petits mots d’encouragement seront très appréciés, soyez-en sûrs ; ainsi que d’avoir de vos nouvelles personnelles.

 

Alors, je souhaite la bienvenue à ceux qui veulent nous accompagner à distance – Marguerite, Daniel et moi – dans cette courte virée au pays du mahatma Gandhi. Et bonne lecture !

 

Ici Yvan-Yvan, en direct de l’aéroport international de Francfort (Allemagne), à mi-chemin entre Montréal et Calcutta ; et en attente du big choc culturel.

 

PS)

Décalage horaire Québec / Inde = 10,5 heures

Décalage horaire France / Inde = 4,5 heures

(Pourquoi 10,5 heures, au lieu de 10 heures ou 11 heures ? Fouillez-moi…)

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du voyage d'Yvan Yvan en Inde, cliquez ici.

 



16/03/2017
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