Les maudits vents

Les maudits vents

(09) 27 mai 2018 - Alberto me met sur le gros nerf

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 09 – Alberto me met sur le gros nerf

Dimanche soir, le 27 mai 2018

Waynesboro (Mississippi, USA), sous un “picnic shelter”, derrière la First United Methodist Church (Turner Street)

 

Une semaine vient tout juste de s’écouler depuis le début de cette marche à partir de la Nouvelle-Orléans. Dimanche passé, en effet, comme aujourd’hui, et à peu près à la même heure qu’en ce moment, j’étais à La Nouvelle-Orléans et « attaqué » par un homme qui croyait dur comme fer que je voulais kidnapper / ou violer / ou tuer sa fillette. Il me semble que ça fait une éternité de cela en tenant compte de toutes les mésaventures que j’ai vécues depuis cette soirée-là. Mais non : cela ne fait bel et bien qu’une seule et unique petite semaine de rien du tout. Bizarre, cette impression de la distorsion du temps…

 

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Dans ma dernière chronique, on se souvient que je m’étais endormi à Wiggins, sous la coupole d’une énorme antenne parabolique. C’était vendredi soir, le 25 mai, soit avant-hier. Vous me suivez ? Bref, je raconte maintenant ce qui s’est passé au cours des deux jours suivants – hier et aujourd’hui…

 

Samedi, 26 mai

 

Au petit matin, je me suis réveillé dans l’obscurité, comme d’habitude, et j’ai immédiatement éclairé ma jambe à l’aide de la lampe de poche de mon cell. À ma grande surprise, j’ai eu le bonheur de constater que l’enflure avait diminué de façon significative. C’était très apparent cette fois, et cela m’a encouragé comme c’est pas possible. Et c’est avec une nouvelle motivation que j’ai remballé mes affaires.

 

Il n’avait pas plu, cette nuit – ouf ! –, mais ma tente était quand même toute humectée de la rosée de la nuit. Je l’ai roulée et disposée dans mon Pout-Pout un peu tout croche afin qu’elle ait des chances de sécher durant la journée – et en sachant que c’était utopique de l’espérer. Non, décidément, concernant ce problème-là, il me faudrait dorénavant et absolument éviter le camping en plein air de façon à ne plus vivre ce (très) désagréable inconvénient (et c’est effectivement ce qui se produira, comme je l’ai déjà mentionné, et ce, jusqu’à la fin de mon périple).

 

Un coup d’œil sur ma carte routière m’a imposé mon itinéraire de la journée. La prochaine ville de moyenne importance située à l’est se nommait Lucedale, et elle ne se trouvait pas très loin de la frontière de l’Alabama.

 

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Mais elle se trouvait par contre à 57 km d’ici. Une méchante trotte ! Serais-je en mesure d’assumer une telle promenade aujourd’hui ? Je n’avais encore jamais marché cette distance-là, même lors de mon entrainement au Québec (le plus que j’avais fait, une fois, avait été 53 km) ; et encore moins dans la canicule étouffante. Mais fort de la diminution de l’enflure de ma jambe, j’ai décidé que j’allais au moins essayer d’y parvenir. Et je suis parti.

 

J’ai été heureux de constater qu’il n’y avait pas de DRR-DRR en sortant de la ville. Mais pas d’accotement non plus – rien n’est jamais parfait.

 

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Le trafic était au moins réduit à son minimum – ce n’était apparemment pas une route très achalandée. J’ai donc marché directement dans la rue, comme j’en avais pris maintenant l’habitude, et à contresens pour voir venir les véhicules vers moi, me rangeant légèrement sur le côté lorsque j’en rencontrais, leur envoyant la main pour les remercier de faire l’effort de me contourner (ce qu’ils faisaient volontiers pour la plupart), et marchant allègrement et d’un bon pas vers l’avant.

 

Je n’ai pratiquement rien à dire de négatif sur cette journée sauf de me plaindre de la canicule qui sévissait toujours et que je combattais en ingurgitant des litres et des litres de boissons gazeuses, de Poweraide et d’eau.

 

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Il y a eu quelques cellules orageuses autour de moi, mais jamais au-dessus de ma tête. De sorte que j’ai pu avancer sans trop craindre la pluie, cette fois. Et ma jambe a tenu le coup malgré l’effort que je lui ai imposé. Je n’ai même jamais eu mal une seule seconde. L’infection semblait bel et bien révolue.

 

En fait, du point de vue des conditions de marche et de ma performance, ça a été ma meilleure journée depuis le début de mon périple. Et je suis arrivé à destination vers 15h30, après neuf heures de marche et de quelques arrêts ici et là. Ce que j’ai considéré comme étant très satisfaisant.

 

À Lucedale, je suis entré dans un McDo, et j’ai fait une pause-lunch-Internet-recharge-de-mes-appareils-électronique-(cellulaire-tablette-et-laptop)-Skype-avec-ma-Domi, et je suis parti à la recherche d’un endroit où passer la nuit. J’en ai trouvé un rapidement : la First Baptist Church of Lucedale, qui offrait un magnifique porche dans une cour intérieure sous lequel j’allais être tranquille et en parfaite sécurité des intempéries jusqu’au lendemain.

 

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Par chance, le pasteur était là. J’ai cogné à une fenêtre – où je l’ai vu assis – afin d’attirer son attention, et nous avons jasé pendant une quinzaine de minutes. Il m’a finalement donné la permission de m’installer.

 

J’ai pu encore une fois faire sécher la toile de ma tente, et lorsqu’il a commencé à faire noir : ça a été zzzzzz très rapidement…. en tentant d’oublier cette fichue tempête Alberto qui s’en venait malheureusement toujours vers moi…

 

Amenez-en d’autres, des journées comme celle-là ! Mais avec moins de canicule, OK, peut-être ?...

 

Dimanche, 27 mai

 

Est-ce que j’en ai rêvé ? Je sais pas. Mais toujours est-il que ce matin-là, je n’avais plus qu’une pensée en tête : la tempête Alberto. Je commençais même à angoisser sérieusement. Mais ce n’était pas de ma faute : les nouvelles étaient vraiment alarmantes, et tous les gens à qui je demandais des renseignements, ici et là, en parlaient, et me mettaient en garde comme si je mettais littéralement ma vie en danger.

 

Internet annonçait hier qu’elle était sur le point de frapper le nord de la Floride – c’est pas loin d’ici, ça ! Ils se préparaient au pire, là-bas. Les populations étaient évacuées. Les états de l’Alabama et du Mississippi faisaient de même.

 

Qu’allais-je faire moi-même ? Il ne me restait que quelques jours (2 ou 3 maximum) pour trouver une solution. Des solutions, je n’en avais que deux, en fait : ou bien je me trouvais un abri solide pendant que la tempête ferait rage autour de moi ; ou bien je me louais un motel. D’une façon ou d’une autre, il faudrait qu’il s’en trouve un (un abri ou un motel) à l’endroit où je serais rendu à ce moment-là.

 

Et c’est avec cet état d’esprit que je me suis remis en route – avec ma jambe dont l’enflure était à peu près disparue maintenant – au moins ça de positif !

 

Dans des conditions ordinaires, je me serais dirigé directo vers la frontière de l’Alabama, à l’est, que j’aurais traversée dans le courant de la journée. Mais cette fichue tempête m’a contraint à modifier mes plans. Je me sentais en effet maintenant dans l’obligation de me diriger vers le nord. Pourquoi ? Pour fuir Alberto qui s’amenait vers moi par le sud.

 

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C’était ridicule, je sais. Comme s’il m’était possible de distancer une tempête tropicale rien qu’en marchant. Ou comme si le fait de parcourir quelques dizaines de kilomètres de plus vers le nord allait m’en épargner les effets. C’était parfaitement stupide, oui, mais je ne pouvais quand même pas m’empêcher de réagir de la sorte. Appelons ça l’instinct de survie, disons.

 

Et c’est ce que j’ai fait. J’ai pris la route 63 dans le but de me rendre dans la petite ville de Leakesville, au nord, ce qui représentait une courte promenade de 35 km à peine.

 

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C’était bien peu, et il me semblait que je perdrais du temps, mais je ne pouvais pas faire autrement, car la prochaine ville (le prochain « village », plutôt), après Leakesville, se trouvait, lui, à plus de 65 km, et je ne pouvais espérer me rendre là en une journée (quoique, au cours de mon périple, y’a certains jours où je ferai même plus que ça).

 

Et je me suis mis à marcher en tentant de m’enlever Alberto de la tête.

 

Une fois engagé sur la 63, une surprise de taille m’attendait. Heu… deux surprises, en fait.

 

La première était que malgré le fait qu’il s’agissait d’une autoroute – et qu’il s’y trouvait des DRR-DRR de merde, bien entendu –, il n’y avait toutefois aucun accotement ! Ou à peine. L’accotement ne mesurait en effet que quelques centimètres, et il était rempli de DRR-DRR. De sorte que j’allais encore une fois être obligé de marcher directement sur la route, mais dans le trafic d’une autoroute, cette fois ! Aïe !

 

La deuxième surprise, c’était… c’était qu’il n’y avait aucun trafic, justement ! Cette autoroute était en effet à peu près déserte…

 

Sur le coup, je me suis dit qu’il devait y avoir eu un accident en amont et que les autos avaient toutes été contraintes de stopper dans un embouteillage d’apocalypse. Mais l’affaire c’est que je ne voyais aucun véhicule de l’autre côté, dans le sens inverse, non plus.

 

Au bout d’une dizaine de minutes, force m’a été de constater que c’était comme ça, point : sur cette « autoroute », il ne passait qu’un ou deux véhicules à toutes les cinq minutes en moyenne, que ce soit d’un côté ou de l’autre. Je n’avais jamais vu ça de toute ma vie nulle part…

 

Ce qui, d’un autre côté, m’arrangeait parfaitement du fait que je pouvais marcher en plein milieu de la voie de droite si je le désirais, et sans aucun problème. Ce qui était évidemment génial !

 

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De cette façon, je suis arrivé à la sortie de Leakesville dans le temps de le dire, et ce, malgré la canicule d’enfer qui sévissait encore une fois.

 

Je me suis arrêté juste avant de prendre cette sortie, et je me suis imposé quelques minutes pour réfléchir. Je trouvais de nouveau extrêmement dommage de m’arrêter si tôt – il n’était que midi, environ. Je considérais toujours que c’était du temps (et des km) complètement perdu. D’autre part, j’aurais voulu mettre encore plus de distance entre moi et Alberto qui ne prenait aucun repos pour sa part, et qui s’en venait toujours vers moi avec ses gros sabots.

 

Et j’ai pris une décision.

 

Puisque j’avais encore du temps, et plutôt que de prendre cette sortie et de m’arrêter tout de suite à Leakesville, je me suis contraint à faire de l’auto-stop afin de me rendre jusqu’à Waynesboro, c’est-à-dire 68 km supplémentaires vers le nord à partir d’ici.

 

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Ce serait la première fois – et la dernière, je me le suis promis – que je m’abaisserais à faire du stop. J’en étais même un peu humilié, mais c’était la faute de cet enfoiré d’Alberto qui me foutait la trouille et qui m’obligeait à me déshonorer de la sorte.

 

D’un autre côté, j’étais certain que je perdrais mon temps, de toute façon : l’autoroute étant ce qu’elle était, avec son seul et unique véhicule passant à toutes les cinq minutes en moyenne, et en tenant compte du fait que seul un pick up pouvait m’embarquer, moi et mon Pout-Pout, cela me paraissait évident que cette façon de voyager ne fonctionnerait pas.

 

Étant donné que le soleil me frappait très fort sur le caillou et que je fondais littéralement sur place, je ne me suis donné qu’une seule demi-heure à rester planté là, le pouce en l’air. Si rien ne se passait à l’intérieur de cette limite de temps, je laisserais tomber et j’entrerais à Leakesville pour y passer le reste de la journée et de la nuit, voilà tout.

 

Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraitre (un autre miracle ?), le premier véhicule qui s’est présenté à moi au bout de cinq minutes d’attente était un pick up. Et le pick up en question s’est arrêté !

 

Bong !

 

Le jeune homme – j’apprendrai qu’il s’appelait Chris Whalen – m’a demandé où j’allais. Je lui ai répondu que j’aimerais idéalement me rendre à Waynesboro. Il n’allait pas du tout à cet endroit pour sa part. En fait, il prenait la sortie de Leakesville lui aussi, comme moi, où il avait une commission à faire avant de retourner chez lui, vers le sud. Mais qu’à cela ne tienne, il m’a quand même offert de me conduire jusqu’à Waynesboro ! Et avec un beau sourire chaleureux, à part ça ! Et en insistant !

 

Tabarnouche !

 

Ça a été une superbe de belle balade. Chris était enthousiasmé par mon projet de marche. Il m’a posé un tas de questions. Il m’a appris qu’il était programmeur, mais qu’il venait de perdre son emploi. Il en cherchait un autre, mais il était optimiste d’en retrouver un éventuellement. Il m’a également parlé de lui et de sa famille. Il m’a en outre appris qu’il était un chasseur et un pêcheur invétéré. Il revenait justement d’un voyage de chasse et de pêche en Géorgie. Tout son équipement de camping était entassé sur le siège arrière. Pendant qu’il conduisait et qu’il parlait, il pitonnait son cellulaire pour me montrer des photos. Mais plutôt que d’être nerveux par sa façon (un brin dangereuse) de conduire, je riais sans arrêt.

 

Bref, une fois rendus à destination, nous étions déjà devenus deux vieux potes. Il voulait me donner un tas de trucs de camping, que j’ai eu du mal à refuser étant donné qu’il me les mettait de force dans les mains. Nous avons finalement pris des selfis, et nous avons échangé nos adresses mail avant de nous séparer – à regret.

 

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Et il est parti. Snif… (mais depuis lors, il est devenu mon ami Facebook).

 

Pas tout à fait l’image du cliché typique des gens du sud des États, ça, hein ? Comme quoi, faut jamais se fier à ce qui est colporté dans les stéréotypes populaires.

 

Chris m’avait déposé devant un McDo. Après son départ, je m’y suis tout de suite engouffré. Comme il était relativement tôt, j’ai pu m’y attarder pendant une petite heure : cheeseburgers à gogo, boissons gazeuses jusqu’à plus soif, Internet, lecture de mes messages et tout le tralala que me permettait Ronald dans son restaurant.

 

Je me suis aussi cherché une place pour coucher à l’aide de Google Street View. Et j’ai découvert un « picnic shelter » derrière une église (la First United Methodist Church), à quelques minutes de marche, et qui allait apparemment très bien faire l’affaire.

 

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Je m’y suis rendu. Et une fois sur place, j’ai (encore une fois) été extrêmement chanceux. Une auto est arrivée. C’était un responsable de l’église qui avait affaire dans le bâtiment. Il n’était de passage que pour cinq minutes, et je l’ai attrapé au vol juste à ce moment-là. Je lui ai demandé l’autorisation de m’installer sous l’abri en question en lui expliquant ma situation. Il me l’a immédiatement accordée.

 

Et voilà le travail.

 

J’en suis là en ce moment : j’ai un toit sur la tête pour la nuit (et avec la permission du proprio, qui plus est), et je me suis (un peu) éloigné d’Alberto. Je sais bien, au fond, que je me fais des illusions par rapport à cette tempête. Une soixantaine de km plus au nord ne changeront absolument rien à ma situation lorsqu’elle se mettra à monter dans le Mississippi. Mais, je sais pas : j’ai quand même l’intuition d’avoir fait la bonne affaire.

 

Demain, par contre, peu importe le comportement de cette maudite tempête, pas question de remonter davantage vers le nord, car dans ce cas, je commencerais à faire un sérieux détour par rapport à mon itinéraire de base.

 

Je m’en irai donc plutôt directo vers l’est, c’est-à-dire vers une autre étape significative de mon périple : l’état de l’Alabama (voir la capsule encyclopédique ci-dessous), dont la frontière n’est qu’à 23 km de marche.

 

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Ça commence enfin à paraitre que j’avance, non ?

 

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Et j’ai vraiment hâte que les problèmes cessent. Il me semble que j’en ai eu suffisamment mon lot depuis mon départ, non ? Et j'aimerais bien, maintenant, commencer à marcher de la façon dont je l’envisageais avant de partir : c’est-à-dire tranquille, zen, tout en réfléchissant du matin au soir au sens de la vie, genre…

 

Après le passage cette fichue tempête, peut-être ? On va l’espérer, en tout cas.

 

PS) Avant de terminer, juste dire quelques mots sur les « picnic shelters », car il en sera souvent question dans mes futures chroniques.

 

La traduction française du mot « shelter » est « abri » ou « refuge ». Un « picnic shelter » est donc un « abri pour tables de pique-nique ».

 

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Exemple typique d’un (beau) picnic shelter

 

Dans le sud des États-Unis, en plus des parcs publics, on en voit très souvent autour des églises. Car celles-ci, contrairement à ici, sont la plupart du temps, des lieux de rassemblement pour les fidèles qui y font des BBQ et qui y tiennent des « Bible schools ». Ce sont des endroits très conviviaux. J’aurai l’occasion d’en reparler, car je les ai connus de près.

 

Pour le moment, je veux seulement mentionner que j’ai pris très tôt l’habitude de chercher ces picnic shelters afin d’y passer la nuit. J’en ai connu de toutes les sortes : du simple abri rudimentaire sans électricité et sans tables de pique-nique, aux plus sophistiqués avec tables et électricité (et lumières) – et même salles de bain.

 

Ils m’ont évité bien des désagréments, en tout cas. Entre autres choses, ils m’ont épargné les rosées nocturnes, surtout ; et ils m’ont protégé contre quelques orages et pluies diluviennes qui s’abattaient durant la nuit. Et je m’y suis toujours senti en sécurité et tranquille.

 

Je les recommande d’ailleurs à tous celles et ceux qui font du camping sauvage, mais qui recherchent néanmoins un certain confort – camping sauvage 3 étoiles, genre, hi-hi…

 

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SAMEDI ET DIMANCHE, 26 ET 27 MAI 2018

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LA CAPSULE ENCYCLOPÉDIQUE

DES MAUDITS VENTS

 

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Lorsque j’entends le mot « Alabama », y’a deux choses qui me viennent tout de suite en tête :

 

1) Cette chanson-ci. Elle deviendra d’ailleurs un ver d’oreille pendant quelques jours…

 

2) Forrest Gump. Il habitait en effet dans cet état. Mais j’ai appris avec une certaine déception que la ville où il demeurait – Greenbow –, n’existe pas. C’est une fiction. Dommage, car cette fois-ci, j’aurais peut-être fait l’effort de faire le détour, juste pour voir Tom Hanks.

 

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Forrest Gump

 

Population de l’Alabama : environ 4,9 millions d’habitants

 

La carte ci-dessous représente la répartition de la population sur l’ensemble du territoire : ça part du rouge (très densément peuplé – les agglomérations urbaines, pour ainsi dire) au vert (plutôt dépeuplé), en passant par le jaune (moyen).

 

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La capitale de l’Alabama est Montgomery (206 000 habitants). Sa plus grande agglomération urbaine est Birmingham (1,3 million d’habitants) – une ville qui se trouve apparemment dans le top dix des villes les plus violentes des USA.

 

Comme je n’ai aucun intérêt personnel pour voir ni l’une ni l’autre pour le moment, je vais donc m’arranger pour me faufiler discrètement entre les deux.

 

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Le nom de cet état – Alabama – est issu d’une tribu d’indiens Creeks qui portaient ce nom-là, là-bas, jadis.

 

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La carte ci-dessous donne un aperçu du relief de l’Alabama. Les Appalaches commencent dans cet état, mais en pente douce. C’est là que le fun – les côtes – va commencer. Mais tout doucement, on s’entend.

 

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Tout bien considéré, je ne sais pas quoi penser par rapport à cet état que je m’apprête à traverser et qui a été l’un des chefs de file de la ségrégation raciale des états du Sud – à la manière de l’Apartheid – jusqu’à ce que le gouvernement central y mette fin en 1965.

 

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C’est là que Martin Luther King a fait une marche célèbre – en 65, justement –, de Selma à Montgomery pour obliger le gouvernement à donner le droit de vote aux Noirs.

 

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Martin Luther King

 

J’y reviendrai, car je me propose peut-être de passer justement dans cette ville-là – Selma.

 

L’Alabama est également un autre fief républicain qui a contribué à l’élection de Trump l’an dernier (62 % des voix).

 

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C’est également l’un des états les plus pauvres des USA ainsi qu’un des moins scolarisés (surtout au sein des populations noires).

 

Et pour terminer, c’est l’état qui s’est déclaré le plus religieux de toute l’Amérique (avec la Louisiane), lors d’un sondage Gallup effectué en 2011…

 

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Des églises, ici, il y en a partout, et à toutes les sauces.

 

Bref, j’entre dans une sorte de cauchemar ou quoi ?

 

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Ben non, c’est une blague, bien sûr. Par expérience, je sais maintenant que sud / nord / est / ouest / centre / au-dessus / en dessous, bref… où que vous vous trouviez dans le monde, vous y rencontrerez partout, et tour à tour, des gens de cœur, des crétins et toute la panoplie de ceux qui gravitent entre les deux. C’est une norme.

 

Pour ma part, dans ce sud aux préjugés si tenaces, j’ai eu la chance de faire de très belles rencontres avec des gens extraordinaires qui ne cadrent absolument pas avec le profil qu’on s’attendrait à croiser par ici – Kim et Chris, par exemple.

 

Et je sais que ce n’est pas terminé ! (et ça ne le sera pas, effectivement)

 

 

 

 



31/07/2018
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