Les maudits vents

Les maudits vents

La Matrice

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Vous avez sans doute déjà vu La Matrice ? Il s’agit d’un film de science-fiction sorti en salle en 1999. Il a été réalisé par les sœurs Lana et Andy Wachowski, et sa vedette principale est Keanu Reeves. Je vous en révèle la trame, juste pour les nécessités de mon propos…

 

Cela se passe… je ne me souviens plus à quelle époque, mais peu importe. Un méga ordinateur a pris possession de la Terre. Pour « vivre », il a besoin d’une gigantesque et inépuisable quantité d’énergie. Celle-ci lui est fournie par l’esprit humain. Tous les êtres humains sont de ce fait « cultivés » et maintenus dans un sommeil artificiel. Pendant qu’ils dorment, ils sont connectés à la machine et assurent ainsi sa survie.

 

Pour remplir son rôle de batterie, et même s'il est endormi, l’esprit des humains doit cependant demeurer actif. Pour ce faire, l’ordinateur a conçu un programme informatique dans lequel chaque esprit humain s’intègre en pensée, croyant qu’il s’agit de la réalité. Ce programme, c’est le monde physique dans lequel nous vivons.

 

Les hommes et les femmes déambulent donc mentalement dans une sorte de rêve éveillé, occupés sont-ils quotidiennement à travailler et à vaquer à leurs tâches courantes, pendant qu’ils sont en réalité étendus dans un cocon et qu’ils sont reliés par des fils au cœur de l’ordinateur.

 

Ce programme informatique, cette virtualité que l’esprit humain prend pour la réalité, porte le nom de Matrice.

 

Dans le film, certaines personnes le comprennent tant bien que mal au fil du temps, et réussissent à percer ce voile. C’est le cas de notre héros, bien sûr : Néo – l’Élu — qui parvient à en sortir.

 

Et c’est à partir de là que le film devient beaucoup moins intéressant.

 

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 * * * * *

 

Vous me voyez venir, n’est-ce pas ?

 

Rassurez-vous, je ne crois pas, non, que le monde dans lequel nous vivons est un programme informatique. Ça, c’est de la science-fiction basée sur la technologie populaire d’aujourd’hui. Mais pour ce qui est du principe, toutefois, celui de l’illusion que pourrait être notre monde matériel, alors ça, oui, cela me semble une évidence. Pas vous ?

 

Juste avant que je développe cette idée, répondez à cette question : qu’est-ce qu’on fiche ici, exactement ? Si vous détenez la clé de cette énigme, vous êtes l’être le plus perspicace que la Terre ait connu.

 

À première vue, c’est complètement débile… Nous naissons un moment donné quelque part – et déjà, en partant, la date et le lieu de cet événement paraissent absolument aléatoires. Nous grandissons. Nous tentons tant bien que mal de gagner notre croûte. Nous nous démenons pour acquérir – voler – des biens matériels. Nous vivons des relations humaines avec les autres. Nous nous entretuons. Nous avançons au jour le jour, au hasard des rencontres que nous faisons et des circonstances qui nous tombent dessus. Et puis, nous vieillissons – inexorablement. Et nous mourons.

 

Une fois passé ad patres, à quoi tout cela a-t-il servi ? À absolument rien, apparemment, admettez-le. Alors, vu comme ça, n’est-ce pas que c’est complètement absurde ?

 

L’idée – l’évidence – que nous sommes en cet instant même dans une sorte de matrice m’est venue non pas en marchant ou en pédalant sur les routes, cette fois – quoique j’y ai beaucoup songé de cette façon par la suite –, mais au boulot.

 

Je travaillais dans un bureau du gouvernement. Comme tous mes collègues, je recevais des gens, j’analysais leurs besoins, et je prenais des actions pour les aider. Après leur départ, je devais tout consigner dans notre base de données. Pour ce faire, je créais des dossiers, je rédigeais des comptes-rendus d’entrevues, et je procédais à toutes sortes de transactions qui avaient des incidences financières.

 

Mais au début, lors de notre formation initiale, et plus tard également, afin de procéder à des tests, nous avions un programme informatique intégré dans nos systèmes qui nous autorisait à faire comme si nous étions dans la réalité, c’est-à-dire de créer des dossiers fictifs, de les manipuler, d’émettre des paiements, etc.

 

Le processus était simple : nous entrions un mot de passe qui nous ouvrait la porte d’un monde virtuel. À l’intérieur, nous nous trouvions dorénavant dans un autre univers, et tout ce que nous faisions n’avait aucune conséquence dans la vraie vie. Il nous était permis de faire ce que nous voulions là-dedans. Il m’est ainsi déjà arrivé de donner naissance à des gens et de les faire mourir quelques heures plus tard. Une fois toutes nos expérimentations terminées, nous en sortions, et la vie réelle reprenait son cours, ni vu ni connu, tandis que nous mettions cette formation à profit.

 

Les pilotes d’avion vivent le même phénomène lorsqu’ils sont en formation dans les simulateurs de vol : il leur est permis de faire n’importe quoi dans ce cube : tournoyer comme bon leur semble, et s'écraser, même, s’ils le désirent. Et cela n’a aucune incidence. Une fois qu’ils en sortent, ils retournent dans le monde réel, forts de leur apprentissage.

 

Des millions de personnes font pareil en jouant à des jeux vidéos : dans ces univers virtuels, ils assassinent tout ce qui bouge sans réellement tuer personne…

 

D’après moi, ce serait un peu la même chose en ce qui concerne notre monde dit « réel ».

 

* * * * *

 

J'en reviens à la débilité de la vie. Cette existence que l’on mène ici n’a donc aucun sens, logiquement parlant. C’est un fait entendu. On n’en perçoit pas le but. Nous vivons dans une absurdité complète.

 

Mais nous constatons en même temps que l’univers n’est pas un chaos – c’est même tout à fait le contraire. Il est sans doute démesuré et difficile à comprendre, certes, mais il n’en est pas moins parfaitement organisé, parfaitement orchestré, parfaitement huilé. L’univers existe selon des lois formidables qui ne souffrent d’aucune imperfection. Tout est logique dans l’univers, tout est impeccable, tout est nickel chrome.

 

Le chaos indescriptible qui règne sur Terre, au sein de la faune humaine, semble aller complètement à l’encontre de l’ordre universel. Ce monde de l’être humain est illogique, au contraire de l’univers qui l’est, lui – logique. L'homme pourrait s'autodétruire par pure passion émotive, alors que l’univers ne fera jamais une telle chose. Si l'univers s’autodétruit un jour, ce ne sera pas sur un coup de tête ou à cause d’un affront personnel. Ce sera pensé et organisé, et il y aura une raison.

 

Il n’en demeure pas moins que nous faisons bel et bien partie de cet univers ordonné. Dans ce cas, dites-moi : comment le chaos peut-il faire partie intégrante de l’ordre parfait, sans risquer d’anéantir cette harmonie ? Car ce danger serait bel et bien présent. La preuve n'en est-elle pas qu'un seul virus microscopique est en mesure, potentiellement, de tuer un organisme des milliards de fois plus grand que lui ?

 

Une réponse possible : parce que le chaos en question est circonscrit à l’intérieur d’un système qui l’encadre de tous les côtés : dans une matrice…

 

Dans celle-ci, dans cette matrice, il nous serait alors permis, à nous les humains, d’expérimenter tout ce que nous voulons, de nous torturer, de nous entretuer, de faire sauter la planète, sans que cela ne soit dangereux pour le monde « réel ».

 

Selon cette conception des choses, nous serions comme les individus que je créais dans mon système virtuel, au boulot.

 

Ces individus, je les faisais naître, je leur faisais vivre des situations et je les faisais mourir. Ils n’avaient aucune conscience de leur statut de virtualité. Ils ignoraient pourquoi ils étaient là. Ils vivaient en fonction de mon apprentissage personnel : moi, leur Créateur, dont ils ignoraient également tout de l’existence. Ils me servaient d’expérience. Et une fois leur tâche accomplie, zip, ils disparaissaient. Et cela n’avait aucune incidence ni dans leur monde à eux – puisqu’il s’agissait d’un monde virtuel –, ni dans le mien. Et je poursuivais ensuite moi-même ma route en utilisant le fruit de cette expérience.

 

De la même façon, notre véritable Moi existerait en ce moment dans un autre monde – réel –, et il observerait sa créature – nous – se démener dans le monde matériel.

 

Nous serions donc ici afin de vivre des expériences dont notre véritable Moi a besoin pour se parfaire lui-même.

 

C’est pété ?

 

Mais avouez que ça tient bien la route.

 

Minimalement, cette explication a au moins le mérite de donner un sens à notre chaos apparent – et à ne pas devenir fou au sein de cette démence.

 

Bref, si ce que je pense est vrai, notre monde serait une illusion – comme dans le film La Matrice. Ai-je l’air d’un génie pour avoir songé à une telle chose ? Rassurez-vous : cette idée n’est pas de moi, et elle ne date pas d’hier. Elle sert même de préceptes de base à de grandes religions actuelles, tels l’hindouisme et le bouddhisme.

 

Ce monde d’illusions porte d’ailleurs un nom depuis des millénaires.

 

Ce nom, ce n’est pas la Matrice.

 

On l’appelle Maya.

 

 



10/04/2017
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