Les maudits vents

Les maudits vents

(03) 16 juillet 2018 - De retour... et en commençant par la fin

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 03 – De retour… et en commençant par la fin

Lundi AM, le 16 juillet 2018

Trois-Rivières (Mauricie, Qc)

 

Bon, me voilà de retour !

 

J’ai franchi la frontière canadienne, au sud d’Hemmingford avant-hier, c’est-à-dire samedi, le 14 juillet (c’était la fête des Français), à 14h01. De là, les miens sont venus nous récupérer, mon Pout-Pout et moi, pour nous épargner le reste du trajet à pied jusqu’à Montréal. Et me revoilà aujourd’hui chez moi, tranquille, peinard, après deux mois ininterrompus de cavale.

 

Je m’excuse tout de suite d’avoir annoncé mon départ pour La Nouvelle-Orléans avec grands fracas sur mon blog, en mai dernier, en mentionnant que j’allais écrire les péripéties de ma longue marche solitaire presque au jour le jour – mon intention était pourtant celle-là, je vous jure –, et puis d’avoir laissé choir mes chroniques avant même de les commencer... J’en suis très confus, soyez-en assurés.

 

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Mais dès la première journée, la réalité brute de cette aventure a rattrapé le citadin intellectuel et naïf que j’étais encore à ce moment-là. Pis pas à peu près !

 

Comment dire ?

 

Rien n’a fonctionné comme c’était prévu… Et quand je dis rien, c’est rien. Il faut prendre ce mot à la lettre.

 

Sauf de marcher, bien sûr. Mais même ça, ça ne s’est pas passé comme prévu : mais au moins, cet aspect-là – la marche – s’est mieux déroulé que je l’avais espéré. J’avais en effet prévu de marcher genre 30 km quotidiennement, avec un jour de repos par semaine. Dans les faits, j’ai marché avec une moyenne de 50 km par jour sans aucun jour de repos (m’enfin, sauf un seul, parce que j’y ai été obligé).

 

Je diviserais cette expérience en trois « niveaux » :

 

 

1er NIVEAU : PHYSIQUE

 

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Et là, j’espère que tous les vrais aventuriers de cette Terre – Frédéric Dion, par exemple, Jean Béliveau, Mélanie Carrier, René Ouellet, etc., etc., etc. – ne me liront jamais, car ils se moqueront allègrement de mes petites misères – qui sont de la gnognote à comparer aux leurs. Et j’en serai malade de honte…

 

Cela dit…

 

Ça a été une épreuve physique extrêmement difficile. En termes de durée, je veux dire. J’ai déjà traversé des épreuves aussi difficiles que celle-là, on s’entend – lorsque j’étais dans l’armée, notamment –, mais pratiquement jamais sur une période de temps aussi longue et aussi soutenue.

 

Dans l’épreuve en question il faut inclure :

 

La marche non-stop, évidemment…

 

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J’ai marché tous les jours (sauf un), dont la moitié du trajet en haut de 50 km par jour. Mon record pour une journée étant de 70 km.

 

Les ampoules et les écorchures aux pieds…

 

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Je me croyais pourtant immunisé contre les bobos aux pieds étant donné les 1700 km que je m’étais tapés en entrainement avant de partir. Et je me croyais également immunisé contre les ongles d’orteils qui décollent, car il ne m’en restait pratiquement plus. En fait, mes pieds ne se sont jamais habitués à l’effort dont je les ai soumis quotidiennement. J’ai encore des plaies partout, aujourd’hui, qui tardent à disparaitre…

 

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La chaleur…

 

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Mazette. Je m’en attendais, pourtant. Mais quand même : une fois plongé dedans, c’est là que j’en ai pris la pleine mesure : caniculaire, étouffante par moments. Heureusement, plus j’ai monté vers le nord, et plus ça a eu tendance à se calmer un peu le pompon – mais pas tout le temps, et loin s’en faut. 75 % de mon budget a passé en liquide : toutes les sortes de liquides – sauf l’alcool, bien sûr. Je crois que durant ces deux derniers mois, j’ai ingurgité dix fois plus de boissons gazeuses que je ne l’ai fait pendant toute ma vie précédente – et toutes mes vies antérieures réunies !

 

Les montagnes…

 

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Ça a commencé par quelques côtes abruptes, même à partir du Mississippi. Puis ça s’est intensifié peu à peu, graduellement, de plus en plus souvent. Pour devenir quasi permanent, surtout à partir de la Virginie occidentale, et ce, jusqu’à ce que j’entre dans la vallée de la rivière Hudson, dans l’état de New York – et que je remette ça dans les Adirondacks. J’ai monté et descendu plusieurs cols à 8-9 % et sur des longueurs de plus de 8 km. Bref, ça a été un sport terrible que de pousser mon Pout-Pout à bout de bras, à pas de tortue, sous le soleil et dans la canicule, dégoulinant de partout, essorant mon tee-shirt de temps en temps pour m’alléger, et boire, et boire…

 

Le manque de confort et d’hygiène…

 

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Pas facile de dormir sur la dure tous les soirs, de se brosser les dents comme on peut, de se laver sommairement – de se rafraichir, plutôt – à la débarbouillette en plein air, de porter nos vieux vêtements sales de jour en jour, de sentir constamment le macaroni au fromage passé date… Bref, de vivre quotidiennement en considérant que de prendre une douche de temps en temps est le summum du luxe 5 étoiles. Lorsque cela arrivait – de prendre une douche –, j’en pleurais…

 

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La recherche constante de nourriture et de liquides…

 

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Il a fallu que je m’ajuste, et c’est peu dire. De la nourriture et du liquide, eh bien y’en avait pas à tous les coins de rue. Dans les villes, c’était OK, bien sûr. Mais dans les campagnes profondes, fallait rester constamment vigilant – et prévoyant. Ce sont surtout les stations-service qui sont devenues mes pourvoyeurs. Pis dans les stations-service, ben on trouve surtout de la cochonnerie : des sandwichs (chauds ou froids), des sacs de noix mélangées, des boissons gazeuses et quelques fruits (si on est chanceux)… Je me suis donc nourri à peu près juste de ça pendant tout mon trajet. Et j’ai bu des litres et des litres de Pepsi, de Sprite et de Fanta. J’étais déjà maigre. Je le suis devenu davantage… En fait, j’ai perdu une quinzaine de livres depuis mon départ. J’espère de me remplumer avant de me retrouver devant vous. Sinon, vous risquez de vous enfuir à toutes jambes en me voyant… Vous avez vu des photos de survivants des camps de concentration après la guerre ?

 

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À propos de ça – de la nourriture –, avant de partir, et voulant bien faire les choses, je m’étais payé une rencontre professionnelle avec une nutritionniste sportive, histoire de savoir comment me nourrir adéquatement pendant cette marche pour ne pas dépérir. Elle m’avait monté un programme de nutrition neck plus ultra : quoi manger au petit-déjeuner, à la pause AM, au diner, à la pause PM, au souper, et à la collation du soir : le nombre de protéines, de glucides et de lipides que je devais prendre à chaque repas. J’avais apporté la feuille avec moi, rempli de bonnes intentions pour la suivre à la lettre. Miséricorde… Ça a été peine perdue dès le départ. Un programme de ce genre, c’est conçu pour les compétitions sportives de courte durée, pour les treks organisés et pour les projets d’aventures sponsorisés. Mais ce n’est pas du tout adapté à ce que j’ai fait, moi. Pour ma part, au final, j’ai mangé ce que je trouvais, et au moment où je le trouvais. Point barre. Et je ne crois pas avoir absorbé la moitié de ce que la jeune fille m’avait ordonné de prendre.

 

Au début, je craignais de tomber d’inanition. Puis, voyant que j’avançais quand même sans trop de mal, et me rappelant que Jean Béliveau, – qui a marché 11 ans de la sorte – se nourrissait comme il le pouvait lui aussi, et dans des pays sous-développés qui plus est, eh bien, j’ai peu à peu cessé de m’en faire avec ça – tout en restant quand même vigilant.

 

Et j’en suis revenu vivant moi aussi, comme Jean Béliveau et tous les autres. Amaigri (très), certes, mais toujours bien vivant, oui, et encore bien portant. Du moins, je crois. Ma visite annuelle chez mon médecin me le confirmera.

 

 

2e NIVEAU : MORAL

 

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Aussi difficile que le niveau physique, celui-là. Ils étaient reliés, en fait, par plusieurs aspects. Ce qui s’est soldé pendant plusieurs jours en toutes sortes d’angoisses chroniques.

 

L’angoisse la plus difficile à sublimer a été la « solitude ». On peut même la considérer à part des autres.

 

Quelques semaines avant de partir, j‘avais à peu près compris que je serais seul, et que je ne devrais compter que sur moi-même. Ce qui m’avait foutu les jetons bien avant mon départ.

 

Mais j’en ai pris la pleine et totale mesure le matin où je me suis mis en marche à New Orléans. Une fois dans l’aéroport et prêt à partir, c’est là que j’ai réalisé pour vrai que j’étais loin de ma mère en titi, et que j’étais seul de chez seul : personne pour m’aider éventuellement ; personne pour m’encourager ; personne pour se pencher sur mon sort…

 

Dorénavant, ce serait « marche ou crève ». Ça parait exagéré, dit comme ça, ici, je sais. Mais là-bas, c’était vraiment comme ça que je me sentais ce matin-là : totalement seul, isolé, oui, exactement. Et comprenant tout à coup que mon fameux « bah, si ça ne fonctionne pas, je reviendrai en bus, c’est tout », eh ben, que c’était de la frime. Concrètement, ce n’est pas tout à fait comme ça que ça se passe : une fois pris dans un village paumé du sud des États-Unis, des autobus, ben y’en a pas. Pis tu te sens pogné en ta.

 

Heureusement que j’ai eu pas mal souvent accès à Internet (merci à Ronald Macdonald !), et que j’ai pu prendre les messages qu’on m’envoyait de temps en temps. Mais surtout – surtout ! – une chance que j’ai pu Skyper avec ma bien-aimée chaque fois que c’était possible. Ces échanges-là ont été ma chose la plus précieuse pour éviter le découragement. En passant, merci à toi, ma très chère Domi : merci pour ton amoureuse présence, pour ton support indéfectible et pour tes encouragements constants.

 

D’autre part, j’ai eu de constantes et languissantes inquiétudes pour un nombre incommensurable de trucs de base, et ce, du début à la fin, et presque à tous les jours. Par exemple :

 

- comment vais-je faire pour rentrer éventuellement chez moi si je ne suis plus capable de faire un pas de plus ?

- que vais-je faire si je me blesse ou si je tombe malade ?

- où vais-je coucher ce soir ?

- comment vais-je faire pour donner des nouvelles aux miens si je ne trouve pas Internet sur mon chemin ?

- que vais-je faire si quelqu’un me vole mon Pout-Pout ?

- que vais-je faire si mon Pout-Pout se brise et devient irréparable ?

- comment faire pour faire sécher tous mes trucs qui sont imprégnés d’humidité ?

- que vais-je faire si la pluie me tombe dessus non stop pendant plusieurs jours d’affilée ?

- que vais-je faire si un orage éclate alors que je suis en pleine forêt ?

- que vais-je faire si je ne trouve pas d’eau ni de nourriture ?

- où vais-je trouver les cartes routières qui me manquent ?

- que vais-je faire si ma carte de crédit se brise et qu’elle devienne inutilisable ?

- que vais-je faire si je prends trop de retard ?

- etc.

 

Heureusement, j’ai repris confiance en moi au fur et à mesure que le temps a passé et que quelques-uns des incidents ci-haut mentionnés sont survenus, un à un, au gré de mon avancée, et que les circonstances – le « hasard » – m’en ont souvent miraculeusement sorti sans trop de casse. En rencontrant des gens extraordinaires, notamment…

 

Ce qui m’amène au dernier niveau, le plus important…

 

 

3e NIVEAU : SPIRITUEL

 

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Ça, les amis, c’est sans conteste l’expérience la plus fondamentale – et la plus positive – que ce voyage m’a apportée. Peut-être que j’étais rendu là avant même de partir, remarquez. Mais je n’exagère aucunement en affirmant que j’en suis revenu passablement transformé – même si personne ne s’en apercevra concrètement.

 

Je ne sais pas si les gens qui ont fait Compostelle ont vécu ça comme moi… J’espère pour eux, en tout cas.

 

Pour ma part, le fait de me parler à moi-même, jour après jour, du matin au soir – même la nuit –, sans aucun répit, pendant deux longs mois (56 jours de suite), ça m’a mené très profondément dans les tréfonds de ma conscience. Entre autres choses, j’ai revu ma vie de long en large : tous les bons et les mauvais jours que j’ai vécus, tous les bons et les mauvais coups que j’ai faits, tous mes moments de bonheur, et toutes mes déceptions, et tous mes regrets, et mes hontes, et l’intégral de mon caractère (de chiotte ?), et de mes préjugés, et plus encore…

 

Tout cela est apparu sous un nouveau jour, sous un tout autre éclairage, sous une nouvelle perspective, avec une prise de recul extraordinaire. Ce qui m’a nécessairement amené à vouloir dorénavant modifier certaines choses – en bien, évidemment. Ce qui m’a aussi nécessairement amené à prendre certaines résolutions une fois que je serais rentré chez moi – des résolutions personnelles, évidemment.

 

L’autre aspect est extrêmement personnel, également. Mais je vais quand même en parler un peu plus, de celui-là. Il a rapport avec ce que nous appelons le fameux « hasard ».

 

Pendant pratiquement toute ma vie, j’ai eu l’intime conviction que le « hasard » n’existait pas. C’était ma marotte, pour ainsi dire – et elle l’est encore, d’ailleurs… Ceux qui me connaissent le savent à leurs dépends, et je les entends même s’écrier d’ici en cet instant même : « Ah non ! Il ne va pas encore une fois nous la ramener avec ses maudites coïncidences ! »

 

Oui, mais pas longtemps, OK ?

 

Bref, oui, j’ai toujours été intimement convaincu que la totalité des événements qui surviennent dans notre vie – du plus banal au plus significatif –, que tous ces événements-là qui surviennent et pour lesquels nous n’avons aucune emprise, que tous ces événements-là que nous subissons – ou dont nous profitons –, eh bien, que tous ces événements-là sont dus à la volonté de « quelqu’un ».

 

De « quelqu’un », oui : c’est-à-dire d’une (ou d’) entité(s) invisible(s) spirituelle(s), et appelez-la (les) comme vous voudrez.

 

Pour ma part, depuis les premiers jours de cette marche, aucun doute n’est plus permis : ce « quelqu’un », « quelque part », est là, près de moi, constamment, 24 heures sur 24, sans aucun répit, et « il » est responsable des événements – bons ou mauvais – qui parsèment ma route en tant que destinée.

 

Durant mon voyage, j’ai été trop souvent sorti de la merde de façon « miraculeuse » pour être maintenant en mesure de remettre totalement en question ce fameux concept de « chance » ou de « malchance » ou de « hasard » ou de « destin », ou peu importe comment on appelle cette sorte d’événements qui nous tombent dessus sans crier gare et qui nous laissent pantois d’ahurissement.

 

En statistiques, on dit d’ailleurs que lorsqu’il y a trop de hasards, il n’y en a plus finalement, car ça n’a plus aucun sens. La théorie du chaos tire justement ses conclusions et ses lois de tout cela.

 

Je ne suis d’ailleurs pas le seul à parler de cette « présence » qui m’a accompagné tout le long de mon périple. Tous les grands voyageurs de cette Terre – dont j’ai fait les critiques de livres dans ce blog : Jean Béliveau, par exemple, Bernard Ollivier, Mélanie Carrier, René Ouellet, Pierre-Yves Tremblay, et combien d’autres ? – en ont tous parlé. TOUS.

 

La plupart du temps, ils lui ont donné le nom « d’ange gardien » – ce qui lui convient très bien –, mais d’autres lui ont aussi donné le nom de Dieu, de Jésus, de guide spirituel, d’auxiliaire intérieur, d’énergie cosmique, de subconscient, d’une « force »… Le nom importe beaucoup moins que le fait de ressentir très intimement cette « présence ». Une présence que personne ne peut évidemment identifier, ni nommer correctement, ni même expliquer concrètement. Pour ma part, suite à mon « voyage intérieur », je me suis fait ma petite idée là-dessus – sur son identité. Mais je la garderai évidemment pour moi. À chacun son ami imaginaire !!

 

Pour ne pas éveiller de quelconques susceptibilités, dans le récit de ce voyage que je m’apprête à rédiger, j’avais pensé l’appeler « Hasard ». Mais j’ai considéré cela comme un manque de respect. Je ferai donc comme à peu près tout le monde, et je l’appellerai moi aussi « mon Ange gardien ».

 

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* * * * *

Cela dit, comment vais-je aborder le récit de cette longue marche solitaire dans mes prochaines chroniques ? La question se pose.

 

Un jour, le célèbre baroudeur, Bruno Blanchet, a écrit une chronique de voyage dans la Presse.

 

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Dans celle-ci, il avait relaté une rencontre qu’il avait faite avec un cycliste qui faisait le tour du monde à vélo. Cette rencontre avait finalement tourné court. Le cycliste n’avait fait que discourir sur les distances qu’il avait parcourues, sur les sortes de terrains où il avait roulé, sur ses moyennes de vitesse, sur la température, sur ses difficultés à trouver des places pour camper, etc. Bref, Bruno l’avait trouvé d’une platitude extrême, car il s’attendait plutôt à échanger sur les gens, sur des anecdotes, sur des aventures, sur des émotions fortes…

 

Pourquoi je rapporte ces propos ?

 

Parce que notre situation – la vôtre et la mienne – risque d’être la même que cette histoire :

 

Bruno Blanchet = vous (et vos attentes)

Le cycliste = moi (et mon aventure de marcheur)

 

Je relis mes notes depuis mon retour, en effet, et sauf mes nombreuses réflexions spirituelles, il n’est en effet question que de kilomètres parcourus, de nombre d’heures marchées par jour, de montagnes difficiles à vaincre, de présence ou d’absence d’accotement sur le bord des routes, de présence ou d’absence de DRR-DRR – j’expliquerai en temps et lieu c’est quoi ça, des DRR-DRR – de canicule, de pluie, de difficultés à me trouver des endroits pour coucher, de difficultés à me ravitailler… Ce qui – je le comprends très bien – risque d’être d’une platitude extrême à lire pour vous aussi.

 

Alors quoi ?

 

Alors, je ne sais pas trop. Je vais devoir condenser sérieusement cette aventure d’une manière ou d’une autre, en tout cas. Et de ce fait, il n’y aura pas une chronique pour chaque jour, ça, c’est sûr !

 

Je vais néanmoins commencer comme ça – une chronique par jour –, car la situation s’y prête pour le début…

 

Vous connaissez la loi de Murphy ? Elle stipule, en gros, que « tout ce qui est susceptible de mal tourner dans un projet, tournera mal ». Eh bien, cette loi n’a pas fait d’exception en ce qui me concerne. Elle s’y est même appliquée d’une façon bien spéciale : tout le négatif n’est pas survenu au cours de mes deux mois de marche, en effet. Non. Pratiquement tout ce négatif est arrivé au cours des deux premières semaines… C’est pas des farces. Après ça, ça a été presque tout le temps pout-pout, avec quelques petites anecdotes ici et là.

 

C’est pour ça que, pour le moment, je vais rédiger mes premières chroniques en tenant compte de mon journal de bord quotidien. Ensuite, je verrai comment je résumerai la suite.

 

À ceux qui sont intéressés : restez à l’affut de mes newsletters, et bonne lecture !

 

* * * * *

 

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Pour ceux qui apprécient les statistiques – y’en a –, en voici quelques-unes…

 

Date de départ = dimanche, le 20 mai 2018

Date de retour = samedi, le 14 juillet 2018

Nombre de jours = 56 (8 semaines complètes)

 

Nombre de km marchés = 2 806

Nombre de km en « pick up » = 290 (équivalent d’environ 6 jours de marche)

Nombre de km total = 3 096

 

Moyenne quotidienne des km marchés = 50,1

 

Plus courte marche en une journée (sauf la seule journée de 0 km) = 19 km

Plus longue marche en une journée = 70 km

 

Nombre de jours passés…

- en Louisiane = 2 jours (3,6 %)

- au Mississippi = 6,5 jours (11,6 %)

- en Alabama = 8 jours (14,3 %)

- en Géorgie = 2 jours (3,6 %)

- au Tennessee = 5,5 jours (9,8 %)

- en Virginie = 3 jours (5,4 %)

- en Virginie occidentale = 8,5 jours (15,2 %)

- dans le Maryland = 1 jour (1,8 %)

- en Pennsylvanie = 9,5 jours (17,0 %)

- dans l’état de New York = 10 jours (17,9 %)

 

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16/07/2018
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