Les maudits vents

Les maudits vents

Le Septième continent de plastique

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Décidément, le hasard me suit à la trace…

 

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de ce sujet-là : du hasard, des coïncidences, des synchronicités… Mais je vais garder ça pour une autre chronique de ma catégorie « réflexions », éventuellement, ok ? Restez à l’écoute.

 

Pour le moment, juste vous dire que j’étais en train d’écrire mon texte précédent sur l’Hommerie, celui intitulée Le spectacle affligeant des bas-côtés de routes… J’écrivais comment j’étais désespéré de voir toute cette pollution sur les routes, et d’être sans cesse confronté au comportement scandaleux de l’être humain qui prend la Terre pour une poubelle à ciel ouvert… Et en écrivant ça, bong ! j'entends une manchette au bulletin de nouvelles de la radio qui portait justement sur la pollution. Pas la pollution des bords de routes, non. Mais quand même. Curieux, non ?

 

L’animateur parlait de la pollution que l’on retrouve dans la mer.

 

Saviez-vous ça, vous autres, qu’on avait découvert un septième continent sur la planète ? Il a été baptisé le Septième continent de plastique. Un nom glorieux, hein ? Mais attendez, il porte un nom encore plus évocateur : le Great Pacific Garbage Patch (la Grande Poubelle du Pacifique). Misère, si les extra-terrestres me lisaient, quelle honte ce serait pour nous, Terriens ! Ce continent se trouve dans le nord de l’océan Pacifique. Il est gros comme le tiers des États-Unis – six fois la France

 

En fait, entendons-nous : il ne s’agit pas d’un véritable continent sur lequel on peut marcher – c’est une image, bien sûr. Il s’agit plutôt d’une « soupe de plastique » – beurk – constituée de contenants de plastiques non-dégradés (du genre bouteilles, barils, contenants en tous genres), mais surtout d’une multitude de petits fragments qui flottent à la surface de l’eau ou à moins de trente mètres de profondeur. La masse de plastique dans cette soupe-là est six fois plus élevée que celle du plancton, pour un poids minimum de plusieurs milliers de tonnes.

 

On croirait rêver, n’est-ce pas ?

 

Mais ce n’est pas tout.

 

Il n’y a pas qu’un seul de ces continents de plastique sur la Terre. Il y en a plusieurs, dont cinq qui sont des big monsters : le premier est celui dont je viens de parler, dans le Pacifique Nord ; les autres sont dans le Pacifique Sud, dans l’Atlantique Nord et Sud, et dans l’Océan Indien.

 

Ils se forment à cause de courants qui entraînent tous les détritus marins de la planète dans une sorte de spirale – appelée gyre océanique – dans laquelle ils se désagrègent lentement et d’où ils ne sortent jamais.

 

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Une foule de scientifiques étudient ce problème en ce moment, car il semble qu’il est en train, ni plus ni moins, que de détruire toute l’écologie marine de ces endroits-là – et je vous rappelle qu’on parle de superficies qui sont grandes comme des pays.

 

* * * * *

 

Pff…

 

Comment a-t-on pu en arriver là ?

 

Est-ce que j’ai encore besoin de répondre à cette question-là ?

 

Il paraît que les contenants de plastique qui aboutissent dans le centre des océans proviennent de deux sources :

 

- Les déchets de navires (20 %)

 

- Les déchets des terres qui sont emportés par les vents et par les rivières (80 %). Exemple : quelqu’un garroche une bouteille en plastique dans un ruisseau près de chez lui ; le courant entraîne alors celle-ci tout au long du ruisseau, de la rivière, du fleuve, et elle se jette dans la mer où elle est finalement entraînée vers le Septième continent de plastique.

 

Je sais, je sais… Une grande partie de cette pollution provient des pays dits du Tiers-Monde qui ne font pas dans la dentelle quand ils se débarrassent de leurs garbages. J’ai été personnellement témoin de la chose en Inde, et je vous jure que les cours d’eau en prennent pour leur rhume dans ces endroits-là. En fait, je ne saucerais même pas mon petit orteil dans un de ceux-ci de crainte qu’il se désagrège comme dans un bain d’acide.

 

Je ne veux pas juger ces gens, par contre. Je ne sais pas ce que je ferais moi-même par rapport aux problèmes de l’environnement si ma première priorité était ma survie quotidienne. Par contre, je me sens tout à fait à l’aise de juger nos comportements à nous, Occidentaux nantis et privilégiés par la vie.

 

Mais avant de faire ma véritable montée de lait, juste préciser que les déchets de plastique qui proviennent de la terre ferme sont à peu près les mêmes que ceux que j’ai énumérés dans mon article précédent : ce sont des détritus garrochés ici et là par nos concitoyens qui n’ont rien à foutre ni de rien ni de personne.

 

Il y en a quelques-uns (des déchets, pas des concitoyens – malheureusement) qui sont poussés vers les cours d’eau par les vents et les pluies. Et le reste – la majorité – sont des déchets qui sont carrément laissés sur les berges (si ce n’est directement dans l'eau) par des humanoïdes égocentriques et fiers de l’être – en chair et en os.

 

Je vous fais ici la même invitation que je vous ai faite à propos des bords de routes, ok ? Allez vous promener sur les berges d’un cours d’eau le moindrement accessible, n’importe lequel : ruisseau, rivière, lac, fleuve, bord de la mer. Et jetez un coup d’œil sur les rives. Je suis certain – j’en mettrais ma tête à couper – que vous ne ferez que quelques pas avant de trouver vos premiers détritus. C’est sûr que oui. C’est obligatoire. Si vous n’en trouvez pas, c’est qu’une association de bénévoles a fait sa tournée quelques minutes avant vous afin de ramasser les cochonneries des sans-génies.

 

Personnellement, je n'ai fait que quelques mètres sur le bord du lagon de la Nouvelle-Calédonie – on parle ici d'un endroit idyllique, patrimoine mondial de l'Unesco, et tout – avant de voir l'emballage d'un Big Mac à quelques centimètres de l'eau. Alors, imaginez partout ailleurs.

 

C’est plate à dire, mais il y a plein de gens – dans tous les pays occidentaux – qui profitent de la nature en se promenant dedans tout en y garrochant leurs saletés de poubelles personnelles. Ils boivent une bouteille d’eau (en plastique), et hop ! dans l’eau la bouteille. Ils mangent un petit lunch, et hop ! dans l’herbe et dans l’eau les contenants et les sacs Ziploc. Ils font un petit party la nuit sur une plage, et hop ! par-dessus leurs épaules les cannettes et les bouteilles de bière.

 

https://static.blog4ever.com/2016/03/816195/D--chets-01.jpg  https://static.blog4ever.com/2016/03/816195/D--chets-02.jpg  https://static.blog4ever.com/2016/03/816195/D--chets-03.jpg

 

Parmi eux – et beaucoup plus souvent qu’on l’imagine –, nous retrouvons des vacanciers, des randonneurs, des pêcheurs et des chasseurs. Vous aurez remarqué, j’espère, qu’il s’agit là de gens qui, en principe, devraient être des amoureux de la nature…

 

Je viens de lire sur Internet qu’une association – elle s’appelle le Grand nettoyage des rivages canadiens – a sorti en 2011 la liste des rivages qui sont les moins et les plus souillés du pays. Je ne sais pas si ça s’est arrangé depuis cette année-là, mais la palme du rivage le plus souillé du Québec à cette époque était la Rivière de l’Orme, à Pierrefonds, avec 750 kilos de détritus par kilomètre ! C’est cool, hein ? Le rivage le plus souillé du Canada était celui du Milhaven Creek, à Sydenham (Ont), avec 5000 kilos de détritus par kilomètre !!

 

Il y a pleins d’activités qui sont organisés partout dans nos pays occidentaux afin de nettoyer les berges des cours d’eau. Ce sont évidemment des bénévoles qui y participent – dont des enfants. Et c’est tout à l’honneur de ces gens.

 

Pourtant, la chose révoltante derrière ces heureuses initiatives, c’est qu’il doit – justement – y avoir des activités de nettoyage. N’est-ce pas aberrant ? Des gens sont obligés de se concerter et de perdre leur temps à ramasser les cochonneries que d’autres gens – on parle d’adultes – ont garroché ici et là avec un scandaleux je-m’en-foutisme.

 

Regardez la photo ci-dessous.

 

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Elle représente des jeunes qui ont ramassé les détritus laissés par des vacanciers sur une plage populaire de l’Australie (Bondi Beach). On n’est pas au Tiers-Monde à cet endroit. On est dans un pays occidental, exactement comme ici. Et cette photo est à l’image de ce qui se passe partout sur la planète – même ici, tout près de chez vous, n'en doutez pas une seconde.

 

N’est-ce pas honteux ? Mais ce qui est décourageant à l’extrême limite de la désillusion, c’est de savoir que les gens qui sont responsables de cette situation ne le sont nullement – honteux –, eux. En fait ils s’en foutent complètement.

 

Qu’est-ce qu'on pourrait faire pour les ramener à une simple conscience de base – celle que l'on tente d'inculquer aux enfants en bas-âge ? Les spécialistes en sont venus à la conclusion que la solution réside dans la "sensibilisation" et "l'éducation" des populations. Incroyable, mais vrai : il faut vraisemblablement expliquer à des adultes que ce comportement n'est pas acceptable écologiquement et socialement. Comme on le ferait, justement, pour des enfants de cinq ans ! 

 

Personnellement, je n'y crois pas : ces adultes-là savent très bien ce qu'ils font, mais ils s'en fichent comme de leur première chemise (qu'ils ont probablement dû jeter dans un bosquet, un jour). Tant que les détritus ne traînent pas sur leur pelouse, ils n'en ont carrément rien à cirer. Ils écouteront donc ce que vous avez à dire en étouffant un bâillement d'ennui.

 

Pour ma part, je ne vois qu’une seule solution. Mais je vous avertis tout de suite, c'est une solution à la Trump. Elle porte le nom de coercition. Alors, voilà : on leur greffe une puce électronique intelligente très creux dans le cortex, et chaque fois qu’ils jettent une bouteille par terre (plutôt que dans une poubelle), la puce leur envoie une décharge électrique dans le corps.

 

Yvan Yvan

 

PS) En terminant, et encore dans le but de vous prouver que je n’exagère aucunement, allez lire ceci ; c’est pas long. Et ce n'est qu'un seul microscopique exemple parmi des milliers d'autres.



05/04/2017
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