Les maudits vents

Les maudits vents

(17) 15 juin 2018 - Hauts et bas en Virginie

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 17– Hauts et bas en Virginie

Vendredi soir, le 15 juin 2018

Bluefield (Virginie-Occidentale, USA), sous le porche arrière de la Bland Street United Methodist Church (Bland Street)

 

La traversée de la Virginie s’est faite en 3 jours ben justes. J’en décris ici les événements marquants de façon chronologique (et voir également la capsule encyclopédique à la fin)…

 

Mercredi, 13 juin

 

Tabarnouche ! Est-ce parce que nous étions le 13 que cette journée a été parsemée de petits malheurs ?

 

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Mon petit down de la veille avait peut-être été une sorte de feeling prémonitoire, en fin de compte, sur ce qui s’en venait…

 

J’ai traversé la frontière de la Virginie (la State Street) très tôt le matin, à Bristol, comme prévu. Et tout allait quand même pas si pire. D’autant plus que j’avais trouvé une carte routière de la Virginie-Occidentale drette en sortant de la ville !

 

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J’étais dorénavant rassuré de ce côté-là pour tout le reste du voyage, car j’avais déjà en ma possession les autres cartes qu’il me fallait pour me rendre jusqu’à Montréal.

 

Ça s’est donc bien passé jusqu’à ce que j’arrive dans une ville qui s’appelle Abington. À cet endroit, il fallait que je tourne à gauche pour aller rejoindre Lebanon.

 

C’est là que ça a chiré…

 

Il s’agissait d’une route à quatre voies. Ça ne m’aurait pas dérangé pantoute s’il n’y avait pas eu – encore une fois – l’une des 7 plaies d’Égypte, c’est-à-dire les tab(…) de DRR-DRR, qui sont apparus en plein milieu de l’accotement, en même temps que le trafic s’est fait très intense – et très dangereux.

 

Ce coup-ci, je n’ai pas vraiment eu d’autres choix que de marcher dans la chnoute, c’est-à-dire dans la garnotte et dans le foin en dehors de la route. Et au risque de casser mon Pout-Pout, et surtout de faire une crevaison. Mais j’alternais aussi en m’enhardissant directement sur la route de temps en temps.

 

Ce qui a fait en sorte que la police m’a de nouveau arrêté en s’apprêtant à m’engueuler comme du poisson pourri… Misère…

 

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Mais encore une fois – et heureusement – lorsque l’agent a entendu mon histoire, son attitude a changé du tout au tout. Il est devenu très friendly, et il m’a laissé aller sans problèmes, en me souhaitant bonne chance et avec plein d’encouragements.

 

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Au moins ça…

 

Et puis, un moment donné, la route s’est mise à descendre. À descendre. Et à descendre encore. Elle n’arrêtait pas de descendre. Et moi itou, par le fait même…

 

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Cela a duré des kilomètres et des kilomètres comme ça – pendant 8 km, pour être précis. Non-stop.

 

Je n’aimais pas du tout ça. Je n’aimais pas ça, car c’était physiquement difficile. Au fait, je ne serai pas long à apprendre que descendre des côtes abruptes, eh ben c’est aussi toffe, sinon plus que de les monter. On est certes moins essoufflé, mais descendre tout en retenant un Pout-Pout de 20-25 kilos à bout de bras, ben ça fait mal en chien dans les articulations des genoux, dans le bas du dos et dans les bras.

 

Mais je n’aimais pas du tout cette situation pour une autre raison : j’avais toujours en tête, en effet, le vieil axiome qui dit que tout ce qui descend finit par remonter (élémentaire cher Watson). Je ne me leurrais donc pas sur ce qui m’attendait en bas de cette pente.

 

Au bout de 8 km, je suis parvenu à une rivière où l’angle de la route s’est enfin stabilisé. Et j’ai pu enfin (plus ou moins) apprécier le spectacle de ce merveilleux paysage dans lequel j’avançais depuis tout à l’heure, et qui était de toute beauté.

 

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Mais ça n’a pas duré longtemps…

 

Ce que j’appréhendais depuis plus d’une heure et demie s’est matérialisé : la route s’est mise à monter. Pis à monter. Pis à monter encore. Ça n’en finissait plus.

 

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Je la voyais s’étirer vers l’avant en un interminable ruban d’asphalte qui montait, montait, montait, jusqu’à une courbe, au loin. Et je gardais toujours l’espoir qu’après la courbe, ce serait fini. Eh ben, non. Et il y a eu d’autres courbes, comme ça, au loin. Et derrière chaque courbe, un autre tronçon de route ascendant m’attendait. Ça a duré comme ça pendant 7 km.

 

7 km, c’est long quand tu ne vas pas plus vite que 3-4-5 km/hre, pis que tu marches dans la chnoute, dans la garnotte pis dans le foin, pis que tu pousses un Pout-Pout à bout de bras, pis que tu sues comme un cochon.

 

J’ai donc monté comme ça pendant 1 ½ heure ou 2, je sais plus trop. Ce tronçon-là a failli m’avoir, car je n’étais pas encore habitué.

 

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Mais c’était quand même correct dans un sens, car ça m’a fait une pratique pour ma future traversée de la Virginie-Occidentale.

 

(En Virginie-Occidentale, je franchirai des cols pas mal plus heavy que ce que je venais de faire là. En fait, à comparer à toutes les côtes importantes que je monterai plus tard, celle-ci s’est sûrement avérée la plus facile – du moins, l’une des plus faciles…)

 

Le reste de cette route a été pas trop pire. Y’avait encore des côtes, mais à comparer à ce que je venais de subir, c’était de la gnognote. Et après une promenade de 62 km, je suis enfin arrivé à Lebanon, une petite ville nichée à travers les collines et où je savais qu’il y avait un McDonald’s pour l’avoir vu sur un panneau.

 

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Rendu là, j’ai pris le temps, comme d’habitude, de me goinfrer de fast food et de boissons gazeuses, et de faire mes trucs sur Internet. Lorsque j’ai été prêt à repartir, je me suis apprêté à remettre mes affaires dans mon Pout-Pout. Mais je me suis plutôt levé d’un bond comme si j’avais été piqué aux fesses par un serpent…

 

Vision d’horreur !

 

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Un des pneus de mon Pout-Pout était sur le flat ! Ben oui, en plein dans le McDo…

 

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Là, mes amis, j’étais super méga embêté au cube…

 

Au risque de faire rire de moi (surtout par Jean-Marc, s’il me lit – j’espère que non), j’avoue ici que je n’avais aucune espèce d’idée de kessé qu’il fallait faire pour réparer le dégât. L’intello que je suis n’avait jamais réparé un flat de toute sa vie, même si j’avais fait du vélo de route pendant plus de 20 ans. Des flats, j’en avais déjà fait quelques-uns, bien sûr, mais je les avais toujours fait réparer par quelqu’un d’autre.

 

Avant de partir, j’avais acheté quelques rustines (des patchs) sans trop savoir comment il faudrait les installer le cas échéant. De toute façon, j’avais complètement oublié d’apporter les outils nécessaires pour réparer une crevaison (des « démonte-pneus », que ça s’appelle).

 

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Pis même si je les avais eus, je n’aurais pas été foutu de savoir comment les utiliser.

 

Bref, j’étais dans la merde, pis pas à peu près. D’autant plus qu’il était passé 17h30 et que tous les garages étaient fermés.

 

J’ai repris la route avec mon Pout-Pout qui roulait tout croche sur deux pneus et un rim (une jante) à la recherche d’un toit où m’installer pour la nuit. J’ai au moins (ouf !) trouvé un shelter assez rapidement à côté d’une église. Et le pasteur était là (ouf !) : un jeune homme d’à peu près 25 ans qui m’a donné l’adresse d’un garage dans le village qui pourrait sans doute me dépanner le lendemain.

 

C’était toujours ça pour ce soir…

 

Jeudi, 14 juin

 

Les jours passent et ne se ressemblent pas… Après les bas, viennent les hauts – et vice-versa. C’est comme pour les côtes, tout ce qui descend remonte – et vice-versa toujours.

 

Ce que je veux dire par là, c’est que mon Ange gardien, après m’avoir mis sérieusement dans la merde la veille, a tout fait pour m’en sortir le lendemain. Quelques mois plus tard, je comprendrai pour de bon que c’est ça, son motus operandi : une alternance de coups de poing dans la face et de soins sur la plaie. J’en ai déjà parlé, un peu. Vous vous souvenez ?

 

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C’est super énervant, au début, cette façon de fonctionner, mais quand on comprend le système – et que l’on l’accepte – on vient qu’à s’y faire. Bref, pour en revenir à mon aventure, hier, j’ai vécu des moments de crise, et aujourd’hui, les événements ont tourné boutte pour boutte à mon avantage.

 

À 8h00, j’ai laissé mon Pout-Pout et tout mon équipement sous le shelter (en espérant le retrouver au même endroit à mon retour – et en entier), et je suis parti en ville avec ma roue démontée dans la main. J’ai marché jusqu’à l’adresse du garage que le pasteur m’avait donnée la veille. Rendu là, la porte était barrée avec un écriteau dans la fenêtre : « Fermé temporairement pour cause de vacances ».

 

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Bon… Ça commençait ben…

 

Mais juste à côté, y’avait un autre garage. Un garage qui ne m’inspirait guère confiance. Mais comme je n’avais pas trop le choix, alors go, je suis entré.

 

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Ce garage appartenait à Wayne. Wayne Musick.

 

Eh bien, Wayne a été mon sauveur. Et si je dis « sauveur », c’est pas juste parce qu’il a réparé ma crevaison. Non, non. Il l’a certes réparée, cette crevaison, mais il a fait beaucoup plus que ça. Et de façon tout à fait désintéressée. Lisez attentivement la séquence des événements ci-dessous à partir du moment où je suis entré dans son commerce, comme un pitou piteux, avec ma roue dans ma main…

 

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Wayne m’a tout d’abord annoncé que non seulement ma chambre à air était percée – ce qui était l’évidence même –, mais que mon pneu était également fini : effifi, ennini, FINI. Gloup…

 

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Je ne l’ai pas obstiné. Cela faisait quelques jours que j’en étais moi-même venu à cette conclusion. Mais je m’étais toujours fermé les yeux à cette réalité, préférant faire de la pensée magique et me disant qu’il tofferait jusqu’à la fin du voyage. Eh bien voilà : j’en étais là, maintenant, à 1500 km de chez moi, en plein cœur des montagnes de la Virginie, avec un pneu en moins et un Pout-Pout handicapé… Pis là, ben j’avais l’air fin en tabarnouche, car c’était évidemment impossible de trouver un pneu non standard comme celui-là dans cette région reculée.

 

À tout hasard, j’ai posé la question à Wayne (à savoir où je pourrais trouver un tel pneu). Il m’a dévisagé avec un drôle de regard, comme si je descendais de la planète Mars.

 

— C’est dont ben débile comme question, ça ! qu’il m’a répondu. On trouve des pneus drette là où y’en a à vendre !

 

— Et c’est où ?

 

— Tu me niaise-tu ? Au Walmart, ben sûr !

 

— Dekessé ? Y’a un Walmart icitte ?!

 

— Ben kin !

 

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En passant, ceux qui me connaissent se feront évidemment un malin plaisir à me rappeler que j’ai toujours répété à tout le monde, et ce, depuis des années, que jamais – JAMAIS – je n’entrerais dans un Walmart de toute ma vie. À ceux-là qui sont sur le point de me narguer avec ça, je dis : « Je veux pas entendre un simonac de mot s’a game ! C’est-tu assez clair ? »

 

Et c’est là que Wayne a fait montre de sa réelle – et très généreuse – personnalité. Comme le Walmart état situé assez loin, et que j’étais à pied, il m’a offert d’aller chercher le pneu en question dans son pick-up ! Tu parles d’une affaire, non ?

 

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Nous avons même fait le détour par le shelter où j’avais laissé mon Pout-Pout. Car tant qu’à acheter un pneu neuf, autant changer tous les trois pendant que j’étais là, que je me suis dit. Pas fou le gars.

 

Ensuite, go chez Walmart. Eh oui : je suis bel et bien entré dans ce magasin, je le confirme.

 

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Et comme Wayne l’avait dit, ils avaient toutes les grandeurs de pneus de vélo inimaginables, incluant celle de ma petite roue d’en avant. J’ai donc acheté trois pneus neufs, ainsi que trois chambres à air. J’étais dorénavant full equip pour le reste de mon périple.

 

Vive les Walmart !!

 

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Wayne en a profité pour acheter des beignes à ses employés. Quand je disais qu’il était très généreux, ce mec.

 

Retour au garage. Réparation de la chambre à air. Changement de tous les pneus. J’ai bien observé comment ça se passait et je me suis rendu compte que c’était niaiseux au boutte. Même pas besoin des fameux outils « démonte-pneus ». Le mécanicien s’est servi d’un banal tournevis durant toute l’opération. La prochaine fois – en espérant qu’il n’y en aurait pas –, je saurais dorénavant me débrouiller moi-même pour faire la même chose, et avec les deux doigts dans le nez à part ça.

 

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Une fois tout en place, ça a été le retour au shelter en pick-up – transport à domicile…

 

Et tout ça pour combien de dollars américains ? Hein ? Dites un chiffre… 30 $ ? 40 $ ? 50 $ ? Pour rien pantoute… Wayne n’a pas voulu être payé. Mais là, j’ai insisté grave, car j’avais l’impression d’abuser sans bon sens. Il m’a finalement fait un (petit) prix d’ami, pour la forme.

 

Si jamais vous passez par Lebanon, en Virginie, et que vous tombez en panne, vous savez maintenant où aller !

 

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Et je suis reparti avec mon petit bonheur, avec mon Pout-Pout remis sur ses trois pieds, et moi-même rebousté mentalement aux stéroïdes amphétaminiques naturelles. Fort de mes trois nouveaux pneus, je fonçais désormais devant moi comme si j’étais aux commandes d’un tank M1 Abrams 105 mm, en faisant fi des DRR-DRR, de la garnotte et de tout.

 

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Je me sentais invincible.

 

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Comme j’étais parti de Lebanon à 10h15, eh bien, je n’ai fait que 39 km cette journée-là, et je me suis arrêté dans une ville du nom de Claypool Hill où j’ai d’ailleurs trouvé un très beau spot pour installer ma tente : un picnic shelter d’église, situé sur une hauteur, qui dominait tout le paysage alentour – avec lumière et électricité, tout le kit.

 

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Des femmes travaillaient à préparer une Bible school dans l’église pour le prochain week-end, et elles m’ont généreusement offert d’utiliser la salle de bain pour me nettoyer et en me mettant tout à fait à l’aise de prendre tout le temps dont j’avais besoin.

 

Je ne me le suis pas fait dire deux fois pour en profiter. Il n’y avait qu’un lavabo, mais pour moi, cela équivalait à un bain-tourbillon dans un Ritz Carlton.

 

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Un peu plus tard, alors que j’étais sous le shelter à écrire mon journal de bord, un jeune fidèle de l’église – Josh –, ayant appris ma présence, est venu me faire un brin de causette. Il voulait tout savoir de mon voyage, n’en revenant pas de ce que j’accomplissais. Comme souvenir de mon passage dans son église, il m’a offert une Bible et une casquette « Man of God ». J’ai trouvé ça drôle…

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Vendredi, 15 juin

 

Ce vendredi, 15 juin, a sans doute été la journée la plus « facile » et la plus performante que je n’avais pas passée de tout mon périple.

 

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Il faisait beau soleil, mais ce n’était pas la canicule. J’ai en plus bénéficié d’une petite brise constante de face. Il n’y a pas eu réellement de grosses côtes – juste de longs faux plats. Les DRR-DRR étaient toujours là, mais à 90 % du temps, les accotements étaient suffisamment larges pour que je puisse avancer sans que je sois obligé de marcher dans la chnoute ou dans le trafic.

 

Dommage qu’il y ait eu un pépin à la toute fin. Ça aurait été trop beau, hein ?

 

Au bout de 58 km parcourus assez aisément, je suis parvenu dans la ville de Bluefield. Bluefield a ceci de particulier que la frontière séparant la Virginie de la Virginie-Occidentale passe en plein milieu de la ville – comme Bristol en ce qui concerne le Tennessee et la Virginie.

 

J’ai soupé (dans un McDo) en Virginie et une demi-heure plus tard, j’ai installé mes pénates en Virginie-Occidentale (à 2,7 km à vol d’oiseau de la frontière).

 

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C’est là que j’ai frappé un petit nœud…

 

J’ai voulu m’installer sous le large porche arrière d’une église. Une femme de ménage très peu avenante m’a demandé, suspicieuse, ce que je faisais là. Je le lui ai expliqué, comme d’habitude, en lui suggérant de contacter le pasteur pour obtenir la fameuse permission. Ce qu’elle a fait à contrecœur. Mais elle n’a pas été capable de le rejoindre. J’ai attendu qu’elle réessaie. Le temps a passé. Le soleil s’est couché. L’obscurité s’est installée. Et l’heure est venue où elle devait s’en aller, son shift étant terminé. Mais elle n’avait pas encore réussi à parler au pasteur. Elle était donc confrontée à prendre elle-même la décision, ce qui était vraisemblablement très pénible pour elle (et tout ça pour un porche sans électricité – juste un toit).

 

Si elle me disait de sacrer mon camp, j’aurais été ben mal pris étant donné qu’il faisait noir, qu’il était tard, et que je ne connaissais pas du tout cette ville. Comme d’habitude maintenant, et très discrètement (dans ma tête), j’ai demandé à mon Ange gardien d’aplanir la difficulté.

 

La dame a finalement appelé son mari en renfort. Celui-ci est arrivé à la rescousse. Heureusement, l’homme était très sympathique. Il m’a écouté, il a agrandi les yeux au fur et à mesure que je racontais mon histoire, il a ri (me trouvant crazy), et il m’a donné sa bénédiction.

 

Ouf…

 

Merci encore une fois, Ange gardien !

 

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DU MERCREDI 13 JUIN AU VENDREDI 15 JUIN 2018

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LA CAPSULE ENCYCLOPÉDIQUE

DES MAUDITS VENTS

 

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Population de la Virginie : environ 8,5 millions

 

La carte ci-dessous représente la répartition de la population sur l’ensemble du territoire : ça part du rouge (très densément peuplé – les agglomérations urbaines, pour ainsi dire) au vert (plutôt dépeuplé), en passant par le jaune (moyen).

 

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La Virginie a été la toute première colonie anglaise de l’Amérique du Nord.

 

Le nom de Virginie a été donné en l’honneur de la « reine vierge », qui était nulle autre que la reine Elizabeth 1ère. Celle-ci était la fille du célèbre Henri VIII qui avait comme passe-temps préféré de décapiter ses femmes. C’est justement le sort qu’a subi la mère de cette jeune fille pas longtemps après lui avoir donné naissance.

 

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La « reine vierge » (Virginie), Elizabeth 1ère

 

Au début, il n’y avait qu’une seule Virginie (je parle ici de l’état, pas de la reine). Mais elle s’est déchirée en deux en 1863 à cause d’une totale mésentente de principe : au moment de la guerre de Sécession, l’est de l’état voulait se séparer de l’Union, contrairement à l’ouest qui souhaitait rester dedans. Ils ont réglé ça en divorçant. La partie orientale a gardé son nom de Virginie. Celle de l’ouest, pour faire original, a pris celui de Virginie-Occidentale.

 

Et en faisant ça – se séparer –, ils ont réagi comme beaucoup de couples font lorsqu’ils divorcent : ils sont entrés en guerre l’un contre l’autre et se sont entretués.

 

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En sortant de cet état, je suis sorti du même coup de l’ex-territoire confédéré. Je fais ici référence à la guerre civile (à la Guerre de Sécession) qui a fait rage aux États-Unis entre 1861 et 1865 et qui a opposé les Confédérés esclavagistes (au sud) et l’Union abolitionniste (au nord). Environ 620 000 morts, sur 31 millions d’habitants à l’époque – un genre de génocide.

 

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Le général Lee a justement signé la reddition de son armée (celle des Confédérés) devant le général Grant dans cet état de la Virginie, dans une petite ville qui s’appelle Appomattox, située à l’est de mon itinéraire.

 

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Il se trouve trois grosses agglomérations urbaines en Virginie :

 

- celle de Washington (autour du district de Columbia ;

- celui de Virginia Beach / Norfolk / Newport News ;

- et la ville de Richmond – celle-ci étant la capitale.

 

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Heureusement, je n’ai eu aucun détour à faire pour éviter ces trois endroits surpeuplés. Fidèle à mon programme initial, j’ai filé vers l’avant (direction nord-est à ma boussole), toujours dans les Appalaches, et toujours haut les cœurs ! Voir le tracé approximatif de mon itinéraire au milieu du relief de la Virginie sur la carte ci-dessous :

  

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À noter que la capitale des États-Unis, Washington, ne fait pas partie d’aucun état. Il s’agit d’un district à part, qui s’appelle Columbia et qui se gère tout seul. Il est inséré entre la Virginie et le Maryland, le long de la rivière Potomac.

 

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J’ai appris que le slogan touristique de la Virginie, étrangement, est « Virginia is for lovers » (La Virginie, c’est pour les amoureux).

 

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Heu… Ben coup donc… OK, pourquoi pas ?…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



10/09/2018
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