Les maudits vents

Les maudits vents

(12) 31 mai 2018 - En passant par Selma malgré tout

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 12 – En passant par Selma malgré tout

Jeudi soir, le 31 mai 2018

Plantersville (Alabama, USA), sur la galerie d’une maison vide (Broad Street)

 

Ce matin, à Camden, dans la semi-obscurité, j’étais en train de remballer mes affaires lorsque M Pearson est sorti sur la galerie avec une assiette contenant un petit-déjeuner complet et chaud. Je n’ai pas été surpris de le voir là si tôt : il m’avait avisé la veille qu’il se levait toujours en plein milieu de la nuit – vers 3h00 – afin d’étudier la Bible et de prier. Mais j’ai été ému qu’il se donne la peine de me préparer un petit-déj et d’assister à mon départ.

 

Et lorsqu’est arrivé le temps de partir, il m’a en plus fourni un lunch pour la journée et il a récité une prière à mon intention. J’ai quitté cet endroit à regret – comme toutes les fois où je fais de belles rencontres comme celle-là.

 

Bon, prochaine étape ?

 

Lorsque j’étais chez moi, au printemps, et que je feuilletais la documentation sur les états que j’allais traverser, j’avais déjà pensé de passer par la ville de Selma, une fois rendu en Alabama.

 

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Étant donné que cette municipalité se trouvait à peu près sur mon itinéraire éventuel, et comme elle est chargée d’histoire (voir ma capsule encyclopédique à la fin de cette chronique), je m’étais dit à ce moment-là que ce serait sans doute intéressant – et surtout émouvant – d’emprunter la Selma to Montgomery National Historic Trail et de me retrouver sur le pont mythique qui enjambe la rivière Alabama.

 

Mais les Pearson m’avaient avisé la veille que la route 80 BUS (la fameuse route historique) qui mène à ce pont était extrêmement achalandée côté trafic, et que ce serait très dangereux de m’y aventurer avec mon Pout-Pout. La ville elle-même était également et apparemment dangereuse, mais dans le sens de « violente », cette fois.

 

De sorte qu’ils m’avaient convaincu de modifier mon plan de route, et ce, même si mon itinéraire allait finalement passer par cette ville. Ainsi, au lieu de prendre la route historique et de marcher sur le légendaire pont, j’emprunterais – à regret (snif) – une sorte de voie de contournement. Dommage, hein ? En effet.

 

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Mais cela ne surviendrait que demain de toute façon, car Selma se trouvait trop loin de Camden pour y parvenir en une seule journée de marche.

 

Et je suis reparti en ayant juste une vague idée de ma destination du jour – quelque part avant Selma, en tout cas…

 

La tempête Alberto était certes quelque chose du passé, désormais, mais la canicule, elle, demeurait bien présente. Tabarnouche qu’y faisait chaud ! Et les DRR-DRR n’aidaient pas non plus à améliorer la situation. La moindre petite côte, en outre, me faisait perdre des litres de liquide corporel – et il n’était même pas encore 11h00, heure à laquelle, habituellement, le soleil commençait à me taper sur le coco sans pitié…

 

Et tout à coup, vers le milieu de la matinée, après seulement une vingtaine de kilomètres de marche, et pendant que je me désaltérais de mon 358e litre d’eau, bong ! un pick-up s’est arrêté juste à côté de moi. Et le conducteur s’est adressé à moi par la fenêtre ouverte avec un beau sourire :

 

— Hi ! Where are you going ? Do you want a ride ?

 

Hein ?!

 

Je n’ai pas tergiversé une seconde, et j’ai accepté. Depuis la semaine dernière, j’avais en effet pris une décision par rapport à cette éventuelle situation : je m’étais dit que je ne ferais jamais d’auto-stop, mais que je ne refuserais par contre jamais un lift si quelqu’un m’en offrait un à brûle-pourpoint, comme en ce moment.

 

Tout d’abord, cela me donnerait l’occasion d’entrer en contact avec la population locale (ce qui m’intéressait vivement, et ce qui me ferait également du bien étant donné que j’étais toujours seul). Ensuite, je m’étais dit que si cela survenait, ce serait forcément organisé par mon Ange gardien (hé oui, encore lui…), et conséquemment, qu’il y aurait une raison spécifique et pratique sous-jacente à cet événement ; une raison que je comprendrais éventuellement plus tard.

 

(Et effectivement, il y avait une très bonne raison de la sorte, cette fois-ci !)

 

Comme lors de ma balade avec Chris Whalen de la semaine précédente, celle-ci a également été extrêmement agréable. Mon bienfaiteur actuel s’appelait Robert Skilton.

 

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Il était ambulancier, et il demeurait à quelques kilomètres au nord de Selma. Il était en congé aujourd’hui. Je ne me souviens plus d’où il arrivait, ni pourquoi il se trouvait dans cette région, mais il s’en retournait chez lui. De sorte que…

 

De sorte que j’allais passer en plein dans la ville de Selma, finalement ! Ben oui ! Incroyable, non ?

 

Mais plus incroyable encore, c’est que sans que je ne lui demande absolument rien, car sa route passait naturellement par là, Robert a emprunté une partie de la Selma to Montgomery National Historic Trail.

 

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Au bout de laquelle nous sommes parvenus à l’entrée du fameux Edmund Pettus Bridge. Et nous avons roulé dessus !

 

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Et nous avons traversé la ville très lentement, du sud au nord, ce qui m’a permis de me rendre compte – très superficiellement, je sais, mais quand même – de l’état des lieux.

 

Je n’en revenais tout simplement pas.

 

Cette balade touristique que j’avais projeté de faire avant mon départ, mais que j’avais abandonnée la veille (à mon grand regret), eh bien voilà que les circonstances me permettaient de l’accomplir malgré tout en ce moment, et contre toute attente.

 

Et voilà le travail !

 

Robert m’a débarqué à l’entrée de la petite route où il demeurait. Avant de me quitter, et comme Chris l’autre jour, il voulait me donner un tas de trucs utiles, que j’ai refusés – sauf une mini lampe de poche qui remplacerait ma lampe frontale que j’avais oubliée à la maison et qui me serait bien pratique, le matin, au moment de ramasser mes affaires dans l’obscurité.

 

Nous avons finalement échangé nos adresses courriel, et j’ai repris ma route vers l’avant, ragaillardi par cette très belle rencontre impromptue.

 

Et haut les cœurs, toujours !

 

Mais ce « haut les cœurs » très enthousiaste n’a été que de très courte durée. Le soleil tapait fort maintenant juste au-dessus de ma tête, et je n’ai pas été long à recommencer à suffoquer.

 

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Dans la moiteur de cette atmosphère saturée d’humidité, j’essayais de penser à n’importe quoi de plaisant afin d’oublier la difficulté avec laquelle j’allais de l’avant. Mais j’avais du mal à me concentrer, disons. Et ma vitesse de marche s’en ressentait. Mais j’avançais quand même, c’était ça le principal.

 

J’ai finalement décidé de m’arrêter dans une petite agglomération du nom de Plantersville. M’enfin, « petite agglomération », faut s’entendre… En regardant ma carte routière, j’avais pressenti qu’il faudrait que je demeure sur mes gardes, comme d’habitude, pour ne pas passer tout droit sans m’en rendre compte lorsque j’y arriverais.

 

Et cela s’est déroulé comme je m’y attendais. Plantersville n’avait apparemment de village que le nom. Il s’y trouvait heureusement un petit food market sur un coin de rue. Je m’y suis arrêté pour me ravitailler.

 

Une fois à l’extérieur du bâtiment, et pendant que je rangeais mes achats dans mon Pout-Pout, un rassemblement de jeunes femmes blanches et noires s’est tout à coup formé autour de moi, sans trop comprendre d’où elles étaient sorties exactement. Elles étaient extrêmement curieuses de savoir ce que je faisais là au juste. Je leur ai raconté mon projet – ce n’était pas la première fois que les gens m’abordaient de la sorte. Ce qui les a impressionnées – et fait rire.

 

Je leur avais dit que j’aimais bien installer mon campement près des églises pour y passer la nuit. Elles m’ont appris qu’il y en avait justement une à moins d’un kilomètre, en empruntant une petite rue vers l’est. Une rue que je n’aurais pas osé prendre en temps normal, car elle semblait ne mener nulle part. Après les avoir remerciées, je me suis engagé dans cette artère, et je suis parvenu à l’église en question, mais pour me rendre compte, malheureusement, qu’il n’y avait là aucun shelter sous lequel je pouvais m’abriter.

 

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Sous le coup du découragement, je m’en suis pris aussitôt à mon Ange gardien. Réaction naturelle et ingrate que je conserverai pas mal tout le temps lorsque de petites déceptions comme celle-là surviendront de temps à autre.

 

Parlant de mon Ange gardien, je fais encore une courte parenthèse le concernant, OK ?

 

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J’aurais bien voulu confirmer que ma totale confiance en cette entité était une chose entendue à 100 % – et pour toujours – à la suite de l’événement magique que j’avais vécu la veille. Mais malheureusement, la nature de l’être humain étant ce qu’elle est – comme si c’était inscrit dans nos gènes –, on dirait que nous sommes sans cesse prompts à retomber dans nos vieilles habitudes dès le lendemain de nos bonnes résolutions. Et comme j’en suis un moi-même – un être humain –, eh ben, voilà…

 

Bref, pendant que j’avais marché dans l’étuve de cette chaleur accablante, aujourd’hui, la lassitude aidant, cette certitude que j’avais acquise hier, à savoir que tout irait toujours bien quoiqu’il advienne grâce à la présence indéfectible de mon Ange gardien à mes côtés, eh bien, au lieu que cette conviction demeure à 100 % présente dans mon esprit, comme hier, elle était maintenant descendue, mettons… à 90 %, genre...

 

Ce niveau de confiance se maintiendra d’ailleurs tel quel pendant tout le reste de mon voyage, et ce, malgré tous les petits et les gros miracles qui surviendront continuellement jour après jour – comme celui d’aujourd’hui par rapport à la ville de Selma, par exemple... Je conserverai en effet sans cesse un léger et pernicieux doute en arrière-plan de mon esprit, et qui se révélera très agaçant à la longue. N’est-ce pas malheureux – et décevant – quand on pense à la divine expérience que j’avais vécue la veille ?

 

Mais bon… Pour me déculpabiliser, je considère néanmoins que 90 % de confiance, c’est encore très bien dans les circonstances. C’est en tout cas pas mal mieux que tous les jours précédents, alors que je me croyais littéralement abandonné tout seul à mon triste sort.

 

Du moins, là, depuis ce matin, et fort de cette « présence » que je sens toujours en moi, je n’angoisse plus comme avant devant tous les moindres petits problèmes que j’ai à résoudre, tel l’endroit où installer mes pénates à la fin de la journée, par exemple.

 

Cela dit, je m’apprêtais maintenant à faire demi-tour en maugréant afin de chercher un autre coin où me réfugier – et en étant sûr, au fond que j’allais en trouver un –, lorsque j’ai aperçu une maison juste de l’autre côté de l’église.

 

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J’ai pensé que c’était peut-être le presbytère, et je me suis dit que le pasteur demeurait possiblement là ; et si oui – qui sait ? –, qu’il me donnerait éventuellement la permission de dormir dans l’église.

 

Mais ce n’était pas du tout un presbytère. Cette maison était même vide de tout occupant. La porte était verrouillée, et un coup d’œil par les fenêtres m’a eu tôt fait de me confirmer qu’elle était abandonnée, et ce, malgré le fait que l’extérieur était très bien entretenu. Cette demeure était en outre dotée d’une large galerie avec un toit.

 

Et j’ai aussitôt décidé que c’était là que je passerais la nuit : sur cette galerie. D’autant plus qu’il y avait une prise électrique fonctionnelle, et un robinet sur le mur de l’église, juste à côté. Un palace, quoi !

 

Comme d’habitude, j’ai attendu que quelqu’un vienne me voir afin de lui demander la permission de m’y installer pour de bon. Mais au crépuscule, personne ne s’était encore présenté. Et j’ai alors squatté la place sans plus de façons.

 

Entretemps, j’avais consigné mon carnet de bord et pris en note mes statistiques de marche. Mine de rien, cette balade de 46,5 km en pick-up m’avait fait gagner une journée complète de marche. J’avais moi-même marché exactement la même distance. De sorte que j’avais cumulé 93 km au total, aujourd’hui. Ma Domi, qui n’était pas au courant que j’avais bénéficié d’un lift, dira sur notre groupe Facebook familial que le médecin de l’hôpital de Poplarville m’avait sûrement greffé une jambe bionique en même temps qu’il m’avait soigné de mon infection, la semaine passée !

 

Et c’est sur ce que je me suis endormi, sur cette galerie, à l’écart des habitations, tout seul, comme toujours, mais serein, et satisfait encore une fois de la tournure des événements.

 

Je me réveillerai par contre très souvent au cours de la nuit…

 

J’avais pourtant remarqué qu’une track de chemin de fer passait à une cinquantaine de mètres en contrebas…

 

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Mais ce que j’ignorais, c’était que cette voie ferrée était très achalandée.

 

De sorte que lorsque le premier train passera, environ une heure après que je me serai endormi, j’aurai l’impression d’être couché directement sur les rails !

 

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Mazette ! Le bruit de ferraille que ça fera ! Ainsi que le sifflet du train qui se fera entendre sans discontinuer dans un rayon d’un kilomètre… Infernal !! La galerie entière sur laquelle j’étais étendu en shakera jusqu’au Mississippi.

 

Et le pire, c’est qu’il en passera environ 6 ou 7, des comme ça, tout au long de la nuit. Ce qui perturbera évidemment le repos dont j’avais tant besoin pour entreprendre ma journée du lendemain.

 

Et ce qui me fera réfléchir encore une fois au sujet des incompréhensibles agissements de mon Ange gardien… Pourquoi en effet me fera-t-il sans cesse subir ce genre de tracasseries parallèlement à l’aide qu’il m’apportera toujours de jour en jour ? Comme si c’était obligé pour lui d’alterner les bons et les mauvais coups à mon égard…

 

Ce qui revenait un peu à mon questionnement de la veille – avant ma fameuse prise de conscience. L’on se souviendra peut-être que je me posais alors la question suivante le concernant : pourquoi parsemait-il mon chemin d’expériences éprouvantes si c’était pour m’en sortir après coup ?

 

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Une bonne partie de ma marche solitaire au cours des semaines suivantes sera d’ailleurs consacrée à tenter de répondre à cette question existentielle.

 

Et à force d’y réfléchir, je parviendrai à une théorie pour l’expliquer logiquement. Même deux…

 

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JEUDI, 31 MAI 2018

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LA CAPSULE ENCYCLOPÉDIQUE

DES MAUDITS VENTS

 

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Population de Selma : environ 21 000 habitants.

 

Cette ville est située à environ 85 km à l’est de Montgomery, la capitale de l’état (par la route 80).

 

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La ville de Selma est remplie d’histoires sanglantes. Elle a tout d’abord été le lieu d’une grande bataille – l’une des dernières – de la Guerre de Sécession. Les Sudistes l’avaient perdue.

 

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Mais plus récemment (dans les années 1960), cette ville a été le théâtre de terribles affrontements lors de la guerre pour l’égalité raciale menée par Martin Luther King.

 

Celui-ci s’est tout d’abord rendu plusieurs fois dans cette ville afin d’y prêcher son message. Il l’a surtout fait dans une église particulière – la Brown Chapel African Methodist Episcopal Church – située sur une rue qui porte aujourd’hui son nom.

 

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Puis, en 1965, il a tenté d’organiser une marche pacifique, non violente, de Selma jusqu’à la capitale, Montgomery, afin de mettre de la pression sur le président Johnson pour qu’il adopte une loi sur le droit de vote des Noirs.

 

Il y a eu trois marches, en fait : deux tentatives avortées et une réussite.

 

1) Une première à laquelle le leader noir n’a pas participé et qui a tourné en véritable bain de sang avant même qu’elle ne débute. Les policiers ont matraqué tout ce qui était noir et qui bougeait. Autour d’eux, une foule de Blancs était agglutinée et hurlait aux policiers de taper encore plus fort et de tuer. Un véritable carnage. On a appelé cette journée le « Bloody Sunday » – le « Dimanche Sanglant » –, et avec raison.

 

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2) Une deuxième, où King a préféré faire demi-tour à la dernière minute afin d’éviter un autre carnage

 

3) Une troisième où l’événement a enfin eu lieu (sans violence), et qui a abouti au fameux projet de loi quelques mois plus tard.

 

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Cette route, longue de 87 km, et qui est un tronçon de la 80, est devenue un lieu historique officiellement reconnu : elle s’appelle la Selma to Montgomery National Historic Trail.  

 

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Le pont Edmund Pettus Bridge, qui enjambe la rivière Alabama à Selma, est devenu l’emblème de cette marche.

 

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C’est de là, en effet, que les trois départs des fameuses marches ont eu lieu. Et c’est également le lieu du Bloody Sunday perpétré par les policiers, ordonné par les autorités locales, et soutenu par le gouverneur de l’état, George Wallace, et par pratiquement toute la population blanche.

 

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Barack Obama est venu à Selma en 2015 pour commémorer le 50e anniversaire du Bloody Sunday. Je ne crois pas m’avancer en disant que la circulation sur le pont avait été interrompue pendant qu’il faisait son allocution…

 

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Bon, d’accord, c’est bien joli, mais qu’est-ce que cela a donné, finalement, tout ça, au bout du compte ? C’est-à-dire 50 ans plus tard ?

 

Eh bien, en bref, voilà… La ville de Selma compte aujourd’hui 79 % de Noirs (pauvres) et 18 % de Blancs (riches). Les enfants noirs vont dans des écoles publiques pratiquement 100 % noires, et les enfants blancs vont dans des écoles privées pratiquement 100 % blanches. La beauté ou la laideur des quartiers est tributaire de la couleur de la peau de ceux qui y habitent

 

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Selma – rue dans un quartier blanc

 

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Selma – rue dans un quartier noir

 

Le taux de chômage est catastrophique : environ 12 %, soit le double de la moyenne nationale.

 

Et comble de l’ironie, le nom du pont emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale dans le Sud – Edmund Pettus – est celui d’un officier supérieur de l’armée des Confédérés durant la guerre de Sécession (devenu sénateur) et qui a apparemment été un membre actif du Ku Klux Klan.

 

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Une pétition réclamant le changement du nom de ce pont circule sur le Web. Sans aucune suite jusqu’à présent.

 

Comme quoi…

 

Pour ceux qui s’intéresseraient à ces événements, un excellent film a été produit en 2015 relatant en détail ce pan de l’histoire des États-Unis : Selma, de la réalisatrice Ava DuVernay.

 

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09/08/2018
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