Les maudits vents

Les maudits vents

2013-01-26 --- En route vers l'Amérique du Sud

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De : Yvan Yvan – quelque part au-dessus des États-Unis d’Amérique

Date : samedi, 26 janvier 2013

À : parents et amis

 

Bonjour tout le monde,

 

Alors voilà, c’est reparti comme en 14… Ou plutôt c’est reparti comme l’an dernier, presque à pareille date. Ce qui veut dire, vous l’aurez deviné, que je ne suis plus au Québec pour un petit bout.

 

En fait, je me trouve en ce moment dans un Boeing 737-800 d’American Airlines (le vol 1981) qui a décollé de Montréal pile à 13h00, et qui se dirige allègrement vers Miami, où il atterrira à 16h20, si tout va bien.

 

Eh oui : Miami, en Floride. C’est là que j’ai décidé de passer mes vacances, cette année. C’est le fun, hein ? Je m’en vais rejoindre les milliers de snowbirds qui ont fui l’hiver québécois en novembre. Je me suis dit que je n’étais pas plus fou qu’un autre : à moi donc également le soleil de Fort Lauderdale, la plage, les condos, les piscines, les hamburgers, la Budweiser et tout…

 

Ben non, je vous niaise…

 

En fait, je ne resterai dans cette ville que très peu de temps. Et je n’en verrai rien d’autres que les couloirs de son aéroport. Je redécollerai une heure et demie plus tard – si tout va bien, toujours – pour entreprendre la deuxième et dernière étape de ce voyage. Et qui me mènera où, cette fois ? Hein ? Où ? Où ? Ceux qui connaissent la réponse, ne la dites pas ! Et qui me mènera en... (long roulement de tambour)… en… Équateur ! (deux coups de cymbales)

 

Ben oui, en Équateur…

 

Ceux qui l’ignorent encore, sachez qu’il m’a pris l’idée, avant les Fêtes, comme projet de voyage, de suivre des cours d’espagnol en Amérique du Sud. Me voilà donc en route, seul, pour acquérir quelques rudiments de base de cette belle langue latine dans une école spécialisée de cette partie du monde. Je me rends plus précisément à Quito, la capitale du pays, située au beau milieu de la Cordillère des Andes. Est-ce que ce n’est pas assez capotant, ça ?

 

L’école se nomme la Bipo & Toni’s Academia de Español, et elle se trouve en plein centre de la ville. Un gros merci à J-M, qui a lui-même déjà fait un séjour linguistique dans cette institution voilà quelques années, et qui me l’a recommandée. Et merci aussi à C(é) pour avoir titillé mon intérêt par rapport à cette destination.

 

Mais je ne pars pas là-bas en ultra néophyte. J’ai quand même déjà quelques mots de vocabulaire espagnol à mon actif ; dont la question la plus importante, sans doute, qu’il me fallait apprendre par cœur avant de partir, vous en conviendrez : « ¿Puedo tener un vaso de vino tinto por favor? – Gracias. » Traduction pour ceux qui, comme moi, ne sont pas du tout familiers avec la langue de Cervantès : « Puis-je avoir un verre de vin rouge, s’il vous plait ? – Merci. » Avec ça, je devrais survivre à peu près partout, qu’en pensez-vous ? Ha !

 

Lorsque j’ai appris à M(a) que je me rendais en Équateur dans le but « d’étudier », elle m’a aussitôt demandé, un peu inquiète, avec son style habituel – je la cite : « À part d’aller à l’école, en Équateur, vas-tu faire autre chose ? Genre visiter un peu ??? » Elle devait avoir peur que je m’enferme dans une bibliothèque ou je ne sais trop… Je l’ai rassurée.

 

Voici un bref aperçu du programme des jours à venir :

 

- Je serai parti 4 semaines (moins 1 jour). Là-dessus, je me suis inscrit à l’école pour une période de deux semaines ; me réservant les deux dernières pour aller visiter le pays en routard (cette partie du voyage n’étant pas encore vraiment planifiée).

 

- Les cours se donneront le matin, de 8h30 à 12h30, du lundi au vendredi.

 

- Le reste des journées sera libre, ainsi que les week-ends. Je les remplirai en m’enfermant dans ma chambre pour étudier la grammaire et les verbes… Ben non, je vous niaise encore… Je marcherai plutôt à grands pas dans la ville et dans les montagnes alentour…

 

- Par exemples, il y a des volcans actifs autour de la ville, dont surtout le Guagua Pichincha (4 800 mètres), qui se trouve à moins de 10 km, et dont j’aimerais bien tenter l’ascension et me retrouver au bord de son cratère (mon rêve !) ; et il y a aussi la ligne équatoriale, pas très loin au nord, que j’aimerais symboliquement enjamber ; et des petits villages pittoresques que J-M, C(é) et C(h) m’ont recommandés pour les avoir eux-mêmes déjà parcourus – merci à vous trois.

 

- Si jamais je tombais en amour avec Quito, je me laisse la latitude de rester là en me réinscrivant à l’école pour une troisième semaine, si le cœur m’en dit. Tout est donc possible.

 

- Je reviendrai finalement chez nous jeudi, le 21 février, en reprenant l’avion à 10h15.

 

Olé !

 

Si je fais comme j’en ai l’habitude, vous risquez de recevoir de mes nouvelles pas mal à tous les jours. Mais ça va dépendre : peut-être que je n’aurai rien de bien intéressant à relater si ce n’est que mes cours avancent bien et que je suis le chouchou de mes professeurs… Je verrai. Rassurez-vous, toutefois : si j’ai quelque chose le moindrement excitant à vous raconter quotidiennement, je ne me gênerai pas – vous me connaissez. Et c’est d’ailleurs ce qui risque de se produire… Imaginez : la vieille partie de Quito a été classée Patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO pour son architecture coloniale. Ça promet de belles ballades à pied, ça !

 

De votre côté, si mes petites aventures de touriste en herbe ne vous intéresse que plus ou moins, pas obligé de vous astreindre à cette lecture, hein ? Disposez de ces messages comme bon vous semblera. Y’aura pas d’offenses…

 

Cela dit, je devrais atterrir à 22h15, ce soir, à l’Aéroport international Mariscal Sucre (prononcez sou-cré), qui se trouve en pleine ville – c’est le cas de le dire. C’est un petit aéroport, mais c’est l’un des plus haut du monde – faut viser haut dans la vie, que je me suis dit…

 

Prenez le temps de lire ceci, OK ? « L’aéroport international de Quito est un aéroport qui se distingue pour diverses raisons : Premièrement, il fait partie des aéroports les plus hauts du monde (situé à 2 850 m d’altitude). Ensuite, il se démarque par son emplacement à l’intérieur de la ville, à quelques km à peine du centre historique. Ces particularités en font l’un des aéroports les plus dangereux de notre planète (piste courte et humide, brouillard, montagnes environnantes). »

 

Rassurant, n’est-ce pas ? Surtout que j’atterrirai apparemment sous la pluie…

 

Et pour en remettre un peu, lisez encore ce qui suit (pas toi, maman) : « Parmi les nombreux incidents survenus à Quito, en voici un exemple : le 19 mars 2009, un avion militaire de la FAE (Fuerza Aérea Ecuatoriana) s’est crashé dans une zone résidentielle près de l’avenue Gonzalez Suarez, faisant un total de 7 morts. Un bilan qui aurait pu être bien plus lourd si le drame ne s’était pas déroulé pendant les heures de bureau. »

 

J’ai vérifié sur Google Maps : l’avenue Gonzalez Suarez est située à moins d’un km de mon école… Bien du plaisir en perspective dans moins de quelques heures, donc !

 

Nonobstant tout ça, regardez les photos ci-dessous que j’avais dégotées sur Internet, et imaginez le contexte de vie de ceux qui habitent aux deux bouts de la piste… Ouf… pour ma part, l’auditif que je suis n’ose pas me mettre à leur place… Je n’ai que le bruit de la circulation automobile à endurer, en bas de ma fenêtre, sur la rue des Forges, et je ne suis déjà plus capable…

 

Heureusement pour ces pauvres gens (et pour les voyageurs !), cet aéroport est en phase de fermeture imminente ; et il sera apparemment reconverti en… parc de loisirs. Ha ! Je vois d’ici les yeux outrés de notre bon maire Lévesque qui l’aurait recouvert, lui, bien sûr, de condominiums de luxe, de casinos et d’un Disneyland méga full phosphorescent… Eh oui, monsieur le maire, vous avez bien lu : une ville du « Tiers-monde » (corrompue de surcroît) va modestement transformer un espace urbain quatre fois plus étendu que votre Trois-Rivières sur Saint-Laurent en simple « parc de loisirs » – plutôt que de l’exploiter en machine à taxes. Prenez-en de la graine…

 

Le Nouvel aéroport international de Quito est sur le point d’entrer en fonction à une quinzaine de kilomètres de là, dans une vallée, à l’est. En fait, il a déjà été inauguré le 11 octobre dernier, et il sera mis apparemment en service le… le 20 février prochain ! J’ai mis un point d’exclamation, car le 20 février correspond à la veille de mon vol de retour ! Un méchant adon... J’ai appris ça par hasard, après l’achat de mon billet… Pour revenir, je ne sais pas encore si je devrai me rendre au vieil ou au nouvel aéroport. Ce n’est pas du tout clair… Quand je disais à certains que les coïncidences me suivaient à la trace… me croyez-vous, là ?!

 

Bref...

 

À l’heure où j’arriverai ce soir, je n’aurai malheureusement pas la chance de voir ces images (photos précédentes) du haut des airs. Seulement qu’un maelström de lumières (si la pluie me le permet, en outre). C’est dommage… Mais d’un autre côté, c’est tant mieux : si l’avion fonce sur une montagne, au moins je ne la verrai pas venir… C’est une blague ! J’imagine que les pilotes affectés dans cette partie du monde sont des pros du manche à balai.

 

La suite sera mollo. Un chauffeur de l’école est supposé m’attendre dans la rue avec mon nom écrit sur un bout de carton pour me conduire dans ma famille d’accueil.

 

Je dis qu’il est « supposé » m’attendre, car j’ai toujours mon aventure de l’an passé en tête. Ceux qui m’ont lu à ce moment-là se souviennent peut-être de notre débarquement mouvementé à Calcutta ? Quelqu’un était aussi supposé nous attendre là-bas, Marguerite, Daniel et moi, directement à l’aéroport, à 2h00 du matin. Et il n’y avait personne ! Nous nous étions finalement retrouvés tous les trois dans la rue en pleine nuit, sans aucune roupie en poche, et sans aucun plan B. Quel souvenir ! Mais ça avait fait une anecdote le fun à écrire dans ma toute première chronique !

 

Quoiqu’il en soit, même si tout se passe sans anicroches, ce coup-ci, et même s’il n’y a aucun décalage horaire entre Montréal et Quito, pas sûr que je réussirai à dormir cette nuit : l’excitation et tout… vous savez ce que c’est… Mais c’est un bon stress !

 

Juste le fait d’être hébergé chez l’habitant, j’avoue que je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Ce sera ma première expérience du genre. Et c’est que je ne parle pas (encore) l’espagnol, moi… Qu’est-ce que je vais leur dire, en arrivant chez eux, ce soir, à ces braves gens ? Je ne suis toujours bien pas pour leur lancer mon « ¿Puedo tener un vaso de vino tinto por favor? »… Ce ne serait pas très approprié… OK, j’attendrai plutôt au petit-déjeuner, demain. Heureusement, je sais aussi dire « Buenas noches » (bonne nuit)… Ce sera toujours ben ça !

 

Allez, je vous laisse sur ce. Bonne route à ceux qui voudront m’accompagner virtuellement pendant les prochains jours.

 

Hasta pronto queridos amigos

 

Yvan Yvan

 

 

PS) Un gros merci à M-A et à L qui ont bien voulu se lever aux aurores afin de transporter ma carcasse jusqu’à Dorval. Un voyage dans une Ford Edge qui plus est – le gros luxe !

 

PS) À vrai dire, la chose qui m’inquiète le plus est la météo. Pendant deux mois, j’ai surveillé le temps qu’il faisait là-bas, et ce n’est pas très encourageant : la pluie tombe à tous les jours… Je me croise donc les doigts pour cet aspect-là du voyage… Peut-être que je devrais rester à Miami en fin de compte… 

 

Si vous désirez lire immédiatement la suite du voyage d'Yvan Yvan en Équateur, cliquez ici.

 



19/03/2017
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