Les maudits vents

Les maudits vents

Longue marche --- par Bernard Ollivier

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- LONGUE MARCHE – Tome 1 – Traverser l’Anatolie

- LONGUE MARCHE – Tome 2 – Vers Samarcande

- LONGUE MARCHE – Tome 3 – Le vent des steppes

Par Bernard Ollivier

Aux Éditions Phébus,

2000 – 2001 – 2003

329 pages – 309 pages – 350 pages

 

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SYNOPSIS (4e de couverture du Tome 1)

 

Parvenu à l’âge de la retraite, mais point résolu à se ranger pour cela, Bernard Ollivier a décidé de partir avec son sac, c’est tout, pour une promenade de quatre ans. Jusqu’à Xian en Chine. Douze mille kilomètres de route – de pistes surtout – et pas plus de quatre sous en poche : il dort quand il le peut chez l’habitant, au hasard de l’hospitalité qu’on lui offre.

 

Le présent volume relate la première saison de son voyage (printemps-été 99). Parti d’Istanbul, il comptait atteindre Téhéran : de méchantes aventures l’ont arrêté à la frontière de l’Iran. Il reprendra la route dès que la neige aura fondu sur les hauts cols du Kurdistan.

 

Les tribulations, on le verra, ne lui ont pas manqué. Les belles rencontres non plus. Il lui est même arrivé de se frotter à un ou deux miracles (nous sommes en Orient). Quant à savoir pourquoi il s’entête ainsi… il ne sait trop. On lui a cent fois posé la question, elle l’embarrasse toujours. Peut-être a-t-il écrit ce livre pour tenter d’y répondre.

 

L’AUTEUR (site : babelio)

 

Terrassé à 51 ans par la mort de sa femme, suivie d’un licenciement, Bernard Ollivier s’abimait dans le travail  pour gagner sa vie comme journaliste indépendant.

 

Lors de son départ à la retraite, ce Normand de souche suit le chemin de Compostelle afin de réfléchir, et décider, du sens qu’il va donner à cette nouvelle période de vie. C’est pendant ces trois mois qu’il entend parler d’Oïkoten et de la réinsertion par la marche à pied.

 

De 1999 à 2000, sa volonté d’aller à la rencontre d’autres cultures se concrétise en nouveau projet de marche ; il suit à pied la Route de la Soie, par étapes de quatre mois et 3000 km par an entre Istanbul et Xian en Chine.

 

Pendant les mois où il ne marche pas, il écrit le récit de son voyage et la satisfaction de dépasser les limites de l’effort physique et la peur de l’inconnu.

 

Longue marche devient un best-seller et avec les droits d’auteurs, Bernard Ollivier met en place une structure d’accueil pour faire marcher les jeunes en difficulté : Seuil.

 

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 photo : site Babelio

 

MES COMMENTAIRES

 

La destinée de ce livre est curieuse. L’auteur ne désirait pas nécessairement l’écrire – et le faire éditer. Il en a quand même fait la proposition à un éditeur avant de partir, juste pour – si j’ai bien compris – se motiver lui-même à poursuivre son voyage au cas où il serait tenté d’abandonner en cours de route. Quant à l’éditeur, après quelques réticences, il a accepté d’avance de le publier le cas échéant – promesse qu’il ne faisait jamais habituellement.

 

Le projet de Bernard Ollivier était de marcher 12 000 km en quatre étapes, c’est-à-dire quatre fois 3 000 km, en quatre années. Et de rédiger ses mémoires, chez lui, à tête reposée, entre ces étapes. Ce qu’il a fait. Cela s’est soldé par un récit en trois tomes : les deux dernières étapes étant rassemblées en un seul livre – le 3e tome.

 

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Dès la parution du premier, celui-ci a connu un succès retentissant. Pour toutes sortes de raisons que j’expliquerai ci-après.

 

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Curieux bonhomme, également…

 

Veuf depuis quelque temps, il avait commencé par prendre sa retraite et faire le sempiternel chemin de Compostelle pour « se retrouver ». C’est après ça que les choses sont devenues plus sérieuses. Il a en effet décidé de se taper une autre longue route à pied : la mythique « Route de la Soie », cette fois, celle empruntée par Marco Polo, jadis, d’Istanbul (Turquie) jusqu’à Xi’an (Chine).

 

Pourquoi ce parcours-là ? Parce que Bernard Ollivier semble tout d’abord un passionné d’histoire ; et plus particulièrement de cette histoire-là : celle des imposantes caravanes de commerçants aux coffres remplis d’épices et de produits rares, qui s’engageaient sur cette route pleine de dangers et qui faisaient halte pour la nuit dans des « caravansérails », bâtiments dont il reste encore des vestiges de nos jours, dispersés ici et là, mais en plus ou moins bonne conservation selon le cas.

 

Ce n’est sûrement pas la seule raison qui l’a poussé sur ce chemin. Mais elle paraissait du moins très importante. Il n’a jamais manqué, à tout le moins, à chacune de ses étapes, de se renseigner sur les fameux caravansérails jalonnant son itinéraire, et de glaner des informations sur cette époque de la part de connaisseurs éventuels.

 

1ère étape…

 

Bernard Ollivier est parti en mai 1999, d’Istanbul, donc, à pied, et avec un simple sac à dos pour bagage. Son intention première était de manger et de dormir dans les restaurants et les hôtels de rencontre. Mais la plupart du temps, les hôtels étant inexistants dans les villages paumés qu’il traversait, il s’est fait offrir l’hospitalité par les habitants musulmans. De cette façon, son confort a été réduit à son plus strict minimum, l’insalubrité totale ayant même été souvent son lot.

 

Après moult démêlés avec quelques gendarmes, soldats, voleurs, demeurés, et ainsi qu’avec les terribles chiens de berger kangal, il a du interrompre sa route à la frontière iranienne, avant d’atteindre l’objectif de sa première étape à cause d’une dysenterie foudroyante, et se faire rapatrier d’urgence.

 

2e étape…

 

La deuxième année, il a débarqué de l’autobus à l’endroit pile où la maladie l’avait terrassé l’année précédente, c’est-à-dire au milieu de nulle part. Et il a poursuivi sa route exactement à partir de là, et toujours avec son sac à dos. Et il est passé en Iran, un pays qu’il redoutait à cause, bien sûr, de son effrayante réputation. Une surprise de taille l’attendait : les paysans pauvres lui ont spontanément offert l’hospitalité au fur et à mesure de son avancée. Puis, il y a eu la traversée d’un désert, celui de Karakoum, qu’il a parcouru en transformant une vieille bicyclette en chariot afin de transporter un équipement de camping rudimentaire.

 

3e et 4e étape…

 

Le voilà reparti vers l’Asie, avec un chariot fabriqué en Europe cette fois, étant donné les déserts qu’il allait de nouveau traverser.

 

Pour sa 4e et dernière étape, on sent la consternation, ce coup-ci, et l’impatience de parvenir à son but afin d’en finir avec cette odyssée. La Chine l’a en effet énormément déçu à cause de ses habitants dont l’hospitalité était défaillante (à comparer aux musulmans), ne voyant en lui qu’un touriste occidental plein aux as qu’il convenait de dépouiller. Et après de multiples remises en question personnelles quant à la finalité de ce périple, il est arrivé à destination dans les temps prévus.

 

* * *

 

Si ces récits ont connu tant de succès, c’est à cause de la plume de son auteur, qui relate des anecdotes, qui décrit les lieux qu’il a parcourus et qui philosophe sur la vie en général de façon captivante en maniant le français avec une prose légèrement poétique. Il faut dire, question langue française, que l’homme n’en était pas à ses premières armes : Bernard Ollivier était en effet journaliste avant de se retirer du marché du travail. Mais quand même : le style adopté dans ces livres n’en est pas de type journalistique, justement. Il en est un d’écrivain chevronné.

 

Trois tomes, donc…

 

Trois tomes racontant son périple en tant que tel : sa marche, ses moments d’extase, ses moments de découragement, ses peurs, ses motivations, les conditions – faciles ou pénibles selon le cas – de son avancée, les belles rencontres qu’il a faites, les moins bonnes également, les anecdotes – drôles et dramatiques – qui ont jalonné sa route. On ne se lasse pas.

 

Passionné d’histoire, comme il a été mentionné, l’auteur décrit les lieux qui l’ont enchanté et où il a fait quelques arrêts afin de prendre le temps de les visiter. Nous avons aussi droit, de temps à autre, à des leçons d’histoire sur ces régions lointaines, qu’il semble connaitre passablement bien.

 

Et finalement étant un ancien journaliste, les opinions, et même les analyses – rapides – politiques qu’il émet sur les pays ne sont pas sans intérêt non plus. Pour ma part, je connaissais très mal toutes ces nations issues de l’ex-URRSS dont les noms finissent tous en « istan » – Turkménistan, Ouzbékistan… –, et j’ai apprécié en apprendre davantage de cette façon peu banale.

 

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Quelques petits bémols maintenant, puisque pour être objectif, je dois en émettre…

 

L’auteur a rassemblé les 3e et 4e parties de son périple en un seul volume. Sage décision. Personnellement, j’ai eu un peu de mal avec la 3e partie, et j’ai presque décroché. Cela était sans doute dû au fait que le récit commençait à être un peu répétitif – et lassant. Mais heureusement, cela n’a pas duré longtemps. Avec le 4e – surtout –, on rembarque de nouveau dans l’histoire, et c’est reparti pour un tour.

 

Le principal défaut de ces trois livres, à mon humble avis, c’est l’absence de photos. Cela a été fait délibérément, bien sûr, mais on se demande bien pourquoi : l’auteur raconte lui-même en avoir pris beaucoup.

 

En tenant compte, minimalement, de la passion avec laquelle il décrit les caravansérails et les magnifiques villes qu’il a traversées, il aurait vraiment été intéressant de les contempler de visu – avec son objectif à lui – plutôt que d’en chercher des exemples sur Internet.

 

Au moins a-t-il inséré une carte de ses trajets dans chaque volume.

 

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 photo : livre Longue marche (tome 1)

 

MON APPRÉCIATION

(pour bien comprendre l’attribution de cette cote, lire rapidement ceci)

 

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SITE INTERNET DE L’AUTEUR

 

Association œuvrant pour l’aide aux jeunes délinquants :  Assoseuil.org

 

AUTRES OUVRAGES DE L’AUTEUR

 

Trop long à énumérer ici, car il en a plus d’une quinzaine à son actif. Je vous réfère à sa page perso du site Balebio.

 



11/03/2018
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