Les maudits vents

Les maudits vents

(11) 30 mai 2018 - Une expérience transcendante

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 11 – Une expérience transcendante

Mercredi soir, le 30 mai 2018

Camden (Alabama, USA), sur la galerie de la maison de M et Mme Pearson (Broad Street)

 

Il s’est passé quelque chose de spécial dans ma tête, aujourd’hui.

 

De très spécial, même…

 

Comment dire ?

 

Je ne veux surtout pas paraitre de celui qui a sombré dans une sorte de délire mystique, car c’est pas du tout mon genre. Mais j’ai à tout le moins vécu une expérience que je qualifierais de… de « spirituelle », disons, à défaut d’un autre terme.

 

Dans mes précédentes chroniques, j’ai quelquefois évoqué la possible existence d’un « Ange gardien » personnel se tenant à nos côtés.

 

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À l’instar de bien d’autres voyageurs-aventuriers de par le monde qui ont relaté leurs propres expériences, et à la suite de quelques fabuleux « hasards » survenus presque tous les jours depuis mon départ, je me posais en effet beaucoup de questions à son sujet.

 

Mais là, cet après-midi, j’ai vécu un événement très surprenant en rapport avec ce singulier phénomène. Un événement qui pourrait se comparer à une manière de « croisée des chemins », genre, car il aura de très significatives répercussions sur tout le reste de mon voyage.

 

Je raconte ce qui s’est passé pour le bénéfice de ceux qui s’intéressent à ces questions. Quant à ceux que cette sorte de lecture (de nature ésotérique) indispose, juste à arrêter ici. C’est pas grave.

 

Aux lecteurs qui décident de poursuivre, je m’excuse également d’avance du fait que cette expérience paraitra sans doute décevante, en fin de compte, car elle n’a rien à voir avec les récits traditionnels de la littérature New Age. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire, pour tout avouer. Je n’ai pas fait de voyage astral dans le royaume de Shamballah, par exemple ; et je n’ai pas aperçu le Bouddha ou le Christ dans un halo lumineux au détour d’une route.

 

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Non, rien de la sorte. Et tant s’en faut.

 

À vrai dire, j’ai juste vécu une prise de conscience personnelle au cours d’un incident très insignifiant à la base, OK ?

 

Cela spécifié, je commence par rewinder la machine jusqu’à ce matin, à l’aube…

 

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à quitter le confort de mon motel à Thomasville, gracieuseté de la St Joseph Church et de son pasteur, le révérend Russell Brown. D’autant plus qu’il avait plu toute la nuit, et que le ciel était encore extrêmement nuageux et très menaçant. J’ai même pensé à payer une seconde nuit tout de suite afin de rester peinard dans cet endroit jusqu’au lendemain matin. L’option était tentante.

 

C’était en effet le jour où Alberto – cet Alberto qui me traumatisait tant depuis ma sortie de l’hôpital – le jour où Alberto, donc, était supposé s’en donner à cœur joie dans cette partie-ci de l’état. Mais pour l’instant, je ne constatais pratiquement aucune différence d’avec les jours précédents : le temps était certes beaucoup plus à la pluie que d’habitude, mais bizarrement, il n’y avait aucun vent de la mort ; et c’était toujours la même canicule qui sévissait dans le pays.

 

Alors, quoi ? Que se passait-il donc, au fait, avec cette fichue tempête ? Qu’attendait-elle au juste pour se déchainer comme tous les médias l’avaient annoncé à grand renfort de scénarios apocalyptiques ?

 

J’ai finalement décidé de reprendre la route.

 

Ça a tout de suite été difficile à cause, toujours, de la chaleur étouffante et des DRR-DRR. Et sans compter la constante inquiétude que la pluie me tombe dessus.

 

Pendant que je marchais dans ces pénibles conditions, et pour tenter d’oublier mes maux, je me suis mis un moment donné à penser à cette histoire d’Ange gardien qui me trottait dans la tête depuis quelques jours. Et j’ai fait l’inventaire exhaustif de toutes les coïncidences qui s’étaient enchainées depuis mon départ et dont les dénouements m’avaient toujours été si providentiellement favorables – la dernière en date étant le motel d’hier soir, bien sûr, qui m’avait été offert contre toute attente.

 

D’un autre côté, je me demandais également ceci : si un Ange gardien se tenait réellement à mes côtés, et si celui-ci prenait réellement soin de moi, m’ayant souvent extirpé de circonstances désagréables, sinon pénibles, et sinon même dangereuses, alors dans ce cas, pourquoi diable me plongeait-il en premier lieu dans des situations négatives ? C’était une bonne question, ça, non ? Pourquoi en effet me faisait-il vivre des expériences éprouvantes si c’était pour m’en sortir après coup ? À quoi donc rimait toute cette inutile (?) activité ?

 

Et cette situation était justement sur le point de se répéter, aurait-on dit…

 

Pendant que je réfléchissais à tout cela, une importante averse s’apprêtait en effet à me tomber dessus. Au bout d’une quarantaine de kilomètres de marche, le ciel était devenu tout noir au-dessus de ma tête. Un déluge (et même un orage) était imminent.

 

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Si ce pseudo Ange gardien existait vraiment, alors c’est à ce moment-ci qu’il devrait en principe me venir en aide. Mais le ferait-il encore une fois ? Et surtout : COMMENT s’y prendrait-il pour me sortir de ce pétrin ? Je me trouvais à une dizaine de kilomètres de ma destination (Camden), et dans une région pratiquement inhabitée. Je n’avais vu aucun bâtiment depuis longtemps ; et aussi loin que mon regard pouvait porter, je n’en distinguais aucun autre devant moi. De sorte que je ne pouvais m’abriter nulle part.

 

Il faut dire en aparté que j’ai une sainte horreur de la pluie : les vêtements qui collent à la peau, tout l’équipement qui prend ensuite des jours à sécher, les shooclacks dans la flotte qui décuplent le danger de développer des ampoules aux pieds… Tout ça me fait littéralement freaker. Alors, j’appréhendais évidemment les minutes à venir avec affolement. Et plus j’avançais, et plus je paniquais. Je me suis même mis à crier à tue-tête sur le bord de la route :

 

— Hey, toi, le soi-disant Ange gardien ? Est-ce que tu m’écoutes ? Si tu existes réellement, ben c’est en plein le moment de le prouver ! Tu vois ce qui est sur le point de me tomber dessus ? Et je te signale que tu n’as plus beaucoup de temps pour concocter un plan, car ça urge ! Tu entends ? Hey, tête de nœud, tu entends ? Ça urge !!

 

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Mais je criais apparemment dans le vide, car ce qui devait arriver est arrivé : quelques gouttes de pluie se sont mises à tomber, prélude à la cataracte qui allait s’abattre dans quelques secondes.

 

En proie maintenant à une terrible colère – et dans le stress du moment –, je continuais à foncer droit devant moi, mais je continuais également à hurler, la tête tournée vers le ciel – un vrai malade :

 

— J’en étais sûr ! Maintenant que l’heure est venue de me secourir d’urgence, comment ça se fait qu’il ne se passe rien ? Hein ? Hein ? Parce que c’est de la frime ! Ange gardien, mon cul, oui ! Ce concept n’est rien d’autre qu’une grosse arnaque ! Ce n’est qu’une béquille que les peureux s’inventent pour se donner un semblant de courage ! La vérité, c’est qu’on est tout seul comme des chiens à se débrouiller comme on peut dans cette vie de merde !

 

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Et alors que je vociférais de la sorte – et j’ai omis les traditionnels mots d’église qui coloraient mes invectives et qui allaient de pair avec ma colère –, et que les gouttes de pluie se multipliaient peu à peu tout autour de moi, mon regard a soudain accroché quelque chose sur ma droite : un minuscule chemin de terre qui pénétrait entre les arbres.

 

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Il n’y avait vraisemblablement rien là de plus qu’ailleurs qui pouvait me venir en aide, mais je me suis néanmoins enfoncé dans ce sentier par pur instinct. Et je me suis même mis à courir comme un défoncé.

 

Une vingtaine de mètres plus loin s’ouvrait une cour qui menait vers une maison isolée. Elle était malheureusement clôturée (impossible d’entrer), mais juste à côté s’élevait un arbre gigantesque dont les branches et le feuillage formaient un immense parasol naturel de quelques mètres de hauteur. J’ai eu tout juste le temps de me garrocher en dessous avant que l’averse s’abatte pour de bon.

 

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Ça a été tout juste, à la seconde près encore une fois – exactement comme au McDonald’s, la veille.

 

Je suis resté là, immobile, pendant de longues minutes, tout abasourdi, les yeux dans le vague, et respirant comme une locomotive. Il y avait de quoi à être secoué, à vrai dire. Alors que j’aurais dû, en ce moment même, être mouillé de pied en cap, j’étais miraculeusement au sec. Et tout ça s’était déroulé en quelques minuscules secondes !!

 

C’était tout à fait ahurissant !

 

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Mais étais-je vraiment en sécurité ? D’aucuns diraient que se tenir debout sous un arbre n’est pas vraiment la place idéale pour se protéger d’un orage. Et ils rajouteraient que la pluie ne tarderait pas à me rattraper de toute façon lorsque les gouttes d’eau se déverseraient de feuille en feuille, et qu’elles finiraient par s’abattre en dessous et m’inonder fatalement.

 

Pourtant, étrangement, je ne craignais absolument rien de la sorte. J’étais maintenant certain que tout se passerait bien. Certain à 100 %. Et d’où me venait cette inébranlable conviction ? Je n’en savais strictement rien. Il s’agissait néanmoins d’une certitude absolue, totale, sans aucune réserve, et point barre.

 

Cet événement – ce nouveau « miracle » –, et contrairement à tous les autres qui s’étaient produits durant les jours précédents, celui-là m’avait en fait commotionné grave. Et il s’était produit si subitement que j’étais parfaitement incapable d’expliquer ce qui se passait tout à coup dans mon cerveau. Je ne cherchais d’ailleurs pas à me l’expliquer. Je vivais le phénomène, c’est tout. Je le ressentais jusqu’au plus profond de mon âme. Et il m’imprégnait d’une sérénité incommensurable.

 

Je sais maintenant – au moment où j’écris ces lignes – que ce nouvel état d’esprit avait évidemment un lien avec le sentiment – très profond – que je n’étais plus seul dans mon aventure, désormais. Je me sentais maintenant, et entièrement, « habité » par une entité divine…

 

Excusez ces mots qui paraissent sûrement simplistes – et clichés –, mais je n’en ai malheureusement pas d’autres à ma disposition. Pour conserver cette terminologie populaire que j’utilise depuis le début, disons, oui, que j’étais en train de faire l’expérience directe et intime de la présence désormais très concrète de mon « Ange gardien » à l’intérieur de moi. Non pas à mes côtés. Non pas non plus au-dessus de moi. Ni ailleurs autour de mon corps physique. Non, je précise bel et bien : à l’intérieur de mon organisme…

 

Et cet être me parlait – à sa manière, bien sûr. Et il me disait à peu près ceci :

 

— As-tu enfin compris quel lien nous unit, tous les deux, tête de pioche ? Sinon, qu'est-ce que je pourrais bien inventer de plus pour te le rentrer dans le ciboulot une bonne fois pour toutes, et qu’on passe enfin à autre chose ? Car nous avons perdu un temps fou jusqu’à présent, à cause de ton scepticisme obstiné, tu en es conscient, j’espère ? Écoute-moi bien, maintenant, OK, grosse tête ? Tu voulais relever ce défi de marche solitaire ? Eh bien, vas-y ! Fonce ! Va de l’avant et rends-toi jusqu’au bout de cette magnifique aventure que tu tiens tant à surmonter ! Je t’encourage d’ailleurs à 100 %, car tu mérites d’y parvenir. Mais de grâce, à partir de maintenant, contente-toi juste de marcher et ne te préoccupe plus de tout le reste, d’accord ? Le reste, c’est mon affaire à moi. Fais ton boulot, et je ferai le mien. Fais-moi confiance, et TOUT se terminera toujours de façon satisfaisante, quoiqu’il advienne. Est-ce que c’est clair ? EST-CE QUE C’EST CLAIR ?

 

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Ça l’était, oui – clair. Ça ne l’était pas cérébralement, par contre. Ce n’était pas quelque chose que j’intellectualisais, mais plutôt quelque chose que je ressentais jusqu’au plus profond de mes tripes.

 

Au bout de seulement une dizaine de minutes, la pluie s’est arrêtée comme par enchantement, et aussi soudainement qu’elle était apparue. Et j’ai pu poursuivre mon chemin. Pas plus compliqué que ça – et pas mouillé une miette. Mais je l’ai fait dans un état éthéré, sans trop comprendre – encore – ce qui venait de se passer là, au cours de ce très court moment d’éternité.

 

Je suis sorti du petit sentier, et j’ai rejoint la route 10 à partir de laquelle j’ai repris la direction de Camden, comme si rien ne s’était passé. Il faisait tellement chaud que l’eau sur la route s’évaporait en formant d’épais nuages au ras de l’asphalte. Lorsque des véhicules passaient, cette vapeur virevoltait en tous sens, en dessinant de fantastiques arabesques tout autour de moi. C’était féérique.

 

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La splendeur de ce spectacle ne parvenait toutefois jusqu’à moi qu’à travers le filtre d’une conscience apathique. Je répète que j’étais dans un état éthéré. Et qu’est-ce que ça veut dire, ça, un « état éthéré » ? Ça veut dire évanescent, vaporeux… Mon corps et – surtout – ma tête étaient d’une légèreté incroyable. Je ne portais plus à terre – comme si j’avais inhalé une substance super heavy métal.

 

Et puis, ce qui était parfaitement déconcertant, c’était que toutes craintes avaient abandonné mon esprit.

 

Le ciel, par exemple, était toujours noir. Les éclairs zébraient l’horizon. Le tonnerre grondait encore comme une menace. Mais cela n’avait plus aucune importance. Je ne pensais même plus à Alberto, lui qui avait pourtant pris tant de place dans mes préoccupations au cours des derniers jours. Je venais de le réduire à l’état de croquemitaine n’ayant plus aucun pouvoir sur ma personne. Et finalement, l’endroit où je dormirais ce soir représentait le dernier de mes soucis puisque je savais très bien que tout allait s'organiser tout seul.

 

Je suis arrivé aux abords de Camden (ma destination de la journée) sans même m’en rendre compte. J’ai abouti à une intersection où les panneaux de signalisation étaient plus mêlants qu’autre chose ; et ma carte routière ne m’était ici d’aucune utilité. Comme il n’y avait personne à qui je pouvais me renseigner, j’ai emprunté une petite rue qui descendait vers le sud, sans trop me questionner, et l’esprit planant toujours dans les nuages.

 

Au bout d’environ 400 mètres, j’ai aperçu un homme assis sur une balançoire sur une galerie. Il devait avoir dans les 70 ans. Je me suis arrêté, j’ai parké mon Pout-Pout sur sa pelouse, et je me suis approché de lui avec ma carte routière afin de lui demander mon chemin. Il m’a tout de suite offert de m’asseoir sur une des chaises berçantes qui se trouvaient là, sur la galerie, à l’ombre d’un toit.

 

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Après m’avoir donné le renseignement dont j’avais besoin, il a spontanément offert de me préparer un sandwich. Il m’a ensuite présenté à sa femme qui est sortie pour me rencontrer. Nous avons sympathisé très rapidement tous les trois, C’était un couple absolument charmant – et très religieux.

 

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J’ai mangé. J’ai bu. Je me suis reposé. J’étais relax comme jamais je ne l’avais encore été depuis la Nouvelle-Orléans. Toutes les tensions que j’avais accumulées au fil des jours fondaient comme neige au soleil.

 

Parle parle jase jase, ils m’ont par la suite gentiment permis de prendre une douche dans leur maison. Puis Mme Pearson m’a proposé de laver tous mes vêtements sales. Et je me suis connecté sur leur wifi – j’ai pu ainsi skyper avec ma Domi. Et finalement, ils m’ont autorisé à monter ma tente directement sur leur galerie, à l’abri des intempéries, sous le toit.

 

J’en suis là en ce moment, propre, repu, étendu sur mon matelas gonflable dans ma tente, les deux bras sous ma tête, les yeux fixant le plafond, tranquille, zen, en sécurité, et les pensées toujours aussi éthérées.

 

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En passant, comme on l’aura sûrement remarqué, la fin de cette journée s’est encore une fois « arrangée » à mon très grand avantage comme par magie.

 

Même qu’Alberto n’est plus qu’un mauvais souvenir. Les Pearson m’ont en effet appris tout à l’heure que cette tempête, dès qu’elle avait eu touché terre en Floride, s’était émoussée très rapidement. Elle n’a finalement occasionné qu’une pluie un peu plus abondante que d’habitude en Alabama et au Mississippi. Pas de vents à écorner des bœufs, pas d’inondations, aucun mort, aucun dégât dramatique. C’est pour cette raison que je n’en avais pas ressenti les effets comme je les avais tant imaginés durant les jours précédents. Ça avait été une tempête dans un verre d’eau, en fin de compte ! Autrement dit, j’avais paniqué tout ce temps-là pour rien.

 

À vrai dire, je ne suis pas surpris une miette de l’heureux dénouement de cette journée – je ne le suis plus, en tout cas. De la même manière, je sais que rien ne sera plus pareil, désormais, concernant cette aventure que je mène depuis déjà une semaine et demie.

 

Maintenant que je sais hors de tout doute que je ne suis plus seul – c’est-à-dire que je suis « deux personnes en une seule » –, tout sera beaucoup plus facile à partir de tout de suite.

 

Mon voyage entre indubitablement dans une nouvelle phase.

 

Il débute pour de bon, en fait.

 

 

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MERCREDI, 30 MAI 2018

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06/08/2018
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