Les maudits vents

Les maudits vents

2013-01-29 --- Dans l'atmosphère de la vieille ville de Quito

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De : Yvan Yvan – Quito

Date : mardi, 29 janvier 2013

À : parents et amis

 

Bonjour à tous,

 

Quelle belle journée, encore une fois ! Du soleil en veux-tu en v’là, de la belle chaleur, aucune humidité, un petit vent juste OK. Je jette un coup d’œil sur différents sites météo, de temps en temps, et ils n’arrêtent toujours pas d’annoncer de la pluie à tous les jours. Mais curieusement, depuis mon arrivée, il n’en est pas encore tombé une seule goutte, ni le jour ni la nuit. Ils disent vraiment n’importe quoi. Mais je ne m’en plains pas !!

 

Ah ! Si j’avais fait plus attention, le premier jour ! Je pourrais en profiter encore davantage… Je subis en ce moment de plein fouet les contrecoups de mon coup de soleil de dimanche passé. Le dessus de ma tête, mon front et mon visage commencent à faire de vilaines plaies. Des cloches d’eau laissent écouler leur contenu.

 

Pour soigner ça, je suis entré dans une pharmacie, ce midi, après l’école. Vous auriez dû être témoin du spectacle  lorsque j’ai tenté d’expliquer ce que je voulais avec forces mots déformés et gestes amplifiés. Mais ça s’est bien passé du fait que la pharmacienne n’était pas aveugle. Juste à me regarder, elle a bien vu où était le problème. Je suis sorti de là avec une crème médicamentée (Bepanthol). Avec ça, j’espère que je vais revenir rapidement à mon état normal…

 

Les choses se sont améliorées un peu depuis hier soir, côté famille d’accueil. J’ai soupé seul avec Laly et Fernanda, et ça s’est bien passé. Comme nous n’étions que trois, ce coup là, et comme elles parlent toutes les deux anglais, on a pu échanger un peu plus que d’habitude. Je sortais moi-même mon plus bel anglais (30 %) dans lequel j’incorporais mon plus bel espagnol (1 %). Si je compte bien, ça a donné une communication à 31%. Et ça correspond à peu près à la réalité. Ce n’est pas beaucoup, mais au moins, on communiquait !

 

Et en plus, ce matin, à l’école, j’ai enfin sympathisé avec les trois autres étudiants qui sont déjà là depuis au moins une semaine. Ils sont Suisses allemands tous les trois, ainsi qu’à peu près du même âge, mais ils ne se connaissaient pas avant d’arriver à l’école. Toute une coïncidence pour eux-autres. J’aurais aimé que ça m’arrive aussi ! M’enfin, c’est comme ça. Au moins, ils parlent un peu l’anglais (comme moi), et avec l’anglais, comme je disais plus haut, ben on peut au moins communiquer, ne serait-ce que minimalement… Ça fait du bien…

 

L’apprentissage va rondement. Étant donné que je suis en cours privé, ça y va aux toasts (pour mes amis français : ça va vite). Liliana garde un rythme soutenu. Pas de temps mort. Mais ça fait du bourrage de crâne par bouts… J’ai hâte de voir si je vais en retirer quelque chose, un moment donné, dans la vraie vie. J’imagine que oui. J’ai confiance d’augmenter mon niveau à 2 % bientôt…

 

Après l’école, j’ai marché jusqu’au Parque el Ejido où j’ai fait honneur au petit lunch que Laly m’avait préparé, ce matin. Assis sur un banc, je regardais la foule en bouffant tranquillement pas vite. Et j’étais bien. Beaucoup viennent là pour casser la croûte eux aussi, pour prendre un peu d’air ou pour faire la sieste – ils sont des dizaines à dormir à l’ombre sous les arbres !

 

Et je me suis ensuite rendu à l’Iglesia de la Compaña (l’Église de la compagnie des Jésuites) par le chemin des écoliers. J’avais hâte de la voir, cette église là, suite à la lecture que j’en avais faite dans le guide Routard. Lisez vous-mêmes : « L’intérieur est époustouflant. Ce serait l’église la plus recouverte d’or du pays ; nous voulons bien le croire. ».

 

Ils n’ont pas exagéré. L’intérieur est merveilleux, en effet. Je ne sais pas si c’est réellement du vrai or partout, mais ça donne un look tout à fait comme si. Je n’ai malheureusement pas pu prendre de photos (défendu). Je ne peux vous envoyer que la façade de l’église – qui est déjà de la plus belle architecture – et une photo de l’intérieur que j’ai prise sur Internet. Imaginez les quatre murs de l’église ainsi que le plafond, tous travaillés comme sur cette photo, et tous de cette couleur saisissante. Personnellement, je crois que c’est la plus belle église qu’il m’a été donné de voir au cours de toute ma vie.

 

Mais je ne sais pas si Jésus en serait fier ! J’en doute…

 

Après ça, ça me tentait de flâner dans le reste des rues du vieux Quito. Mais ne craignez rien : je ne me suis pas perdu, cette fois !

 

Toute une différence d’avec ma promenade de dimanche dernier. C’est que dimanche, les rues étaient bondées de promeneurs qui venaient d’un peu partout. Et aujourd’hui, jour de semaine, on aurait dit que j’étais le seul touriste. J’exagère, bien sûr, mais à peine.

 

Vous dire comment j’ai aimé mon après-midi s’avère difficile. J’ai fait là ce que j’adore faire le plus lorsque je me retrouve ailleurs que chez moi : marcher, marcher, et marcher encore. En ville, ça veut dire marcher dans les rues vides ou dans les quartiers animés ; prendre le pouls ; sentir les atmosphères ; regarder ; observer ; écouter…

 

Et aujourd’hui, j’en ai eu pour mon argent. D’autant plus que pendant mes déplacements, je n’ai pas eu l’impression d’être moi-même observé. On aurait dit que les gens se fichaient que je sois là ou non. Je dis ça en pensant à l’Inde, l’an dernier, où j’avais sans cesse l’impression – avec raison – d’être spotté par tout le monde et où j’étais souvent harcelé pour du fric. Question harcèlement, ici : RIEN ! Personne qui survient à côté de toi en te demandant « Where you from ? » et qui te colle comme une mouche pour te vendre des gugusses ou pour te rabattre vers des hôtels ou des restaurants… la sainte paix !

 

La vielle ville de Quito est remplie de gens pauvres. Des Quiteños de la classe populaire et des Indiens miséreux venus des montagnes andines. Et tout ça se croise dans les rues dans un va-et-vient qui est beau à voir.

 

Les Indien(nes) Quechuas sont facilement reconnaissables : premièrement de par leurs traits très caractéristiques ; ou parce qu’ils ont gardé leur costume traditionnel pour la plupart (c’est très exotique) ; ou encore parce que ce sont ceux qui vendent des fruits, des légumes et des cossins à deux sous dans les rues. On les voit un peu partout dans toute la ville, mais dans la vielle ville, ils sont légions.

 

Un fait intéressant à noter : dans la vieille ville, toujours, les policiers sont visibles partout, presque à chaque coin de rues. Certains dirigent la circulation, mais la plupart ne font qu’assurer une présence. Ils semblent en outre très intégrés dans la communauté. Ils parlent et rient avec les gens. J’en ai même suivi un qui conduisait gentiment un aveugle jusqu’à sa destination, en le tenant par le coude.

 

Parlant d’aveugles, je ne sais pas si c’est un hasard, mais j’en ai vu beaucoup durant ma promenade. Quito serait-elle la capitale des handicapés visuels ? Sur une des photos, vous en verrez trois, par exemple, qui allaient tous ensemble en riant aux éclats.

 

Je vous envoie de nouveau quelques photos de cette magnifique partie de la capitale. Cette fois, j’ai tenté de les choisir en les regroupant selon le concept « gens de la rue ». J’espère que vous apprécierez.

 

Et cela clôt la journée d’aujourd’hui. Je l’ai aimée, cette journée, oui. J’ai aimé ce que j’ai vu. Mes impressions sur les Quiteños sont très favorables jusqu’à présent. Je les trouve beaux et belles ! Et mieux encore, je les trouve cools.

 

Belle journée à vous, et au plaisir d’avoir aussi de vos nouvelles !

 

Yvan Yvan

 

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19/03/2017
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