Les maudits vents

Les maudits vents

Mauricie --- Parc national de la Mauricie --- Sentier Mékinac

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Samedi, le 27 mai 2017

 

Eh oui : je suis retourné dans le Parc de la Mauricie. Et ce ne sera sans doute pas la dernière fois. J’espère que vous l’aimez, ce Parc-là… Parce que je me suis donné comme projet d’y faire toutes les pistes de niveaux « intermédiaire » et « difficile », cette année. Il n’y en a pas tant que ça, et c’est faisable, bien sûr – les vraies randonneurs riraient de lire ça. Il n’y a qu’à y aller graduellement. J’ai commencé par les plus faciles – cascades et falaises. Aujourd’hui, c’était au tour de la Mékinac

 

Longueur : 11 km

Niveau de difficulté : intermédiaire.

 

Le sentier Mékinac (en vert sur la carte, un peu plus bas), c’est une partie du sentier Deux-Criques (orange), qui est d’une longueur, lui, de 17 km, et qui est classé comme étant le sentier le plus heavy du Parc. Je me le réserve pour un peu plus tard, celui-là : quand les moustiques se seront calmé le pompon, disons. Bref, on verra : chaque chose en son temps.

 

Pour prendre le sentier Mékinac, deux choix de stationnement sont possibles pour l’auto. Il faut d’abord entrer dans le Parc par le secteur St-Jean-des-Piles. Une fois passée la cabane de péage :

 

1) on peut faire 3,3 km (3 minutes) et garer son auto au stationnement Mékinac (point Q sur la carte du sentier – voir un peu plus bas)

 

2) on peut faire 4,5 km (5 minutes) et garer son auto au stationnement Rivière-à-la-Pêche (point A sur la carte du sentier)

 

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Partir de Q ou partir de A, ça revient exactement au même étant donné que le sentier est une boucle. Pour ma part, je me suis parké au Mékinac (point Q).

 

Mékinac est un mot algonquin qui signifie apparemment « tortue ». Dans ce cas, théoriquement du moins, il doit donc y en avoir quelques-unes dans le coin – des tortues –, mais je n’en ai pas aperçu une seule. Mais bah, pour tout vous avouer, je ne m’attendais pas à en voir non plus. Je n’ai donc pas été déçu. Je craignais un peu les ours, par contre, comme d’habitude. Mais je n’en ai pas rencontré un seul non plus. Ce qui a été une bonne chose.

 

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En prenant le sentier comme je l’ai fait, c’est-à-dire à partir du point Q, et dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, on part tout près de la rivière Saint-Maurice qu’on longe pendant 2 km. Tronçon très facile, très pout-pout – c’est une trail de 4 roues. Mais très décevant en ce qui me concerne. Je vous explique.

 

En étudiant le sentier sur la carte, je croyais que j’allais marcher le long de la belle rivière St-Maurice. En réalité, on en est trop éloigné, et les arbres nous la cachent pratiquement tout le temps. Il arrive quelquefois qu’on la distingue un peu à travers le feuillage, mais c’est loin d’être satisfaisant. La première fois qu’on la voit pour la peine, c’est juste avant de bifurquer à l’intérieur des terres. Un peu frustrant.

 

Rendu au point N, on parvient à une passerelle flottante qui nous permet de traverser une rivière à l’endroit pile où celle-ci se jette dans le Saint-Maurice. Le spectacle est évidemment de toute beauté. Je conseille d’en profiter pour prendre un peu de repos, car à partir de là, c’est le vrai sport de rando qui débute : une côte... Une côte qui est longue. Pis à pic.

 

Ça monte raide pendant presque 2 km. Il y a des escaliers sur plusieurs tronçons. Pour ceux qui ont un problème avec les montées, j’avoue que ces marches-là qui se perdent à l’infini vers le haut, ben ça peut faire peur sur le coup. Le truc, c’est de rester cool, pis ne pas les escalader en voulant montrer à tout le monde qu’on est un randonneur émérite – genre « j’ai même pas chaud, chu même pas essoufflé ». Car la route est encore longue avant le retour au bercail. L’humilité est de rigueur, ainsi que les petites enjambées pas trop rapides.

 

Personnellement, j’aime ça quand ça monte de cette façon-là. Pas parce que je suis masochiste. Non. J’aime ça parce que 1) ça m’oblige à garder la forme ; pis 2) habituellement, quand ça monte, c’est parce qu’il y a quelque chose de spécial qui nous attend en haut : un belvédère, par exemple, ou un beau point de vue. Ben c’est justement ça qui s’est passé en haut de cette côte-là.

 

Mais pour profiter du spectacle, il faut faire un détour d’environ 0,8 km (aller-retour) sur un bout de sentier qu’ils appellent le Rosoy (point K sur la carte). Il se trouve là, au bout de ce Rosoy, non pas un, mais bien deux belvédères ! On rit pus…

 

Le premier fait face vers le nord, avec vue sur le lac Rosoy en contrebas. Pas ben ben gros, ce lac-là – c’est quasiment un étang. Le deuxième, pour sa part, fait face vers le sud-est, avec une vue sur la rivière St-Maurice, au loin. Il s’agit d’un belvédère de luxe, avec deux belles chaises confortables, de couleur rouge, et une petite table pour déposer nos bières. Il ne manque qu’un parasol. Je l’ai surnommé le « belvédère club med »…

 

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Si je me fie à Google Map, j’étais alors quelque chose comme à 220 mètres d’altitude. On a déjà connu ben pire que ça, hein ? Je me souviens entre autres de mon ascension jusqu’au refuge du Cotopaxi : 4800 mètres d’altitude. Là, tu commences à jaser…

 

Bon, OK, revenons un peu plus bas… Rendu à cette étape-ci, j’avais la moitié du chemin de fait. Mais y’était un peu trop de bonne heure pour luncher. Pis de toute façon, la place était envahie de moustiques. Ça fait que je me suis contenté de boire quelques gouttes d’eau et de croquer une pomme en reprenant mon bâton de pèlerin. Façon de parler : je ne marche pas avec un bâton. Je trouve ça trop encombrant. Déjà que je trouve ça achalant d’avoir un sac à dos et le kodak en bandoulière.

 

Petite parenthèse… C’est ici que la piste Deux-Criques (celle que je me propose de faire un de ces quatre, vous vous rappelez ?), c’est ici, donc, que la piste Deux-Criques quitte la Mékinac pour s’enfoncer vers le nord, vers mille dangers. Mais je n’en suis pas encore là. Aujourd’hui, je suis resté dans mon tit sentier Mékinac.

 

À partir de là, la trotte est de 2,5 km, sur un terrain relativement plat, avant de parvenir à un autre belvédère (le point M) qui nous permet de contempler le Saint-Maurice, encore une fois – mais de loin. C’est à cet endroit que j’ai fait ma pause lunch. Il était temps : à la grosseur que j’ai, la réserve d’énergie dont je dispose se vide rapidement ! Comme je le dis des fois à ma blonde : « Si je ne mange pas à intervalles réguliers, c’est risqué que je meure. » Et pas question de donner mon corps en pâture aux ours. De toute façon, ils n’en voudraient pas, car ils sont végétariens.

 

Je suis resté sur ce banc pendant une vingtaine de minutes à savourer mon lunch pis à jouir de la nature. Tabarnouche qu’on est ben dans le bois et dans le silence ! Je dis ça, parce que, miraculeusement, il n’y avait pratiquement pas de moustiques !! Mon ange gardien prenait soin de moi, c’est le cas de le dire. La vue était so so, par contre, mais on peut pas tout avoir, hein ?

 

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À partir de cet endroit, les belvédères sont terminés. Mais c’est pas grave : on bénéficie de quelque chose d’aussi intéressant. Je vous raconte ça tu-suite…

 

En reprenant la route à partir du point M, ça descend raide sur une bonne distance. Et en bas, on arrive à une petite rivière (un ruisseau) qui coule dans le fond d’une vallée. Ça, mes amis, ça réconcilie avec la vie. Personnellement, ça me rend zen de suivre un cours d’eau tranquille, comme celui-là, avec le doux bruit des tites cascades qui m’accompagnent. J’entre quasiment en transe pis je me mets à voir des elfes pis des ondines. Dommage que ça ne dure pas longtemps : environ 0,7 km, peut-être ?

 

Je ne m’en suis pas plaint : j’ai pris tout ce qui passait.

 

Quand on quitte ce ruisseau – au point B –, on recommence à monter. Et la pente est… pentue, disons. Mais c’est pas trop long. Et en haut de la côte (point HH), on est sur nos derniers milles. Le sentier devient un sentier ordinaire de forêt. Mais la nature est belle pareil, pis on respire quand même du bon air pur.

 

On sent par contre qu’on arrive au stationnement. Pourquoi je dis ça ? Parce qu’on longe la route du Parc qui se trouve sur notre droite, pis qu’on entend les voitures rouler pas très loin. Le bruit des moteurs, ça fait un peu moins nature, évidemment… Pis en plus, un bout de ce tronçon-là est une sorte de chemin de chantier – pas très beau. Ça alterne comme ça sur environ 3 km.

 

Et voilà. J’étais parti à 9h00. Je suis revenu à 12h30. Une trotte de 3 ½ heures, donc.

 

À noter…

 

Quelque part sur les 2 premiers kilomètres à partir du stationnement Mékinac, le sentier se sépare en deux, nous laissant le choix de prendre à gauche ou à droite, les deux étant parallèles. J’avais opté pour la droite, en espérant que je verrais davantage la rivière St-Maurice. Ce qui n’a pas été le cas. À gauche ou à droite : c’est du pareil au même.

 

Dans les alentours du kilomètre 1, je me suis fait dépasser par un joggeur. Bon… Puis, plus tard, juste avant que je m’arrête pour luncher, le même joggeur m’a de nouveau dépassé. Comment se fait-il qu’il m’ait dépassé à deux reprises, alors que je ne l’avais jamais rencontré de face ? Comprenez-vous quelque chose là-dedans ? La seule explication, c’est qu’il a fait deux fois la piste Mékinac (11 km) en courant ! Si c’est ça, c’est Iron Man…

 

Questionnement…

 

Des Français m’ont déjà demandé pourquoi on dit « le » St-Maurice, alors qu’il s’agit de « la » rivière St-Maurice. J’en ai aucune idée. Pis vous autres, le savez-vous ? C’est comme « le » Richelieu. Mais c’est le contraire de « la » St-François… Bizarre, hein, quand on y pense deux minutes ?

 

Yvan Yvan

 

 



28/05/2017
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