Les maudits vents

Les maudits vents

(18) 18 juin 2018 - Dans "L'État de la Montagne"

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3 000 km avec une poussette (ou ma longue marche en solitaire dans les USA)

Chronique # 18 – Dans « L’État de la Montagne »

Lundi soir, le 18 juin 2018

Alvon (Virginie-Occidentale, USA), sous le picnic shelter de la Alvon United Methodist Church (Pocahontas Trail)

 

Dans le titre de cette chronique, j’ai mis les mots « L’État de la Montagne » entre guillemets parce qu’ils représentent le surnom de la Virginie-Occidentale (Mountain State). Et la devise de cet état, c’est : Montani semper liberi (« Les montagnards seront libres toujours »)

 

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Montagnes, montagnards… Quand je disais qu’il me fallait craindre cet état à cause de ses montagnes…

 

Les (vraies) montagnes des Appalaches, celles que je redoutais tant, sont maintenant bel et bien là, sous mes pieds. Et à cause de la force de la gravité, mon Pout-Pout vient de prendre un surplus de poids. Pendant que moi… Ben, pendant que moi, j’en perds (du poids), par le fait même… Et ce n’est que le début.

 

Je suis de pleins pieds en Virginie-Occidentale. Ta-lammm ! Et c’est pas de la tarte…

 

Heureusement, une âme généreuse s’est trouvé sur mon chemin, avant-hier, et elle m’a suggéré une autre route que celle que j’avais prévue, et ce, afin de m’éviter le pire. J’ai suivi son conseil, mais ça me fait faire un détour.

 

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Mais je vais trop vite. Je rewind et je reprends tout ça à partir du début, c’est-à-dire à partir d’avant-hier, le matin du 16 juin. C’était un samedi.

 

Samedi, le 16 juin 2018

 

On se rappelle peut-être que j’étais à Bluefield, ce matin-là : une ville à cheval en plein sur la frontière de la Virginie et de la Virginie-Occidentale. Il était 5h30 lorsque j’ai repris la route avec mon bâton de pèlerin (c’est-à-dire avec mon fidèle Pout-Pout). Le soleil n'était même pas encore levé. C’était mort dans les rues.

 

Pour ce nouveau périple (car il me semblait – étrangement – que j’entreprenais réellement un nouveau périple à partir d’ici), j’ai décidé d’emprunter une autoroute, histoire de me faciliter la tâche, car ce serait vraisemblablement la dernière avant un fichu bout de temps. C’était la 460, et je suis resté dessus jusqu’à 8 km avant la fin de mon trajet de la journée…

 

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Ça a été bon train. Un peu plate évidemment (sur les autoroutes, c’est toujours un peu plate), mais bon train quand même. Je joggais, même, lorsque les inclinaisons du terrain m’entrainaient vers le bas. La température était de mon bord encore aujourd’hui : soleil, pas trop d’humidité, petite brise, le nirvana (presque). Il y avait des DRR-DRR tout le long, mais l’accotement était suffisamment large pour que ça ne cause pas de problèmes. Les côtes se prenaient bien dans l’ensemble.

 

Encore une fois, je me sentais invincible ! Go go go vers mon objectif !

 

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En fait, et sans même m’en rendre compte (car il m’avait semblé avoir monté tout autant que descendu pendant tout le trajet), j’ai descendu pendant presque toute la journée, passant d’une altitude de 861 mètres à 457, sur une distance de 52 km.

 

Bizarre, hein ?

 

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Une autre chose curieuse, c’est que, vers la fin de la journée, je suis revenu en Virginie. Ben oui. Mais j’ai retraversé en Virginie-Occidentale 1 ½ heure plus tard. Weird, non ? C’était comme si j’étais retourné dans le passé pendant quelques minutes pour revenir ensuite dans le temps présent…

 

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Il y a évidemment une explication…

 

L’affaire c’est que je longeais la frontière de la Virginie, pis qu’un moment donné, j’ai passé à travers une « excroissance » de celle-ci. Car la Virginie, à cet endroit, fait un genre de hernie. Et je me suis retrouvé en plein dedans.  

 

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Mais si n'était de l'écriteau qui nous avertit de la chose, nous ne nous rendrions évidemment compte d'absolument rien, car c'est visuellement très... très « fluide », disons...

 

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Si je parle de cette excentricité de la frontière, c’est parce qu’il m’est arrivé une petite mésaventure à son entrée. Et une petite anecdote à sa sortie…

 

La petite mésaventure

 

Un moment donné, je me suis arrêté dans une station-service pour me ravitailler (celle, justement, qui se trouve sur la photo précédente, à droite de l'autoroute). Et lorsque je suis sorti et que je me suis apprêté à reprendre la route… Vlan ! J’ai vu que mon Pout-Pout était sur le flat !

 

Ben oui, encore une fois…

 

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Tu parles d’une maudite affaire, toi !

 

Mais je n’ai pas paniqué. Contrairement à la fois précédente (où j’avais fait un vrai fou de moi), ce coup-ci, je suis demeuré stoïque dans ma face et dans ma tête. Et fort de ma dernière expérience et de mon stage de formation en réparation de crevaison chez Wayne Musick, j’ai tout de suite entrepris de réparer le dommage sans perdre les pédales (de toute façon, mon Pout-Pout n’en a pas – de pédales).

 

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Et ça s’est fait dans le temps de le dire. Zip-zap ! Ça ne m’a même pas pris 15 minutes que je reprenais déjà la route. Et voilà le travail. Pas plus compliqué que ça. J’étais fier de moi comme un pape qui vient tout juste d’être élu.

 

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La petite anecdote, maintenant

 

À la sortie de la hernie de la Virginie, deux policiers m’ont arrêté. C’était pour la même raison que d’habitude : ils voulaient savoir ce que je faisais là, sur le bord de la route avec un Pout-Pout. Et comme d’habitude aussi, après les explications d’usage, ils m’ont félicité gros comme le bras en m’encourageant pour la suite.

 

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L’affaire, c’est que j’ai failli être impoli en me moquant d’eux. Ils étaient en uniforme, évidemment. Mais cette fois, ils portaient un chapeau du genre, vous savez ? du genre de celui du gardien dans les dessins animés de Yogi l’Ours :

 

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Je ne sais pas ce que les autres en pensent, mais personnellement, je trouve que ça leur enlève de la crédibilité, de porter un chapeau comme ça. Me semble qu’on n’a pas tendance à les prendre trop au sérieux. Non ?

 

Anyway…

 

C’est comme ça que je me suis retrouvé sous un picnic shelter derrière une église méthodiste à Peterstown, une toute petite ville située encore une fois à la frontière séparant la Virginie de la Virginie-Occidentale.

 

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L’on remarquera sans doute que je me retrouvais de ce fait dans la même situation que la veille au soir

 

Quand on y pense, on ne peut s’empêcher de tomber sur le dos en prenant conscience de cette extraordinaire coïncidence… Les 15 et 16 juin, j’ai en effet couché exactement :

 

- Dans une ville à cheval sur la frontière Virginie / Virginie-Occidentale

- Du côté de la Virginie-Occidentale, à quelques mètres de la frontière

- Sur la propriété d’une United Methodist Church

 

Ça frôle le surnaturel, non ? Je voyage quasiment (musique de Twilight Zone, ici) dans la 4e dimension…

 

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Une fois assis, et en attendant que quelqu’un vienne me voir pour que je puisse m’installer en bonne et due forme, j’ai entrepris de réparer ma chambre à air crevée (pff, y’avait rien là), et de soigner les nombreuses plaies de mes pauvres pieds en les inondant d’alcool afin d’empêcher que l’infection les envahisse (ma hantise).

 

Et c’est là qu’une femme a marché vers moi. Elle venait de la maison juste à côté, et elle m’apportait une bouteille d’eau. Elle s’est présentée : Becky (de son vrai prénom Rebecca), et elle était justement la pasteure de l’église. Nous avons tout de suite sympathisé. Elle m’a invité chez elle et elle m’a présenté à son mari et à leurs deux magnifiques chiens lévriers.

 

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La soirée s’est déroulée comme dans un rêve : j’ai pu encore une fois prendre une bonne douche chaude (le nirvana du marcheur de longues distances).

 

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Becky a en outre mis mes vêtements dans la laveuse et dans la sécheuse (ils sentaient bon la rose lorsqu’elle me les a redonnés), j’ai mangé une croûte, j’ai bénéficié du WiFi, et j’ai pu installer ma tente sur leur galerie, sous le toit, à l’abri et en sécurité (ils m’ont offert de dormir dans la maison, mais j’ai refusé).

 

Mais EN PLUS, le mari de Becky, Carl, un pasteur lui aussi, a passé une partie de la soirée en ma compagnie, à m’aider à tracer une nouvelle route pour ma traversée de la Virginie-Occidentale.

 

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Comme je le mentionnais, durant les jours précédents, et fort de la carte routière que j’avais enfin trouvée pour traverser cet état, je m’étais concocté un trajet le plus direct possible vers le nord-est. Mais une carte routière, c’est très abstrait. Dans le sens que ça ne nous indique pas les courbes de niveau.

 

Qu’à cela ne tienne, j’étais évidemment conscient que le sport (les côtes) allait commencer pour de bon, mais j’étais quand même confiant. N’avais-je pas réussi à franchir un col de 300 mètres de dénivelé voilà à peine trois jours ? Je me sentais (encore et toujours) invincible…

 

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Façon de parler, bien sûr… De toute façon, 300 mètres de dénivelé sur 7 km, faut quand même pas s’exciter le poil des jambes avec ça…

 

Mais Carl m’a ramené à une plus juste perspective des choses, car semblait-il que je me dirigeais tout droit dans le trouble (à travers de hautes montagnes où l’on fait du ski).

 

Il m’a suggéré un détour. Ça me rallongerait, certes, et je n’allais pas éviter les montagnes de toute manière, certes également, mais ça limiterait apparemment un peu les dégâts dans lesquels j’étais pour m’empêtrer.

 

Et c’est avec l’âme en paix et en remerciant mon ange gardien pour avoir (encore une fois) placer ces braves gens sur ma route, que je suis tombé dans les bras de Morphée après ces 52 km de promenade loin de chez moi.

 

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Dimanche, le 17 juin 2018

 

Départ à 6h00, après avoir laissé un petit mot de remerciement sur la table de patio de mes hôtes, et go vers de nouvelles aventures.

 

Pas grand-chose à dire à propos de cette journée, en fait. Le temps était pas mal semblable à celui de la veille. Un brin plus chaud, sinon, mais je crois que c’était juste une sensation due aux côtes qui se faisaient de plus en plus nombreuses et de plus en plus abruptes. Le chemin ne comportait pratiquement jamais d’accotements, mais le trafic n’était pas trop intense. Donc, ça n’allait pas trop mal.

 

En passant, je préfère les chemins carrément sans accotements que les chemins avec accotements remplis de DRR-DRR. Ça revient sans doute au même du fait qu’il faut marcher directement sur la route, mais c’est moins frustrant. Mais j’ai peut-être déjà dit tout ça auparavant (dans ce cas, excusez mon radotage).

 

Cela dit, je n’ai fait que 47 km. Et je me suis arrêté à 15h00 dans un petit village de rien du tout qui s’appelle Pickaway.

 

Je n’ai pas aimé ça…

 

Je n’ai pas aimé ça pour deux raisons : 1) je n’aime pas m’arrêter si tôt dans la journée, et 2) je n’aime pas être en dessous de 50 km à la fin d’une journée de marche. Mais ce coup-ci, je n’avais pas trop le choix. Premièrement, j’étais fatigué et mes pieds commençaient à demander grâce. Et deuxièmement, la ville après Pickaway était trop loin (20 km) pour que j’espère l’atteindre.

 

Et puis là, à Pickaway, il y avait un beau picnic shelter avec lumière et électricité derrière une église. Je l’avais spotté, la veille, avec Carl, sur Google Street View. Il était bien caché, mais aucun shelter n’échappe plus à mon œil de lynx maintenant !

 

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Pis en plus, le pasteur de cette église était un ami de Carl. Il était en vacances, mais j’avais quand même la permission de m’installer à cet endroit si je le désirais. Et si on me posait des questions, je référerais à Carl.

 

Ça fait que voilà…

 

Le temps a été long de 15h00 jusqu’au coucher du soleil dans mon shelter du bout du monde. Mais grâce à l’électricité, j’ai pu au moins m’amuser un peu avec mon laptop…

 

Avant de clore cette journée, juste mentionner que j’ai commencé à voir pas mal de chevreuils depuis une couple de jours. On dirait qu’ils sont légion par ici.

 

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À ce propos, une dernière petite anecdote…

 

Au crépuscule, alors qu’il faisait noir et que l’atmosphère était enveloppée d’un brouillard d’humidité, j’ai uriné face au champ, en arrière. Et pendant que je m’activais paisiblement de la sorte, et que j’étais un peu dans la lune, mon regard a soudain perçu un mouvement devant moi. J’ai tenté de percer l’obscurité et le rideau de brume, et j’ai finalement vu de quoi il s’agissait : c’était un chevreuil. Il se tenait à moins de 10 mètres et il me fixait, immobile et impassible, comme s’il se demandait, lui, ce que je faisais là.

 

C’était la première fois de ma vie que je pissais 1) devant un cervidé, et 2) devant un cervidé qui me dévisageait stoïquement en pleine face, de si près, et sans bouger.

 

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J’ai en outre appris comment le chevreuil crie lorsqu’il a peur… Il « brame », oui, d’accord, mais c’est quoi « bramer », concrètement, hein ? Eh bien, ça fait le bruit de quelqu’un qui se mouche d’un coup sec dans la nature, sans mouchoir, sans kleenex, sans rien. Vous voyez le topo ? Un gros « knnnfff ! », genre (c’est pas ragoûtant à entendre et c’est difficile à reproduire littéralement)…

 

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Lundi, le 18 juin 2018

 

Et c’était reparti pour un tour : départ à 6h00, comme d’hab.

 

Je passe rapidement car, encore une fois, la journée d’aujourd’hui a ressemblé étrangement à celle d’hier en termes de température, côtes, chevreuils et nombre de km parcourus (48).

 

Juste dire que j’ai eu chaud en tabarnouche, par contre, surtout dans les montées.

 

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Mais il ne faut pas que je me plaigne, car c’est pas terminé, et tant s’en faut.

 

Mais je tiens à relater une anecdote. Il s’agit en fait d’une (autre) coïncidence. Ben oui, une autre. Mais elle est forte, celle-là aussi.

 

C’était vers le milieu de la journée. Je me dirigeais vers White Sulphur Springs et je montais une côte passablement à pic en poussant mon Pout-Pout à bout de bras. Je dégoûtais comme un damné et je devais avancer genre à 3-4 km/hre, pas plus.

 

Une auto, qui venait en sens inverse, a soudain arrêté de l’autre côté de la rue. La conductrice est sortie de son véhicule et m’a demandé si je voulais un lift.

 

— Merci, mais vous n’allez pas dans le même sens que moi, que je lui ai fait remarquer.

 

— C’est pas grave, qu’elle m’a répondu. Je vous déposerai où vous voudrez et je reviendrai ici plus tard

 

J’aurais accepté avec plaisir, mais c’était finalement impossible, car mon Pout-Pout n’entrait carrément pas dans son coffre. Je l’ai quand même chaleureusement remerciée et nous avons pris le temps de bavarder un peu sur le bord de la route. Et c’est là que j’ai appris qu’elle était la pasteure de la United Methodist Church de White Sulphur Springs, et (tenez-vous bien) qu’elle connaissait très bien Carl, celui qui m’avait offert le gîte deux jours plus tôt !

 

Bong !

 

Le monde est donc bien petit ! Non, mais sans blague : les deux seules personnes avec qui j’ai parlé tout à fait par hasard au cours des deux derniers jours dans tous les États-Unis d’Amérique (dans deux endroits passablement éloignés l’un de l’autre) se connaissaient elles-mêmes très bien ! C’est-y pas assez fort rien qu’un peu, ça ?!

 

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Je veux aussi mentionner que c’est aujourd’hui que je me suis officiellement engagé dans le détour suggéré par Carl. J’espère que j’ai bien fait – gloup !

 

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Même si je lui fais confiance, j’ai quand même une petite crainte. Je suis tout d’abord conscient de me rallonger un peu. Mais en plus, je sais que je n’éviterai pas les côtes, de toute façon. Mais je suis inquiet, surtout, parce que je me suis de la sorte engagé dans une région passablement désertique. Déjà que je trouve que cette partie de la Virginie-Occidentale est plus « sauvage » (mot non péjoratif) qu’ailleurs. Alors, qu’est-ce que ce sera durant les prochains jours, sur ces routes très secondaires ?

 

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Je crains surtout pour mon ravitaillement, car j’ai remarqué que les stations-service et les food market étaient déjà passablement rares depuis quelques jours…

 

Mais bah, allez Yvan, quoi ! Vis l’instant présent et fais confiance à ton ange gardien pour le reste !

 

Je me trouve en ce moment sous un shelter, derrière une église de la United Methodist Church (décidément, elles sont implantées partout, celles-là !), dans un tout petit bled nommé Alvon. Avant de me coucher (en passant, la chaleur et l’humidité sont revenues en force, ce soir), j’ai eu la visite d’un responsable de l’église (j’ai malheureusement oublié son prénom). Il m’a gentiment refilé quelques provisions et des boissons gazeuses. Le monde est vraiment gentil…

 

Et durant la nuit, j’ai eu une seconde visite, mais d’un tout autre genre, celle-là : un raton laveur… Un raton qui s’en est d’ailleurs donné à cœur joie à renverser les poubelles du shelter et à fouiller dedans dans un boucan d’enfer. Mes cris réussissaient toujours à l’éloigner, mais jamais pour très longtemps…

 

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DU SAMEDI 16 JUIN AU LUNDI 18 JUIN 2018

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 LA CAPSULE ENCYCLOPÉDIQUE

DES MAUDITS VENTS

 

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Population de la Virginie-Occidentale : environ 1,8 million.

 

La carte ci-dessous représente la répartition de la population sur l’ensemble du territoire : ça part du rouge (très densément peuplé – les agglomérations urbaines, pour ainsi dire) au vert (plutôt dépeuplé), en passant par le jaune (moyen).

 

À noter qu’un moment donné, je vais me retrouver dans la région la plus désertique de l’état (moins d’un habitant par mille carré). Je l’ai encerclée sur la carte :

 

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Pour l’origine de son nom, voir ma capsule encyclopédique sur la Virginie qui l’expliquait de long en large.

 

La plus grande ville de cet état est la capitale, Charleston (environ 230 000 habitants).

 

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Capitol Street, Charleston

 

Elle est quand même un peu trop grande, encore une fois, pour le pèlerin sauvage que je suis... De toute façon, ça me ferait faire un trop long détour pour aller la visiter. Et je préfère rester dans mes Appalaches, nan ! J’irai donc danser le charleston à Charleston une autre fois.

 

Il y a 5 villes de plus de 100 000 habitants dans cet état, mais aucune qui se rapproche du million.

 

Ci-dessous, le relief de la Virginie-Occidentale et, mon itinéraire approximatif à travers celui-ci :

 

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Si j’ai commencé mon périple dans les mornes plaines, eh bien, maintenant, on peut dire que je suis dans les montagnes russes…

 

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Depuis que je suis dedans (dans cet état), j’ai une autre chanson qui ne me sort plus de la tête, comme un ver d’oreille. C’est une très belle chanson, remarquez, mais comme je prévois rester plus d’une semaine par ici, j’espère qu’elle me fichera la paix un moment donné, car ça risque de devenir tannant à la longue.

 

Elle est de circonstance, par contre, car parait qu’elle est devenue un peu l’hymne national de la place.

 

Devinez-vous c’est quoi ? Un indice : son auteur s’appelle John Denver.

 

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Si vous n’avez pas peur qu’elle devienne votre ver d’oreille à vous aussi, cliquez ici pour l’entendre.

 

 

 

 

 

 

 



05/11/2018
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